‹ Recueil d'opérasChapitre 307 sur 1141 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

V.RVEDSON , GUSTAVE , DEHORN , WAR- TING, OSCAR, Courtisans, déguisés en gens du peuple.

LE CHOEUR, à Arvedson.

De Belzébuth digne prêtresse.

En son temple nous venons tous Interroger sa prophélesse ; Au nom de Venfer, réponds-nous !

OSCAR

Mais le roi, dans ces lieux, tarde bien à paraître.

L'apercevant.) (Souriant.)

C'est lui, c'est noire auguste maître, Sous cet habit de matelot!...

GUSTAVE, à demi-voix et lui faisant signe de se taire. Tais-loi ! pas un mol !

(S'adressant à Arvedson.)

PBEUIEn COUPLHT.

Vieille sibylle !

Qu'on dit habile ,

Par Belzébulh, apprcnd.<-moi mon destin Quel qu'il puisse être.

Fais-le connaître; Nous en rirons le verre en main.

Près de l'objet de ma tendresse , Dis-moi si l'amour M'attend au retour.

Mais rOcéan ou ma maîtresse Devraient-ils tous deux Trahir mes vœux.

Du ciel , des mers Et des enfers Je braverais Les décrets !

Allons, Réponds, Nous entendrons Notre avenir Sans frémir !

LE CHOEUR

Par Belzébulh, réponds sans hésiter!

Oui, rien de loi ne peul m'épouvanter ! Du ciel, des mers El des enfers Je braverais Les décrets !

Allons, Réponds , Nous entendrons Notre avenir Sans frémir !

GUSTAVE

DEDXIÉME COJIPI.BT.

Quand la tempête Sur notre tète Gronde, mugit et soulève les flots , Notre équipage Brave l'orage , Et nous chantons en joyeux matelols :

Loin du beau ciel de la patrie S'il faut demeurer Ou bien expirer, Ou s'il faut dire à son amie :

Adieu mes amours Pour toujours; Du ciel , des mers El des enfers Nous braverons tous Le courroux !

Allons,

Réponds , Nous entendrons Notre avenir Sans frémir !

CnOEUR.

Par Belzébuth, réponds sans hésiter!

Oui, rien de toi ne peut m'épouvanter 1 Du ciel , des mers

CUSTiVlt III.

iO

GUSTAVE III

Et des enfers Nous braverons tous Le courroux!

Allons , Réponds , Nous entendrons ^

Notre avenir Sans frémir !

ARVEDSON.

Oh! qui que vous soyez! vous tous dont l'arrogance Vient jusqu'en ce logis insulter ma puissance , Du sort que votre voix me force à révéler Peut-être les arrêts vont vous faire trembler!

GUSTAVE , aux courtisans.

Eh bien ! mes chers amis , vous gardez le silence !

WARTING.

Qui voudra le premier tenter l'épreuve ? OSCAR, vivement.

^ Moi!

TOCS.

C'«sl m:oi ] c'est moi ! c'est moi !

J'en réclame l'honneur !

OSCAR, à part.

C'est juste ; il est le roi.

ARVEDSON, prenant la main de Gustave et en examinant les lignes.

Si le sort ne m'a trompé , Cette main est vaillante et sait porter l'épée. OSCAR , vivement.

Elle a dit vrai !

GUSTAVE , à part.

(A Arvedson.J Silence ! achève !

ARVEDSON, regardant encore la main du roi et détournant les jeux en poussant un soupir. Hélas !

Retire-toi... ne m'interroge pas.

GUSTAVE , avec fermeté.

Je persiste pourtant ; je le veux !

(Se reprenant avec doncenr.) Je t'en prie.

TOUS

Parlez , parlez.

ARVEDSON.

Eh bien ! avant peu tu mourras !

GUSTAVE , avec entbousiasme.

Si c'est au champ d'honneur, ah ! je t'en remercie !

ARVEDSON.

Guerrier ! un tel bonheur ne l'est pas destiné; Et tu mourras... assassiné !

TOUS , avec effroi.

Grands dieux !

GUSTAVE, riant.

Ah ! la bonne folie !

DEHORN etWARTING, Iroublés.

Quelle horreur !

ARVEDSON, les regardant tous deux d'un air menaçant. Pourquoi donc, vous que je vois ici, A ce mot seul tremblez-vous plus que lui ?

ENSEMBLE

OSCAR, COURTISANS, DEHORN, WARTING, CON- JURÉS, ARVEDSON, GUSTAVE.

OSCAR et QUELQUES COURTISANS.

O funeste pensée

Dont mon ame est glacée !

Je tremble malgré moi j

De surprise et d'effroi. 1

DEHORN, WARTING, et LES AUTRES CONJURÉS,

regardant Arvedson.

Malheur à l'insensée Qui lit dans ma pensée !

Je frémis malgré moi De surprise et d'effroi.

ARVEDSON.

Sa vie est menacée , Et son ame insensée A mon art, je le voi, Ne peut ajouter foi.

GUSTAVE, riant.

Quelle plaisanterie !

Ah ! la bonne folie !

Ah ! je ris malgré moi Du trouble où je les voi.

GUSTAVE, à Arvedson, Achève alors ta prophétie!

Sais-tu quel est celui qui doit m'ôter la vie?

ARVEDSON, lentement.

C'est celui même... à qui le premier aujourd'hui Tu donneras la main.

GUSTAVE , gaîment.

Vraiment? nouveau miracle 1

(II fait le tour du cercle et présente en riant sa main à tou! les courtisans, qui reculent et refusent de la toucher.)

Eh bien ! messieurs, messieurs, lequel de vous ic Voudra faire mentir l'oracle?

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOSOCOOOOOOOOOOOOOOOOOOOI

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