SCÈNE III
V.RVEDSON , GUSTAVE , DEHORN , WAR- TING, OSCAR, Courtisans, déguisés en gens du peuple.
LE CHOEUR, à Arvedson.
De Belzébuth digne prêtresse.
En son temple nous venons tous Interroger sa prophélesse ; Au nom de Venfer, réponds-nous !
OSCAR
Mais le roi, dans ces lieux, tarde bien à paraître.
L'apercevant.) (Souriant.)
C'est lui, c'est noire auguste maître, Sous cet habit de matelot!...
GUSTAVE, à demi-voix et lui faisant signe de se taire. Tais-loi ! pas un mol !
(S'adressant à Arvedson.)
PBEUIEn COUPLHT.
Vieille sibylle !
Qu'on dit habile ,
Par Belzébulh, apprcnd.<-moi mon destin Quel qu'il puisse être.
Fais-le connaître; Nous en rirons le verre en main.
Près de l'objet de ma tendresse , Dis-moi si l'amour M'attend au retour.
Mais rOcéan ou ma maîtresse Devraient-ils tous deux Trahir mes vœux.
Du ciel , des mers Et des enfers Je braverais Les décrets !
Allons, Réponds, Nous entendrons Notre avenir Sans frémir !
LE CHOEUR
Par Belzébulh, réponds sans hésiter!
Oui, rien de loi ne peul m'épouvanter ! Du ciel, des mers El des enfers Je braverais Les décrets !
Allons, Réponds , Nous entendrons Notre avenir Sans frémir !
GUSTAVE
DEDXIÉME COJIPI.BT.
Quand la tempête Sur notre tète Gronde, mugit et soulève les flots , Notre équipage Brave l'orage , Et nous chantons en joyeux matelols :
Loin du beau ciel de la patrie S'il faut demeurer Ou bien expirer, Ou s'il faut dire à son amie :
Adieu mes amours Pour toujours; Du ciel , des mers El des enfers Nous braverons tous Le courroux !
Allons,
Réponds , Nous entendrons Notre avenir Sans frémir !
CnOEUR.
Par Belzébuth, réponds sans hésiter!
Oui, rien de toi ne peut m'épouvanter 1 Du ciel , des mers
CUSTiVlt III.
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GUSTAVE III
Et des enfers Nous braverons tous Le courroux!
Allons , Réponds , Nous entendrons ^
Notre avenir Sans frémir !
ARVEDSON.
Oh! qui que vous soyez! vous tous dont l'arrogance Vient jusqu'en ce logis insulter ma puissance , Du sort que votre voix me force à révéler Peut-être les arrêts vont vous faire trembler!
GUSTAVE , aux courtisans.
Eh bien ! mes chers amis , vous gardez le silence !
WARTING.
Qui voudra le premier tenter l'épreuve ? OSCAR, vivement.
^ Moi!
TOCS.
C'«sl m:oi ] c'est moi ! c'est moi !
J'en réclame l'honneur !
OSCAR, à part.
C'est juste ; il est le roi.
ARVEDSON, prenant la main de Gustave et en examinant les lignes.
Si le sort ne m'a trompé , Cette main est vaillante et sait porter l'épée. OSCAR , vivement.
Elle a dit vrai !
GUSTAVE , à part.
(A Arvedson.J Silence ! achève !
ARVEDSON, regardant encore la main du roi et détournant les jeux en poussant un soupir. Hélas !
Retire-toi... ne m'interroge pas.
GUSTAVE , avec fermeté.
Je persiste pourtant ; je le veux !
(Se reprenant avec doncenr.) Je t'en prie.
TOUS
Parlez , parlez.
ARVEDSON.
Eh bien ! avant peu tu mourras !
GUSTAVE , avec entbousiasme.
Si c'est au champ d'honneur, ah ! je t'en remercie !
ARVEDSON.
Guerrier ! un tel bonheur ne l'est pas destiné; Et tu mourras... assassiné !
TOUS , avec effroi.
Grands dieux !
GUSTAVE, riant.
Ah ! la bonne folie !
DEHORN etWARTING, Iroublés.
Quelle horreur !
ARVEDSON, les regardant tous deux d'un air menaçant. Pourquoi donc, vous que je vois ici, A ce mot seul tremblez-vous plus que lui ?
ENSEMBLE
OSCAR, COURTISANS, DEHORN, WARTING, CON- JURÉS, ARVEDSON, GUSTAVE.
OSCAR et QUELQUES COURTISANS.
O funeste pensée
Dont mon ame est glacée !
Je tremble malgré moi j
De surprise et d'effroi. 1
DEHORN, WARTING, et LES AUTRES CONJURÉS,
regardant Arvedson.
Malheur à l'insensée Qui lit dans ma pensée !
Je frémis malgré moi De surprise et d'effroi.
ARVEDSON.
Sa vie est menacée , Et son ame insensée A mon art, je le voi, Ne peut ajouter foi.
GUSTAVE, riant.
Quelle plaisanterie !
Ah ! la bonne folie !
Ah ! je ris malgré moi Du trouble où je les voi.
GUSTAVE, à Arvedson, Achève alors ta prophétie!
Sais-tu quel est celui qui doit m'ôter la vie?
ARVEDSON, lentement.
C'est celui même... à qui le premier aujourd'hui Tu donneras la main.
GUSTAVE , gaîment.
Vraiment? nouveau miracle 1
(II fait le tour du cercle et présente en riant sa main à tou! les courtisans, qui reculent et refusent de la toucher.)
Eh bien ! messieurs, messieurs, lequel de vous ic Voudra faire mentir l'oracle?
OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOSOCOOOOOOOOOOOOOOOOOOOI