‹ Recueil d'opérasChapitre 340 sur 1141 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

LESTOCQ, pa(5 STROLOF.

LtSTocQ. Oui, je la forcerai bien de con

spirer... Oui, je la ferai impératrice malgré elle, car jamais on a été moins princesse. . .'Il n'y a dans cette femme-là qu'une femme et pas autre chose; des futilités, des plaisirs, des rêves d'amour... voilà tout ce qu'il lui faut... Eh bien! permis à elle, mais quand elle sera sur le trône, et on lui permettra alors d'être la voluptueuse Elizabeth. . c'est ainsi qu'ils l'appellent. {Apercevant Strolof.) C'est Strolof... comme le voilà sombre et rêveur!.. {Sirolofva à lui, met un genou en terre et lui baise la main.) Il y a quelque temps que nous ne nous sommes vus, depuis mon dernier voyage... mais j'ai pensé à toi. Relève-toi, mon garçon, comment va ta mère?

STROLOF. Elle va bien, monseigneur le médecin , et moi aussi : je viens encore d'être battn.

LESTOCQ. O ciel!

STROLOF. Par l'ordre deGolofkin. . . aussi, j ai la rage dans le cœur quand je pense qu'il faut toujours recevoir et se taire.

LESTOCQ. Pourquoi donc ? On peut rendre à son tour, et si quelque jour tu trouvais moyen de donner le knout à Golofkin...

STROLOF. Lui!., mon maître ! oh 1 non, jamais. {Avec une joie concentrée.) Je le tuerais bien par exemple... mais le battre... je n'oserais pas.

LESTOCQ, froidement. Eh! mais dans le monde, tout est possible. Pour commencer, je t'ai racheté à l'intendant de Golofkin.

STROLOF. O ciel! dites-vous vrai? Vous êtes mon maître.

LESTOCQ. Je t'emmènerai à Saint-Pétersbourg , tu reverras Catherine , ta fiancée. Je te la ferai épouser, et je vous donnerai à tous deux votre liberté.

STROLOF. Ah! monseigneur Lestocq, je vous appartiens corps et ame, et s'il ne ne faut que se faire tuer pour vous, ditesmoi : va, et j'irai.

LESTOCQ, axec chaleur et d demi -voix.

Bien! mon garçon... bien! tu partageras mes dangers... J'aurai besoin de ton courage et de ton bras... Tu sauras pourquoi.

STROLOF, froidement. Ce n'est pas la peine.

LESTOCQ. Bravo ! voilà une réponsy:

digne d'un soldat russe. Il y a du plaisir à conspirer avec des gens comme ceuxlà., ce n'est pas comme en France où ils veulent toujours savoir Hb mais quel eit ce bruit?

LE HÂ^GASIN THEATRAL

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