‹ Recueil d'opérasChapitre 650 sur 1141 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Les Mêmes, MADELEINE , DUBREUIL.

MADELEINE , annonçant. Y'ià M. Dubreuil.

DURAND. Noti-e souffleur.

DUBREUIL, Je suis tout essoufflé ! on est venu me dire que tu me demandais, et j'accours.

DURAND, Tu vas assister à une assemblée générale.

DUBREUIL. Comment! une association !

ALFRED. La nôtre est innocente.

LELIA. Très-innocente... J'ensuis!

MADAME DURAND. Il s'agit de comédies.

ADOLPHE. De drames.

DUBREUIL. Yous avez donc toujoms cette manie?

DURAND. Que veux-tu faire à la campagne?

DUBREUIL. On a la chasse , la pêche , la promenade , et quand il pleut le billard.

ALFRED. Ce ne sont point des plaisirs pour l'esprit.

DURAND. ]Mon ami , nous avons dans noti'e famille tme ti-ès-jolie troupe d'amateurs, il nous manque un souffleur, j'ai compté sur toi.

DUBREUIL. Volontiers , quel répertoire jouez-vous ? la haute comédie , le grand trottoir ? ou bien duDancourtj du Picard? c'est plus gai.

TOUS. Oh! ohî

THEATRAL

DURAND. D'où viens-tu, mon cher, de quel siècle es-tu ?

DUBREUIL . Du dix-huitième , parbleu I je suis sorti du collège en 1800.

ADOLPHE. Mais nous sommes en 1834, monsieur.

' DUBREUIL. Eh bien ! est-ce qu'on ne joue plus les chefs-d'œuvre que j'ai applaudis dans ma jeunesse ?

ALFRED

klK de Julie.

Allez-vous parler de Voltaire?

Du théâtre il est expulsé. . .

Et de Corneille et de Molière?

Sachez que leur règne est passé!

DUBREUIL

Du goût c'étaient les vrais apôtres.

ALFRED

Monsieur, on les éclipsera.

DUBREUIL

J'oublierai ces grands hommes-là, Quand on m'en aura montré d'autres.

ALFRED. Il s'en présentera , gardezvous d'en douter ! pour parler comme votre ganache de Corneille : maintenant nos auteurs ont franchi toutes les barrières. Ils ne connaissent plus d'obstaelas.

ADOLPHE. Comme Guzman.

ALFRED. Aujourd'hui le talent est libre.

DUBREUIL. Moi , je trouve que les ouvrages le sont trop.

.\iR : Vaudeville de Partie Carrée

Ces ouvrages , qui n'ont pour plaire Que la licence à défaut de talent, On est bien libre de les faire :

On nous le prouve trop souvent...

Mais aux drames d'un tel calibre Lorsque l'on croit faire accourir, Le public prouve aussi qu'il est très-libre De ne pas y venir.

DURAND. Avec ton système, on n'avancerait pas , et que deviendrait le progrès ?

M""^ DURAND. Je veux que mon mar avance.

DUBREUIL. Fort bien : mais puisqu( vous tenez au répertoire moderne , m comptez ni sur moi , ni sur ma femme , n sur ma fille.

LÉLi A. Apparemment que ce sont des bé gueules.

DURAND. D'ailleurs que veulent nos au teurs? peindre la société.

DUBREUIL. Merci! pour la société I

Air : Abonnés de V Opéra-Comique.

En dégradant l'espèce humaine.

En ne traçant qw des forfaits, Ah ! croyez-vous donc sur la scène Tsous faire voir des tableaux vrais?

La montrer prête à tout enfreindre, A mépriser toute moralité : Messieurs, c'est, au lieu de la peiodrei Insulter la société!

LES IMMORALITES.

ELvtNA. Mais nous ne sommés pas au complet , il nous manque uu rôle principal.

LELi.v. Un amoureux.

j|ine DunAND. Que nous attendons de Paris.

ALFRED. Il ne peut tarder.

ELVlNA. On le dit plein de talens.

LELIA. Est-il joli garçon î

DUBREUIL. Quoi! VOUS le l'ecevez , et

Ik

ch

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