‹ Recueil d'opérasChapitre 662 sur 1141 · SCÈNE XVI. ^V · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI. ^V

BENJAIMIN , cache, ALFRED , costumé et jouant Robert Macaire.

(Musique.) ALFRED, imitant Frédéric k-Lemaitre. Estil concevable qu'un fils bien né laisse un père dans un pareil dénument ! Est-ce comme ça qu'il comprend ce qu'oUj^oit à l'auteur de sa naissance? Il me nourrit de pommes de terre frites et ne me met pas le sou dans la poche pour acheter un cigarre , aussi je vais me soustraire à son despotisme filial. Je l'ai vu cacher dans ce secrétaire une sacoche qui paraît engraissée d'un bon nombre de balles ; il est un moyen assez simple de m'en rendre possesseur, c'est de m'en emparer... en jouant de cet instrument.

( Il tire une pince desà poche.)

BENJAMIN , à part. Comment, diable ! il va crocheter la serrure.

ALFRED, Ceci s'appelle un monseigneur.

Ordinairement, dans le monde , c'est le peuple qui obéit aux grands; moi, qui suis peuple, c'est monseigneur cjui va m'ouvrir la porte. . . La maxime est un peu arsouille : c'est c« qui eu fait le chai me.

M!S KMMOh ALITÉS.

BENJAMIN. Quel effronté coquin I ALFRED, iravaillant la serrure et chantant. Que de peines dans la vie!

BENJAMIX. Il cliautc que de pênes en forçant la serrure.

ALFUED. La porte s'ouvre,

BENJAMIN , à part. Je vais sortir des gonds.

ALFRED. Voilà le magot.

BENJAMIN, a part. Est-ce qu'il m'a vu?

ALFRED , prenant le sac. Oli ! que c'est lourd !

BENJAMIN , h pari. Va, scélérat, ce sera plus loiu'd sur ta conscience que sur ton épaule.

ALFRED. Quel bruit entends-je? cachous notre trésor dans ces broussailles.

(Il cache le sac sous la bergère.)

BENJAMIN. Il prend la bergère pour des broussailles! il est dans les brindzingues.

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