‹ Recueil d'opérasChapitre 541 sur 1141 · LÉONOR, FERNAND · texte numérisé non relu

LÉONOR, FERNAND

FERNAND, Sortant de V église avec agitation. Mes vœux sont prononcés... Et malgré moi descend Dans mon âme inquiète Une terreur secrète...

J'ai fui loin de l'autel.

LÉONOR, essayant de se soulever.

Mon Dieu, je souffre... hélas !

J'ai froid.

FERNAND

Qu'entends-je ?

Regardant autour de soi.

Sur la terre Un malheureux!

S'approchant.

Relevez-vous, mon frère.

LÉONOR

C'est lui!

FERNAND, reculant avec horreur.

Grand Dieu !

LÉONOR

Ne pae maudissez pas.

FERNAND

Va-t'en d'ici! de cet asile Tu troublerais la pureté ; Laisse la mort froide et tranquille Faire son œuvre en liberté.

Dans son palais ton roi t'appelle Pour te parer de honte et d'or.

Son amour te rendra |)lus belle.

Plus belle et plus infâme encor.

LÉONOR

Jusqu'à ce monastère En priant j'ai marché.... les ronces et la pierre Ont meurtri mes genoux.

THÉÂTRAL

FERNAND

Vous qui m'avez trompé, de moi qu'espérez-vous?

LÉONOR

D'une erreur sur tous deux la peine, hélas ! re- J'ai cru qu'Inez pour moi [tombe.

Vous avait tout appris, dans un pardon j'eus foi. Croyez-moi ! l'on ne ment pas au bord de la tombe. Mon triste aveu ne put jusqu'à vous parvenir... Fernand... faites-moi grâce à mon dernier soupir.

CANTADILE.

Fernand ! imite la clémence

Du ciel à qui tu t'es lié.

Tu vois mes pleurs et ma souffrance,

Ecoute la pitié.

Pour moi qui traîne ici ma honte, La terre, hélas ! n'a plus de prix; Mais que mon âme au ciel remonte Pure au moins de ton mépris.

ENSEMBLE

FERNAND

Ses pleurs ! sa voix jadis si chère, Portent le trouble dans mes sens ; Sur ton élu. Seigneur, descends !

Arme son cœur pour la prière.

LÉONOR

Entends ma voix jadis si chère, Vois quel trouble agite mes sens ; Et dans la nuit où je descends Ne repousse pas ma prière.

FERNAND

Adieu ! laissez-moi fuir. '

LÉONOR

Désarme ta colère.

Oh ! ne me laisse pas mourir dans l'abandon. Vois mes pleurs, ma misère...

Un seul mot de pardon !

Par le ciel, par ta mère, Par la mort qui m'attend.

Va-t'en, va-t'en.

LÉONOR

Pitié! je t'en conjure Par l'amour d'autrefois.

FERNAND

Po nrla pitié quand elle adjure, Tout mon amour se réveille à sa voix.

LÉONOR

Miséricorde à cette heure suprême !

Ou sous tes pieds écrase-moi.

Elle se jette à genoux.

FERNAND

Ah ! Léonor !

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