YINA, ALFRED , OSCAR , ADOLPHE
Amde/a Clochette.
Nous voilà, oui , voilà La troupe tout entière !
Nous voilà, nous voilà, Toujours prêts à bien faire!
Nous voilà! nous voilà!
Dl'RAND. Comme vous vous faites attendre Vous n'êtes donc pas, comme moi , entliousiastes de la comédie ?
: M- DURAND. Vous me la voyez jouer depuis que je vous connais.
ELViNA. Moi, mon papa , je sais par cœur toutes les innocentes du boulevart • U n y a pas une jeune personne malheureuse et persécutée, à l'Ambigu ou à la C-aite , dont je n'aie fait les gestes et récite les tirades.
., ^""".V \^F!^-^-''^^^^ nion frère, m'accuser d indifférence , quand je me suis mis sur f estomac Lucrèce Borgia, Marie Tu-
tuLï""' '' ""''''' ^" ^-^^^^^ ^'-
■ ALFRED. Trouvez jjfi étudiant en mêle'rlT iTlîp^T^^f^'^ «"^^i bi^-'ii que moi le oie d Alfred dans yJng;-i,, celui de Jean dans / W..,,,, ^'/" -^"'"'^ et qui soit
ADOLPHE. Et moi donc, mon oncle, pour un coinmis aux écritures , comme ie ioue les imbecilles!... On dirait que je le suis pour de bon.
DURAND. Chacun a son petit talent • il ne s agit que de rester dans son emploi • 1 ambition perd tout le monde aujourd'hui! AtR : Foi/à le Parnasse des dames.
On ne trouve une place bonne
Que dans les notabilités;
Bientôt nous n'aurons piLs personne
Pour faire les utilités.
On voit maint'nanl des gens blea drôles .
Ua ndicuP bravant les traits, '
Qui veul'nt jouer les premiers rôles
±.t qui n s'raicnt bien que dans les niais !
Nous voilà tous pour un mois à ma jolie maison de campagne de Beausejour. J'abandonnepour ce temsmon service de parde national et mon magasm de papiers peints. 11 faudra cuedlir mes pommes, faire mes vendanges et jouer la comédie.
^ LELIA. Mais, mon frère , est-ce que nous
nauronspournousapplaudir,comme l'année dernière , que ces lourdauds de paysans qui ne comprenaient ri^n à notre jeu déli rant, et aux crimes charmans dont nous leur avons donne la représentation'
ALFRED. Ce sont dessots, desigiiorans qui n ont pas l'idée de la nouvelle littéra! ture, et qui sont très-scandalisés quand une femme empoisonne son époux, quand un amant assassine sa maîtresse , ou quand un mari jette sa femme par la fenêtre
DURAND, Hs ne voient pas que 'cela est admirable. Aussi, j'ai invité dl gens quf par leur position sociale, comprendron mieux les chefs-d'œuvre que notre bon goût nous a fait choisir
ADOLPHE. C'est moi qui ai fait les circu- * laires : nous aurons le petit notaire avec sa grosse femme et son grand clerc, les deux receveurs des contributions directes et indirectes , le substitut de la ville voisine qui est venu passer ses vacances chez sa tante la marchande de modes, le juge de paix du cantmi, le brigadier de la gendarmerie, 1 apothicaire et la sage-femme.
M"** DURAND. Voilà une charmante société.
LELiA. C'estce que la commune renferme de plus distingué.
DURAND. Déplus nous aurons Dubreull, notre ami , l'adjoint du maire , siu- qui j'ai jeté les yeux pour un emploi de la plus grande utilité.
ALFRED. Quel emploi ?
DL'RAND. C'est celui de souffleur.
ALFRED. Oh parbleu, des souffleurs, il n'en manque pas.
Air de Jadis et Aujourd'hui.
L'un gaîment vous souffle une belle, L'autre une place ; c'est un jeu ; Pour profiter d'une étincelle.
Certaines gens soufflent le feu.
Combien de discours e'nergiques D'être souffle's ont le défaut !
Et que d'écrivains politiques Nous soufflent le froid et le chaud !
DURAND. Mon fils, VOUS avez du penchant pour l'épigramme , c'est vieux style. Etudiez vos rôles d'énergumènes , et soyez modéré dans vos opinions.