BE^^]AMIN , JOSEPH
BE\JAMi\. Sais-tu , Joseph , que voilà do Jiùlos de contideuoes!
JOSEPH. Oui, monsieur.
BK.VJ \Mi\. Ce cliet" de famille , dans lequel je m'atteiidais à voir un diyiie patriarclic , sa servante nie dit qu'il est dans les pères dindons !
JOSEPH. Ca n'est pas très-patriaical.
BE\JAlvil\. La mère est eoquette, les fils sont de nuxuvais sujets !
JOSEPH. (>a n'est ]îas dans not' genre , nous qui avons été élevés dans les vertus de nos ancêtres.
BENJAMIN. Et lademoiselle qui avait peur que je ne fusse trop petit !
JOSEPH. Elle veut donc un tambour major?
BENJAMIN. Josepli , cela me donne beaucoup à réfléchir. Je quitte pour la pi'emière fois le département du Finistère, et je ne voudrais pas...
JOSEPH. Vous avez raison , monsieur , c'est monsieur votre père qui a voulu absolument faire ce mariage-là.
BENJAMIN. Oui : mon papa qui est tout à son commerce , qui est enfoncé dans le beurre de Bretagne, ne sait pas comme moi quelle différence il y a entre les femmes de Paris et celles de Quimperlé.
Air du T''audeviUe du Petit Courrier.
Les d moisL'irs de Paris, c'est clair, Pour lever les yeux sont connues.
JOSEPH
Comme les homm's leur tonnli'nt des nues, EU's ont toujours le nez en l'air.
BENJAMIN
Les filles jamais ne se pressent De l'ver les yeux dans not' pays.
JOSEPH
Moi, monsieur, je crois qu'ell's les baiss'nt. Pour voir s'il leur pouss' des maris.
BENJAMIN. Tenons-nous sur nos gardes!
JOSEPH. Monsieur , voilà une dame qui vient par ici... une dame d'un âge mûr , c'est sans doute la mère.
BENJAMIN. Quelle toilette ! La sers'antc avait raison de dire que c'était une mère Éoquette .
• JOSEPH. Je vais arranger votre chambre.
(,11 sort.)