‹ Recueil d'opérasChapitre 661 sur 1141 · SCENE xy · texte numérisé non relu

SCENE xy

BENJAMIN , M-« DURAND, en Camargo, costume du troisième acte.

M"" DURAAD , arrtoe un tamhonr de basque à la main et en dansant.

Je suis Camargo ,

El mon vcrtif^^o Est (le Jatiser tout d'go Menuet, fantKinqo!

Je r (lis sans fagot,

Je bois à I^ogo , Beaune , Château-Margot ,

A tiilarigo !

(Elle danse.)

BENJAMIN. Allons , voilà une autre farce ! est-ce que nous sonniies dans le carnaval , qu'est-ce que c'est que ce costunie-là ?

M""" DURAND. Costume de bacchante!

\ iens , que le chatnpagne Fasse en s'e'chappant Panpan !

ip8

{Appelant.) Madeleine, une bouteille et deux verres... {^Madeltine appor.'e la bouteille et les verres,) Yous allez voir comme je verse avec grâce , connue je nie livre à l'orgie.

BENJAMIN, Une orgie !

M"* DURAND. Certainement!

(Elle fait sauter le bouchon.) Air : Verse , verse.

Voyez de ce nectar si bon Comme je débouche un flacon , Et , lorsque saute le bouchon , Comme cette mousse Pe'tillantc et douce Gaîmeiit e'claboussc Mon front Rubicon !

Verse , verse \ Le vin qui berce I Et renverse

(bis.)

Kot

le raison 1

( Elle boit. ) Il est charmant ce petit Champagne, encore un verre... Buvez donc, monsieur le duc.

En demoisell' de l'Ope'ra , Un petit souper me verra Chanter, danser, et cœteral D'amour haletante, D'Ivresse tremblante, En folle bacchante, Je dis sans façon :

Verse , verse Le vin qui berce

Et renverse Notre raison!

BENJAMIN. Prenez garde... ça va vous porter à la tète.

M"* DURAND. C'est ce qu'il faut. Une double ivresse doit m'inspirer celle des arts , et celle du vin mousseux.

BE.NJAUIN. Je crois qu'elle chajaceUe.

LE MAGASÎN THEATRAL.

M"* DURAND , sur le canapé'.

Air : Voulun/ par ses œui>res complètes. De ce joli vin qui pi'ulle Quand on a bu le petit coup , Le teint se colore et l'œil brille !

BENJAMIN

Pour une femm' quel drôl' de goût!

Je vais de surprise en surprises , Et chez ces ilam's , en fàt de mœurs, J'en ai vu de trcnt'slx couleurs:

Cell'— ci veut m'en l'air' voir des grises !

M'"^ DURAND. Certainement!... Didier, mou ami , que je vous aime ! tant de dévouement, tant d'intérêt!... voyez mon émotion ! mes larmes couler sur votre main !

BENJAMIN. Elle pleure... Elle a le vin tendre.

M'"" DUHAND , lui passant le bras autour du cou. A toi , mon Didier, à toi pour la vie !

BENJAMIN. Vous me chatouillez! Youlez-vous me lâcher ! Pouali !. .. Elle sent la boisson.

(Elle sort en dansant, et chantant.)

BENJAMIN. J'allais entrer dans mie jolie famille ! mais , mais , mais que d'immoralités ; c'est donc ici la maison Bancal ! il n'y manque plus que le vol et l'assassinat... Ah! mon Dieu! qu'est-ce que je vois! quelle horrible figure!... Eh ben! je crois qu'il n'y manquera plus rien,

(Il se cache dans la tergère.);?

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