‹ Recueil d'opérasChapitre 432 sur 1141 · DUETTO · texte numérisé non relu

DUETTO

LE ROI, tirant de sa poche un billet.

N'est-ce pas là votre écriture ?...

N'est-ce pas votre nom chéri, Miss Oventry ?

GÉRALDINE, à part.

Grand Dieu !

LE ROI

Miss Oventry...

GÉRALDINE, troublée.

C'est bien possible... Mais... j'ignore, je vous jure...

LE ROI

Les mots tracés par vous, ei dont je vous parlais?

GÉr.ALDlNE.

Je ue m'en souviens plus !

LE ROI

Déjà?...

(Lui présentant la lettre.) Relisez-les.

Oui, milady, relisez-les I

GÉRALDINE, lisant en tremblant.

« Sujette fidèle...

» Je jure à mon roi...

» Constance éternelle...

» Éternelle foi "...

I) Dévoûment suprême, » Heureux souvenir...

» Que l'hymen lui-même ') Ne peut lui ravir...

LE ROI, reprenant la lettre.

» Que l'hymen lui-même 1) Ne peut lui ravir... »

Ainsi, vous le voyez, ce cœur nous est donné, GÉRALDINE, vivement.

Jamais..

jamais!..

LE ROI, souriant.

C'est écrit..,

ENSEMBLE

c'est signé !

LE ROI, à part.

Ah! perDde, ah! traître!

Toi qui de ton maître Osas méconnaître Le sceptre et les droits !

Bonheur sans mélange.

Par un doux échange, Sur elle je venge La cause des rois !

GÉRALDINE, à part.

Coupable peut-être, Comment méconnaître D'un terrible maître Le sceptre et les droits ?

Quel destin étrange Sous sa loi me range?

0 toi, mon bon ange.

Viens, entends ma voix !

GÉRALDINE, montrant la lettre.

Non, non, ceci n'est pas de moi.

LE ROI

Prenez bien garde.

S'il en est ainsi...

Vous ne seriez donc pas miss Oventry ? L'on m'aurait abusé...

GÉRALDINE

Grand Dieu...

LE ROI

Qui s'y hasarde Et qui trompe son roi, mérite le trépas, Salisbury... d'abord !...

GÉRALDINE, vivement.

Non pas ! non pas !

LE ROI. tendrement.

Vous êtes donc miss 0\ entry ?

GÉRALDINE, troublée et baissant les yeux. Mais, sire...

LE ROI

C'est donc vrai?...

GÉRALDINE, vivement.

(Se reprenant.) Non !... si. . je crois que oui.

ACTK m, SCENE XVI.

ENSEMBLE

LE KOI, à part.

Ah! perfiile, ali I trailrc!

Toi qui de ton maître Oses méconnaitre Le sceptre et les droits !

Reçois mes louanges !

O bonheur des anges, Amour, toi qui venges La cause des rois !

(S'approchant de Géraldine qu'il presse dans ses bras.) L'amour te range sous ma loi, Viens I obéis! cède à ton roi.

GÉRALDINE, tremblante, à part.

Coupable peut-être, Comment méconnaître D'un terrible maître Le sceptre et les droits?

Quel destin étrange Sous sa loi me range ?

^ iens, ô mon bon ange !

Viens, entends ma voix!...

(Se débattant et cherchant à s'arracher des bras du roi.) Mon Dieu ! prenez pitié de moi, Défendez-moi contre mon roi !

(Au moment où le roi presse Géraldine dans ses bras et va pour l'embrasser, paraît Bolbury, suivi de plusieurs de ses constables.)

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