SCENE PPvE3HEPvE
MADELALNE , seule , en riche toilettée
AIK.
Je vais donc le revoir, après dix ans d'absence I Cette douce peosee a fait battre mon cœur -,
Mais ce n'est pas d'amour, désormais la vengeance Doit seule m'occuper et faire mon bonheur, il tant que je punisse lui ingrat que j'adore; Mais , pour ne pas faillir, ah ! répttou» encore Ces ooots que si souvent j'ai dits dans nia duukltt
MAGASIN THÉÂTRAL
Hélas ! quelle est ma peine !
Ce n'est plus Ma-lelaine A qui Tamour rencliaîne , Son cœur n'est plus h moi.
Que de lois , en silence , De celui qui lu'oll'unse J'ai pleuré rinconstance :
Il a toujours ma loi !
C'est en vain que la fortune De SCS dons me pare aujourd'hui ; Sa faveur me semble importune, Rien ne peut calmer mon ennui ;
Je pense à lui ,
Toujours à lui S
Hélas ! quelle est ma peine !
Ce n'est plus Madelalne, Etc., etc., etc., etc.
MADELAINE , ROSE , entrant par la gaitche.
MADELAIIVE , vivement. Eh bien, Rose?
ROSE. Vos ordres, madame, ont été exécutes; vous trouverez dans voire appartement tout ce que vous avez commandé...
MADELAINE. Je v.iis donc revoir mon infidèle... l'idée d'être aujourd'hui près de mon mari, de lui parler, me cause un trouble...
ROSE. Comment? vous pouvez aimer encore im monstre qui vous a abandonnée depuis dix ans!... qui vous a laissé partir toute seule pour l'Ile-de-France? maintenant que , grâce à l'héritage de votre tante; vous êtes riche, extrêmement riche, que vous n'avez plus rien de la paysanne, ah! à votre place je ne penserais guère à mon mari. Vous avez déjà changé de nom, eh bien! je changerais aussi...
MADELAINE. Il le mériterait bien! depuis trois mois que je suis de retour en France, pas une dos leltrcs que la pauvre Madelaine lui a écrites n'a eu de réponse.
ROSE, Tandis que les petits billets musqués que vous lui écrivez sons le nom de madame de Latour, et que je lui remets de votre part...
MADELAliNK. Voiià ce qui m'irrite le plus !.. je sais fort bien qu'<;a me présentant à lui telle que je suis, il seiait revenu à moi ; mais j'aurais pu imputer ce retour de tendresse à ma nouvelle fortune... j'aurais voulu que ce fût i^îadclaine, T^Iadelaine seule... i^ïais je me vengerai!... grâce aux soins de cet imbécile de marquis, Saint-Phar, aujourd'hui même, don venir ici.
ROSE. Le pauvre marquis de Gorcy...
save«-vous bien, madame, qu'il est amoureux fou de vos attraits?
MADELAliME. L'ennuyeux personnage!., en qualité de voisin , il massomme tous les jours de ses ])X'opos galans et de ses tendres déclarations.
ROSE, souriant. S'il se doutait que c'est un mari, un rival, qu'il vous présente !...
MADELAINE. Il est loin de soupçonner la vérité!... Sa passion pour moi lui a fait coniftoser un intermède qu'il veut faire exécuter ici par les chanteurs de l Opéra ; j'ai accepté avec empressement...
ROSE. Je comprends ! . vous allez avoir sous la main voire volage époux, le brillant Saiiit-Phar, jadis postillon et aujourd'hui premier sujet de l'Académie royale de musique!... mais, pour l'hoimeur du corps des femmes, n'allez pas faiblir.
MADELAîNE , souriant. Sois tranquille !
je lui ferai payer cher son inconstance!...
ROSE. Ces scélérats dhommes!... on ne saurait trop les tourmenter...
MADELAINE. Silence I voici le marquis.
(f\(iS'. se retire.)