‹ Recueil d'opérasChapitre 319 sur 1141 · A>'K\STROM · texte numérisé non relu

A>'K\STROM

On vient! séchezvos pleurs; je le veux, je l'ordonne!

A tous les yeux cachez votre pâleur !

Retirez-vous ; qu'ici jamais nul ne soupçonne Votre honte et mon déshonneur!

(Il fait signe à Amélie de s'éloigner par la porte à droite ; en ce moment s'ouvrent les portes du fond : paraissent Dehorn et Warling.)

cooooooooooooooooooosooooosooooooooooooooooooooooooo

ANKASTROM , DEHORN , WARTING , ayant chacun une épée.

(Sur la ritournelle du morceau suivant ils entrent et saluent froidement Ankastrom , qui va fermer la porte du fond , revient, leur montre deus fauteuils , les invite à s'asseoir et en fait lui-même autant.)

TRIO

ANKASTROM , après avoir regardé avec soin autour de lui.

Nous sommes seuls ! écoutez-moi !

(Lentementet examinant attentivement Dehorn eiWarting.)

Je connais vos desseins, vous conspirez.

(Tous deux font un geste de surprise , et Ankastrom retient par la main Warting , qui vent se lever.)

Silence !

Vous conspirez tous deux* contre les jours du roi !

DEHORN.

Qui vous l'a dit?

ANKASTROM , montrant des papiers qui sont sur la table.

La preuve en est en ma puissance.

WARTINS.

J'entends , et vous voulez , habile à vous venger , Dénoncer nos projets?

ANKASTROM , à demi-voix , et avec une fureur concentrée.

Je veux les partager !

WAUTlNG , souriant avec dédain.

Ankastrom pense-t-il qu'ainsi l'on nous abuse ?

DEHORN , de même.

Nous croit-il en son cœur dupes de cette ruse ?

ANKASTROM, brusquement.

Oui , je vous suis suspect, et vous doutez de moi. Aussi point de sermens , les effets feront foi ! A servir vos projets moi-même je m'engage, Et jusqu'à ce moment je vous livre en otage Mon fils , mon seul enfant! Prenez ! il est à vous! Et si je vous trahis , qu'il tombe sous vos coups !

ENSEMBLE

DEHORN, WAUTING, ANKASTRO.M.

DEHORN et WARTING, incertains , cl se regardant entre eux.

Je crois encore à peine Un pareil changement; Dans son ame la haine Succède au dcvoîimenl!

Il veut de ma vengeance Partager les fureurs ; Que toute défiance S'éloigne de nos cœurs.

(A Ankastrom. )

A toi je me confie , Je reçois tes sermens.

Vengeance à la patrie , Et mort à ses tyrans !

ANKASTROM.

Eh bien donc ! à ma haine

Croyez-vous à présent?

Lorsqu'à vous je m'enchaîne ,

Vous faut-il un serment ?

Eh quoi ! la défiance

Régne encor dans vos cœurs.

Quand de votre vengeance

Je ressens les fureurs?

De l'honneur qui nous lie

Je tiendrai les sermens.

Vengeance a la patrie.

Et mort à ses tyrans!

ANKASTROM , passant enire eux deux.

Il est une injure , une offense Qu'on ne saura jamais! pas même vous ; mais moi, Moi je la sais ! j'en veux vengeance ! Et je l'aurai , j'immolerai le roi .

Avec vous ou sans vous , si votre cœur hésite!

DEHORN et WARTING.

Il n'hésitera pas.

ANKASTROM.

Et le sort à nos vœux promet la réussite , Si nous savons unir et nos cœurs et nos bras!

TOUS TROIS , se donnant la main.

De l'honneur qui nous lie

Nous tiendrons les sermens.

Vengeance à la patrie ,

Et mort à ses tyrans!

ANKASTROM.

Amis, puisqu'à présent ma foi vous est prouvée , Il est un seul honneur auquel mon bras prétend , Celui de frapper le tyran ! ^

DEHORN.

La \ictime m'est réservée !

WARTING.

C'est moi qui la réclame et demande son sang !

DEHORN.

Moi dont il a ravi les titres cl le rang.

WARTING.

Eh bien! pour punir le perfide , Que Dieu même [trononce, et que le sort décide !

GUSTAVE m.

I)EUOK>'.

J'y consens ; que nos noms par tamain soient écrits!

A>KASTROM.

Et , quel que soit l'arrêt du destin , j'y souscris ! ENSEMBLE , et chacun d'eux à part.

Destin, qui favorises Les nobles entreprises , Ne m'abandonne pas !

Toi qui sais mon offense , Permets que la vengeance Soit remise à mon bras !

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