SAINT-PHAR, MADELAINE
DUO
SAINT-PHAR
Gr.'ice an hasard, je puis, madame, Vous peittdre ici ma vive flamme ; Non, non, jamais une t'iulre femme Ne m'ealb^a^a si proniptcment.
HADELAINE. (l pari.
C'est lui, c'est rinfidèle l Quel tioiil)le en le voyant !
SA1KT-PHAR, n pifrt.
Que je la trouve belle I Ah! cjnel moment cl laimant!
{fi au/, s np/,! och::iit ] Je vons nime, je vous adoie !
Passer ma vie J<iipi es de vons Serait, je vous le jtire encore.
Un esclavaiîe des pitit doux.
MADFLAiNE, jowiiit l'eiiihanas.
Ayez pitic de tua faiblesse, Cesse/ lont propos sidiiclcur; Et, par une vaine piotnesse.
N'abusez pas mon p;iuvie cœur.
SAINT-PUAR, h part.
Pour captiver et pour séduire Celle dont je suis amouioux.
Ayons recours, dans nvon delir«, A mon moyen toujours heureux.
[Haut, avec tendresse. )
Que votre cœur daigne m'entendte ; Ah ! cédez à mes voeux!
MADELAIKE.
Monsieur, je me puis vous compreodre.
SAIKT-PHAR.
Al» î cédez h mes vœux I
HADELAINE.
Non, malgré votre voix si tendre...
SAINT-TIIAR.
Ah ! cédez à mes vœux !
ENSEMBLE
MADELAINE
Non, je ne puis croire à vos eux.
SAI»r-PHAR.
Par pitié, cédez à mes vœux !
ENSEMBLE
Auprès de ce qu'on aime.
Ah ! quel bonheur extrême De voir couler ses jours !
Toujours même tendresse...
Toujours la même ivresse...
ENSEMBLE
Voilà, voil.\ sans cesse Quels seraient nos amours.
SAINT-PHAR, d'un air tragique.
Ah ! si vous repoussez mes vœux.
Si mon espéiance est trompée, De la pointe de mon épce Je vais me percer à vos veux...
[Il tire Son épée.) MAueL^iKE, l'arrêtant.
Arrêtez , arrêtez ; hélas !
Que dirait la foule idolâtre?
Que deviendrait votre théâtre ?..
Il mourrait de votre trépas!
SAiNT-PHAR, rernet/a/it son tpée dans le fourreau.
Cette idée arrête mon bras...
Et pour mon directeur, je ue me tuerai pas... {Avec Iratispurt.) Ah ! croyez à mon ardeur,
A ma constante flamme;
Daignez f'aiie ici mon bonheur,
En acceptant mon cœur.
MAMBLAIIVE.
Non, je ne puis croiie encor
A votre vive flamme ; Je crains, hélas i votre transport; i
Plaignez, plaignez mon sort.
SAINT-PHAR
Oui, je vous aime, et pour IV'ternité .. '■
«ADELAINE. j
L'éternité!., c'est bien long... prenez garde!
SAIKT-PIIAR.
Quoi ! vous doutez de ma Gdélilé?
Ah! ce doute me poignarde!
MADEI.MNE.
J'ai peur de ces beaux sermens-lh :
On en fait tant à l'Opéra !
ENSEMBLE
MADELAJNE.
Je crains votie vive ardeur,
Votre inconstante flamme; Pour mon repos, pour mon boulieur,
Je veux garder mon cœur.
SAINT-PHAR
Ail", partagez mon iransport,
J'en jure sur mon ame :
Vous aiuier jusqu'f» la mort , Voil.'i, voilà mon sort.
[Saint-Phar se jette aux genoux de Madelaine. Alcindur paraît par le fond.