ACTE 111, SCÈNE VI
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NANETTE
PnCMIKIt COUPLET.
Il m'a doinaïulé lo hoiiqiict Dont j'avais paré mon corsage ; J'ai su (ralioid, en lillc sage.
Refuser ce qu'il demandait.
Bioniôi, cessant d'éire sévère, Je le hii donnai tendnMnciit...
(Geste de l'ermite.) Ce n'est pas ma faute, mon père, C'est qn'il avait un talisman.
DliUXlÈME COUPLET.
On dit que le sort le plus doux
Nous attend dans le mariage,
Et qu'une filie démon âge
Ne doit aimer que son époux.
Le magister ne me plaît guère,
Je le confesse franchement.
Ce n'est pas ma faute, mon père,
C'est qu'il n'a pas de talisman.
l'EKMITE, souriant.
La nuit approche, mon enfunl; je ne puis vous garder plus lonu;-trnips en ces lieux. Il faut que vous parliez pour vous rendre au cliàleau du comle Roger... vous y serez bien reçue.
XANETTE.
Bon ermite, si M. le magisler vient , vous ne lui parlerez pas du bouquet.
l'eiîMite, souriant.
Non, mon enfant, ni du baiser, NANETTE ; elle est toute surprise; puis elle s'approche
de la lable, prend son paquet, et dit à l'enuite, en
lui faisant wm révétence :
Adieu, mon père.
l'ermite.
Adieu,
(Nanette ouvre la porte du fond et sort.)
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SGI^NE II.
L'ERMITE se remet à la table , reprend son livre et dit avec inspiration :
Rodolphe s'avance vers celle retraite... un perfide dessein guide ses pas : il croit pouvoir in'abuser... mais il vient liii-nième se jeter dans le piège que le sort, depuis loiiii-lemps, tendait à son orgueil... Le voici!... les deslins de Rose-d'Amour vont s'accomplir.
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SGEMi m.
L'ERMITE, RODOLPHE, vêtu comme au premier acte. Il est suivi de deii\ étuyers ponant une corbeille remplie de fruits.
' RODOLPHE, patelin et goguenard dans tonte celte scène. Sage anuchorète, ma visite vous surprend, sans V doute.
L'ERMITE
Non, je vous allendais,
r.ûDoi.pnE.
Ah! oui... Vous aviez prévu que je reviendrais de toutes mes erjeiirs... eh bien! vous ne vous C'tes i)as trompé , diiiue ermite... Vous connaissei les loris dti comle Roger envers moi. Je lui avais juré une guerre éternelle ; mais j'ai résolu de terminer nos dilférens. Le bonheur de mes vassaux, les vertus du comte, tout m'en fait une loi... et je viens vous prier... de vouloir bien lui pwier à l'inslant... de ma part... des paroles de paix et d'amitié...
l'ermite, souriant.
Ce langage est-il bien sincère.*
RODOLPHE
* « Me feriez-vous l'injure d'en douter? (l\!on- » trantia corbeille en riant.) Voici un légèie oflVande » qui vous prou\era... ma franchise. » Mais, halezvous, digne ermite... les momens sont précieux... la trêve est expirée, et demain, avec l'aurore, une guerre cruelle peut reconunencer.
l'ermite, avec ironie.
Je vous entends; vos souhaits vont être remplis. (Avec une intention très prononcée.) Vous pouvez m'altendre en ces lieux.
« RODOLPHE, avec malice et gaîié.
« En voyant le calme dont vous jouissez dans ce » séjour, ou serait tenté de se faire ermite!.., » l'ermite, » Ne vous abusez point, baron Rodolphe ; on ne » trouve pus toujours au fond d'un ermilage le » bonheur que l'on vient y chercher, »
RODOLPHE, s'adressant à lU} des deux écuyers, Robert! servez de guide à ce digue homme. (L'ermite lance à Rodolphe un regard plein de pénétration et sort par la porte du fond , suivi de l'écuyer; le second entre dans une chambre voisine.)
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