‹ Recueil d'opérasChapitre 551 sur 1141 · LUCIE, EDGARD · texte numérisé non relu

LUCIE, EDGARD

EDGARD

C'est moi, Lucie.

J'ai voulu le parler sans témoins en ce lieu. .

Un sort cruel flétrit ma vie.

C'est horrible ! ù mon Dieu !

De notre Ecosse avant demain, chère Ame,

Je serai loin.

î.ucir;.

O ciel '.

EDGAKD.

Pour la France je pars; L'ordre est précis, mon pays me réclame. Demain, demain, «ans retards.

LUCIE

BI 'abandonner seule en ma peine!

EDGARD

J'irai trouver nson ennemi.

Le conjurer d'oublier notre liainc, Et, ma main dans sa main, te demander à lui.

LUCIE

Edgard, ô ciel ! qu'entends-je?

Fatal amour! Ah! meurs, Fteins-toi dans nos cœurs!

EDGARD

Je devine, un refus ! 0 destinée étrange!

Quoi ! ses projets de vengeance assouvis, Mon père mort, mes biens qu'il m'a ravis...

C'est peu : De sa colère Il me poursuit encor. Mon sanj, ma perle entière, Voilà son vœu.

DUO

EDGAHD.

Il me hait.

LUCIE

Edgard I

EDGARD

Grand Dieu !,..

LUCIE

Tar pitié! point de blasphème.

EDGAED.

Sur ton frère, anathùme!

Qu'il tremble...

LUCIE

Edgard !

EDGAUD.

Juge loi- m^^mci Sur la tombe de mon père.

J'ai juré, dans ma colère, A ta race vengeance et guerre ; J'ai juré mort en retour.

Je te vis, et dans mon âme Dieu mit un rayon d'amour.

Mais mon serment me réclame ; Je puis l'accomplir un jour.

LUCIE

Qu'il me reste l'espérance !

Vois l'angoisse de mon cœur; De celui qu'en ta vengeance Tu maudis, je suis la sœur.

De tes yeux éteins la flamme, Vois les miens de pleurs s'emplir; Oh ! ta vengeance est infâme, Edgard, si j'en dois mourir !

EDGAUD.

Viens sous l'ombre de ce chêne, Où tu m'as juré ta foi. Sois témoin, .sainte fontaine, Et toi, ciel ! elle est à moi.

Prends cet anneau...

(Il lui donne son anneau et prend cil écliatigf' cila^ qin' est au doigt de Lucie.) Le tien m'engage.

Garde mon g.ige...

PARTib: II, SGÈiNE ï.

lUCIE.

Jusqu'au lombeau.

Ail! que Dieu seul vous dénoue, I.icns formés sur cet aule! ;

Oui, mon àme à toi se voue, Que mon pacte s'inscrive au ciel !

EDGARD

Séparons-nous, ma Lucie.

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