SCENE VII
Les Mêmes , ALCINDOR , une klire à la
main .
MADELAINE. On vient!.. {A pari avec étonurmenf. ) C'est Biju!..
SAi\T-pn.\R, à part y en se relevant. Misérable Alcindor !
ALCINDOR, d'un ion goguenard. Pardon< pardon ! je vous dérange... vous étiez en
LE l'OSTILLON DE LO.NJUMEAL'.
affaires. Bas à Saint-Phar. ) Coquin , tu en étais à Yiil.
SAINT-PUAR. Madame, rassunz-vous ..
c'est mou iuteiulaiit... uu ancien anii Ue coll.'ge.
ALCINDOn, iwec fLituilé. Oui... nous avons élé-z-au collège enseniide.
S.\I\T-l'HAR , bui û Ahiiidur. Pourquoi venir me relancer , maraud ?
ALCl\DOK, iias. C'est une lettre pressée qu'on vient d'apporter de Fontainebleau , et que 31"* Rose , la jolie suivante , m'a remise pour toi.
SAI>T-pnAU , à ^lailelainr. îMadame , vous permettez que devant vous... (lirgardant lasuscriritionde ia/cltre)de Madelame! quel coiitre-tenq)S !
MADELAINE, à part. Tlose a bien fait de 1.1 remettre k ^i]i\. [ H'^uf àSaiitl-Pfidr.) 3 Jais quavez-vous? vous paraissez troublé? Est-ce que cette lettre...
SAINT-PHAR. C'est un bulletin de répétition.
M\DFXAI\E. Tous cherchez à uie troin- ]>er ! je suis sûre que c'est un billet d'amour.
S\i>T-pn\R. Une lettre d'amour?., dis donc, .\lciudor, une lettre d'auiour
ALCiNDOR. 3ladanie veut goguenarder!..
MADELAINE. Eh bien ! Saint-Phar, pour me rassurer, lisez ce billet tout baut.
SAIM-PHAR. Mais , madame , il est inutile...
MADELATNE. Remettez-le-moi. . . Vous refusez... je le prends.
( Elle lui arrache le billet des ciains.)
SAlVT-PHAR, bas à Alcindor. Je crois que je vais me trouver mal.
MADELAIAE. En voilà bien long pour un bulleliii de répétition \ {Lisant : ) « ].,on- « jumeau , 6 mai 17G6. Dtpuis trois mois « je t'écrivons tous les jours que Dieu fait, ■' et tu donnes pas réponse à moi, qui te >< gai de mon cœur, depuis dix ans , et qui « te pleure comme une TUadelaine que je « suis. C'est la dernière fuis que je t'écri- « vons, car t'as pas pitié d'une femme « qui t'adore. Ta légiiime ,
" MaDELAI.VE BiROTTEAU. n
Tous êtes marié I I !
SAlNT-PHAU. IMoil marié I quelle horreur!., comment I vous ne vovez pas, madame, que c'est une mystification; que quelqu'un, jaloux de mon bonheur, aiua imaginé ce vieux tour de comédie pour désunir deux tendres cœurs faits pour s'aimer... Je ne connais pas plus cette Madelaiiie Barotteau... Maoïteau...
Al.CiNDOR , a part. En voilà de l'aploUàb I
SAINT-l'HAK, fi liguant Je s'<il'endrir. Et vous ajoutez loi à une si basse calonmie ! Allez, uiadaine , vous ne ma nncz pas ! ( // pL we ) vous ne m'aimez |)as ! ( // tunglotlf ) vous ne ni'.-iime/. pa>!
ALCIXDOR , p'cwant aussi. Non , vous ne nou.s aimez pas I
SAl\'i'-P!lAR, /-•a.«-à///ri//^/or.Finisdonc. .. tu es trop laid (]uand lu |>leuies.
M.ADEf.AiNE. Srunl-Phar , je ne sais si vous dites la vérité , mais vos larmes me touchent !.. mes soupçons vous offensent, dites-vous.'., mettez-vous à ma })lace , et jugez si je ne dois pas être effrayée...
S\!\T-PnAR , a^'f-c erplusiuii. Quelles preuves voulez-vous de ma sincérité ?..
parlez.
MADi:DAI.\E, à f.art. Y consentira-t-il?.. ( Hi'.ul. ) Sans cette circoii-.iaiiCt; , je vous eusse caché encore que mon seul bonheur serait de vous voir accepter ma fortime et ma main !
Air.iN'DOR , /-flf il Saint- Phar. Tire-toi de là si tu jtenx.
SAjNT-PHAR , tonihaiit aux genoux de DJade/aifie. Ah! madame , pardonnez à mon trouble,., l'ivresse où vos paroles me jettent... t.Tut de félicité... Oui, madame , aujourd'hui uieme... à l'instant , les lieus les phis foriuiif s vont nous unir.
At.r.t\DOR , « purf. Nous nous perdons :
WADELAIVE. Eh bien ! je vais avertir un chapelain qjii demeure près d'ici , et dans la chapelle de ce château...
SAlNT-PHAR. Oh ! non , non , madame; permettez que je vous présente moi-même celui nui bénira notre heureuse union ; c'est' un vénérable pasteur qui a pris soin de mon enfanre. . il est exempt de préjugés... un autre ferait peut-être des difficultés pour mnrier un comédien, et je ne voudrais pas, pour ma vie entière, retarder mou bonheur d'un sewl jour !
Si.ADULAîMî. Vous avez maintenant le droit d'ordo'.iner ici... allez , Saint-Phar, prévenir le saint liommc.moi, pendant ce temps, je vais faire avertir quelques bons amis du voisinage ; ils nous serviront de témoins... au revoir, mon ami.
SAi.VT-PîîAR , /(// Luisant la main. Pour la vie !.. pour la vie.
MADELAîNE, à pari, sortant. Tu me le paieras !
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