A>'K\STROM
On vient! séchezvos pleurs; je le veux, je l'ordonne!
A tous les yeux cachez votre pâleur !
Retirez-vous ; qu'ici jamais nul ne soupçonne Votre honte et mon déshonneur!
(Il fait signe à Amélie de s'éloigner par la porte à droite ; en ce moment s'ouvrent les portes du fond : paraissent Dehorn et Warling.)
cooooooooooooooooooosooooosooooooooooooooooooooooooo
ANKASTROM , DEHORN , WARTING , ayant chacun une épée.
(Sur la ritournelle du morceau suivant ils entrent et saluent froidement Ankastrom , qui va fermer la porte du fond , revient, leur montre deus fauteuils , les invite à s'asseoir et en fait lui-même autant.)
TRIO
ANKASTROM , après avoir regardé avec soin autour de lui.
Nous sommes seuls ! écoutez-moi !
(Lentementet examinant attentivement Dehorn eiWarting.)
Je connais vos desseins, vous conspirez.
(Tous deux font un geste de surprise , et Ankastrom retient par la main Warting , qui vent se lever.)
Silence !
Vous conspirez tous deux* contre les jours du roi !
DEHORN.
Qui vous l'a dit?
ANKASTROM , montrant des papiers qui sont sur la table.
La preuve en est en ma puissance.
WARTINS.
J'entends , et vous voulez , habile à vous venger , Dénoncer nos projets?
ANKASTROM , à demi-voix , et avec une fureur concentrée.
Je veux les partager !
WAUTlNG , souriant avec dédain.
Ankastrom pense-t-il qu'ainsi l'on nous abuse ?
DEHORN , de même.
Nous croit-il en son cœur dupes de cette ruse ?
ANKASTROM, brusquement.
Oui , je vous suis suspect, et vous doutez de moi. Aussi point de sermens , les effets feront foi ! A servir vos projets moi-même je m'engage, Et jusqu'à ce moment je vous livre en otage Mon fils , mon seul enfant! Prenez ! il est à vous! Et si je vous trahis , qu'il tombe sous vos coups !
ENSEMBLE
DEHORN, WAUTING, ANKASTRO.M.
DEHORN et WARTING, incertains , cl se regardant entre eux.
Je crois encore à peine Un pareil changement; Dans son ame la haine Succède au dcvoîimenl!
Il veut de ma vengeance Partager les fureurs ; Que toute défiance S'éloigne de nos cœurs.
(A Ankastrom. )
A toi je me confie , Je reçois tes sermens.
Vengeance à la patrie , Et mort à ses tyrans !
ANKASTROM.
Eh bien donc ! à ma haine
Croyez-vous à présent?
Lorsqu'à vous je m'enchaîne ,
Vous faut-il un serment ?
Eh quoi ! la défiance
Régne encor dans vos cœurs.
Quand de votre vengeance
Je ressens les fureurs?
De l'honneur qui nous lie
Je tiendrai les sermens.
Vengeance a la patrie.
Et mort à ses tyrans!
ANKASTROM , passant enire eux deux.
Il est une injure , une offense Qu'on ne saura jamais! pas même vous ; mais moi, Moi je la sais ! j'en veux vengeance ! Et je l'aurai , j'immolerai le roi .
Avec vous ou sans vous , si votre cœur hésite!
DEHORN et WARTING.
Il n'hésitera pas.
ANKASTROM.
Et le sort à nos vœux promet la réussite , Si nous savons unir et nos cœurs et nos bras!
TOUS TROIS , se donnant la main.
De l'honneur qui nous lie
Nous tiendrons les sermens.
Vengeance à la patrie ,
Et mort à ses tyrans!
ANKASTROM.
Amis, puisqu'à présent ma foi vous est prouvée , Il est un seul honneur auquel mon bras prétend , Celui de frapper le tyran ! ^
DEHORN.
La \ictime m'est réservée !
WARTING.
C'est moi qui la réclame et demande son sang !
DEHORN.
Moi dont il a ravi les titres cl le rang.
WARTING.
Eh bien! pour punir le perfide , Que Dieu même [trononce, et que le sort décide !
GUSTAVE m.
I)EUOK>'.
J'y consens ; que nos noms par tamain soient écrits!
A>KASTROM.
Et , quel que soit l'arrêt du destin , j'y souscris ! ENSEMBLE , et chacun d'eux à part.
Destin, qui favorises Les nobles entreprises , Ne m'abandonne pas !
Toi qui sais mon offense , Permets que la vengeance Soit remise à mon bras !