ACTE I, SCKNK III
demain, en Riaiule céit-^inonie, el dans sa bonne ville de Loiulics, qne K' roi lui-môme... Ah! mon Dion! à propos du roi, cet envoyé de la cour, ce jeune homme que j'ai fuit enlrer là, chez moi, vous l'avez vu?
GÉRALDINE
Je lui ai fait une belle révérence; il ne s'en est même pas aperçu... tant il était occupé.
BOLBIRY.
Occupé! .. Et à quoi, s'il vous plait?
giIraluine.
Debout devant les vitraux de la fenêtre, les yeux continuellement fixés sur la croisée ici en face!... (Elle désigne la prison.)
BOLBURY.
Celle de mistriss Makinson, la jolie petite femme de maître Makinson, un de mes constables... un gaillard bien fin et bien adroit.
Je ne sais pas ce que ce petit jeune homme peut avoir à faire dans la maison du constable, mais hier, à la tombée de la nuit, je l'ai vu descendre mystérieusement de cette croisée, au risque de se tuer !
BOLBURY.
Vraiment!... (Riant.) Ah! ah! ali! ah!
GÉRALDINE
Cela vous fait rirel... Moi, j'ai tremblé pour lui!...
BOLBURY.
Ah! ah! ah ! (A part.) Brave Makinson!... GERALDINE, naïvement.
Mais ce pauvre jeune homme, en descendant ainsi de cette croisée, je vous dis qu'il peut se luer... Il vaudrait bien mieux lui ouvrir la porte...
BOLBURY',
Vraimeut! vous croyez!... Ah 1 Géraldine! Géraldine, mon enfant, vous êtes un trésor de candeur et d'innocence... et ceci nous amène tout naturellement à l'importante question que je voulais raiter... En vous faisant quitter l'Irlande, et en lOus envoyant ici à Londres, pour les fêles du ma- "iage, chez votre cousin Bolbury le shérif, notre 'ieille tante Déborah ne vous a rien dit^...
GÉRALDINE
Elle m'a dit que je m'amuserais... et je m'en- 3uie...
BOLBURY.
Je m'en suis aperçu... Depuis huit jours que fous êtes ici... vous êtes triste!
C'est vrai !
BOLBURY.
Vous soupirez !
GÉRALDINE
C'est vrai !
BOLBI RY.
Vous pleurez même!
GERAI.ltlNE.
C'est vrai!
iioi.iunv.
Cela ne m'étonne pas... jt'une colombe irlanlundaise, dont le cœur se prend aisément, vous aimez ?
GÉRALDINE
C'est vrai !
BOLBl KY.
J'en étais sOr... Et s'il ne tenait qu'à vous d'épouser celui que vous aimez...
GÉRALDINE, vivement, avec transport.
Ah! ne me dites pas cela !
BOLBl'RY.
Pourquoi ?
J'en mourrais de joie !
BOLBURY.
Diable! il faut prendre garde '.... Vous l'aime* donc bien ?...
GÉRALDINE
Ah ! cela ne vous étonnerait pas si vous !e connaissiez !
BOLBURY, a\ec oigueii.
Je le connais !
GÉRALDINE
En vérité!... Parlez, alors, parlez... Qu'esl-il devenu?... où est-il ?
BOLBURY.
Qui donc ?
GÉRALDINE
Tony... si bon, si aimable, si geulil... vous savex bien?
BOLBURY', avec dépit.
Eh! non... je ne sais pas... Je vous parlais d'un autre...
GÉRALDINE
Et moi, je ne parle que de lui I
BOLBURY.
Et quel est donc ce Tony?
GÉRALDINE
Un matelot.
Un matelot !
GÉRALDINE
Qui tous les soirs venait chez ma tante Dé? borah...
BOLBURY.
Il est riche ?
GÉRALDINE
Il n'a rien !
BOLBURY, à part.
Je respire! (Haut.) Et où est-il, maintenant?
GÉRALDINE
Je l'ignore... Parti sur son vaisseau qui allait remettre à la voile... je lui ai dit de m'écrire ici. à Londres... tous les jours je vais a la maison de poste... j'y vais en .ore de ce pas.,.
Li: PlITS DAMOLR.
BOLBURY, avec joie.
Ht point (Je lettres?...
GÉRALDINE
Aucune !
BOLBURY, de même.
Je comprends!...
GÉRALDINE
Et, cependant, Meg la devineresse m'a dit que nous nous reverrions... Mais, ce qui m'inquiéle, c'est que voilà deux nuits de suite que je vois Tony avec une plume noire à son chapeau. ..C'est signe de maladie ou de danger...
Vous croyez cela?
GÉRALDINE
C'est connu!... Tout le monde vous le dira, en Irlande...
BÔLBURT.
C'est juste !... (A part.) Ces pauvres Irlandaises sont d'une crédulité... (Haut.) Et dites-moi, Géraldine, il n'a rien reçu de vous?
GÉRALDINE
Si vraiment !
BOLBURY.
Ociel!...
GÉRALDINE
Tout ce que je pouvais lui donner de plus sacré... l'anneau de ma mère...
BOLBURY, à part.
Passe encore !
GÉRALDINE
Vous n'êtes pas trop fâché, cousin?
BOLBURY.
Dam! je pourrais l'être plus... Et encore une question , cousine... Si Tony le matelot était mort?...
GÉRALDINE, vivement.
Je le suivrais!... Oh! la vieille Meg me l'a bien dit aussi : « Quand on s'est aimé fidèlement dans ce monde, on se retrouve dans un autre pour être riches, heureux !... »
BOLBURT.
Est-elle superstitieuse!... Et si, tout bonnement, tout uniment, il était infidèle comme tout le monde?
GÉRALDINE
Ce n'est pas possible !
DUO
BOLBURY.
Compter sur la constance
D'un matelot !
Ah ! c'est trop d'innocence !
Vraiment, bientôt.
D'une telle folie,
Oui, vous rirez :
Et vite, je parie,
\ ous guérirez !
St
GERALDINE, avec seniiment.
J'ai foi dans la constance
Du matelot !
Je crois, douce espérance,
Le voir bientôt !
Si c'est une folie,
Un vain désir, Ijaissez-moi, je vous prie,
N'en pas guérir !
BOLBUUY.
Et inoi, pour vous, j'avais une autre envie... Oui, vous pouviez aspirer à ma main !
GÉRALDINE
C'est trop d'iionnenr ! et je vous remercie ! Mais je préfire un plus obscur destin... Je l'aime tant !
BOLBURY.
Non, de votre âme Vous bannirez un amour fugitif...
GÉRALDINE
Je l'aime tant !. ..
BOLBURY.
Vous deviendrez la femme.
La femme d'un puissant shérif...
Voilà le vrai, le beau, le positif...
Mais...