‹ Recueil d'opérasChapitre 318 sur 1141 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

Un appartement de la maison d'Ankaslrom. Son cabinet de travail. A droite, une cheminée sur laquelle est une pendule et deux vases en bronze ; à côté, une table ; au fond, des bibliothèques, un portrait en p.ed du ro. Gustave UI. Porte au fond, deux portes latérales. Il fait grand jour.

SCÈ>yE I.

ANKASTROM , AMÉLIE.

(Ankaslrom, tenant toujours Amélie par laïaain, entre dans l'appariement, dont il referme la porte , et pose son épée sar la table.)

DUO

ANKASTROM.

D'une épouse adultère Les pleurs et la prière Ne sauraient me fléchir ; Et, juge inexorable , Je punis la coupable...

Allons , il faut mourir !

AMÉLIE

Ah! si je vous fus chère, Par mes pleurs , ma prière , Laissez-vous attendrir !

Je ne suis point coupable ; Et ton cœur implacable Me condamne à mourir!

A>'KASTROM.

Eh bien ■ perfide , en avouant ton crime Tu peux encor désarmer ma fureur '.

AMÉLIE

D'un sort fatal je puis être victime , Mais je n'ai point offensé votre honneur.

ANKASTROM.

Mais ton effroi , ton trouble et ta pâleur mortelle Trahissent malgré toi ta flamme criminelle !

AMÉLIE

Eh bien 1 oui , malgré moi... peut-être je l'aimais...

Mais coupable... mais adultère...

Jamais ! jamais !... je ne le fus jamais !

ENSEMBLE

ANKASTROM.

Je cède à ma colère ; Au ciel fais ta prière :

C'est lui qu'il faut fléchir.

Moi, juge inexorable, Je punis la coupable.. .

Allons , il faut mourir !

AMÉLIE

Oui , mon cœur est sincère ; Écoutez ma prière , Et laissez-vous fléchir !

(.4. part , et se mettant à genoux.)

Je ne suis point coupable ;

Et son cœur implacable Me condamne à mourir !

(Il prend son épée , qu'il avait posée sur la table , et la

tire du fourreau.) AMÉLIE, tremblante et joignant les mains, s'écrie : Un seul moment encore !

CAVATINE

Oui, de vous j'implore

Un dernier bonheur ;

Que je presse encore

Mon fils sur mon cœur !

Mon fils! mon fils!...

Que je jouisse encore De ses baisers chéris !

Prête à quitter la terre , A mon heure dernière N'ôlez pas cet espoir !

Qu'il ferme ma paupière ; Qu'il sourie à sa mère Qu'il ne doit plus revoir !

Oui , de vous j'implore

Un dernier bonheur ;

Que je presse encore

Mon fils sur mon cœur !

ENSEMBLE

AMÉLIE, ANKASTROM.

AMÉLIE

Que je jouisse encore De ses baisers chéris !

A genoux je t'implore; Laisse-moi voir mon fils !

ANKASTROM, troublé.

Oui , sa voix qui m'implore , (Malgré moi j'en rougis,) Sa voix émeut encore » Tous mes sens attendris.

ANKASTROM , délournaut la tête.

Relève-toi , tu le verras.

AMÉLIE , avec joie.

Quoi ! je pourrais le presser dans m,^ bras !

ANKASTROM, AMÉLIE.

ANKASTROM.

Pour elle ma pitié réclame ; Ce n'est point une faible femme Sur qui doit tomber mon courroux; Et pour me venger de son crime ,

ÂCTH: IV, SCKiNR II.

C'est une plus noble victime Qui doit expirer sous mes coups.

AMÙLIR.

Pour moi dans le fond de son ame Je vois que la pitié réclame; Enfm s'apaise son courroux !

Mon Dieu ! pardonne-moi mon crime , Et fais que nulle autre victime , Hélas ! ne tombe sous ses coups !

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