‹ Recueil d'opérasChapitre 67 sur 1141 · SAINT-PHAR, MADELAINE · texte numérisé non relu

SAINT-PHAR, MADELAINE

DUO

SAINT-PHAR

Gr.'ice an hasard, je puis, madame, Vous peittdre ici ma vive flamme ; Non, non, jamais une t'iulre femme Ne m'ealb^a^a si proniptcment.

HADELAINE. (l pari.

C'est lui, c'est rinfidèle l Quel tioiil)le en le voyant !

SA1KT-PHAR, n pifrt.

Que je la trouve belle I Ah! cjnel moment cl laimant!

{fi au/, s np/,! och::iit ] Je vons nime, je vous adoie !

Passer ma vie J<iipi es de vons Serait, je vous le jtire encore.

Un esclavaiîe des pitit doux.

MADFLAiNE, jowiiit l'eiiihanas.

Ayez pitic de tua faiblesse, Cesse/ lont propos sidiiclcur; Et, par une vaine piotnesse.

N'abusez pas mon p;iuvie cœur.

SAINT-PUAR, h part.

Pour captiver et pour séduire Celle dont je suis amouioux.

Ayons recours, dans nvon delir«, A mon moyen toujours heureux.

[Haut, avec tendresse. )

Que votre cœur daigne m'entendte ; Ah ! cédez à mes voeux!

MADELAIKE.

Monsieur, je me puis vous compreodre.

SAIKT-PHAR.

Al» î cédez h mes vœux I

HADELAINE.

Non, malgré votre voix si tendre...

SAINT-TIIAR.

Ah ! cédez à mes vœux !

ENSEMBLE

MADELAINE

Non, je ne puis croire à vos eux.

SAI»r-PHAR.

Par pitié, cédez à mes vœux !

ENSEMBLE

Auprès de ce qu'on aime.

Ah ! quel bonheur extrême De voir couler ses jours !

Toujours même tendresse...

Toujours la même ivresse...

ENSEMBLE

Voilà, voil.\ sans cesse Quels seraient nos amours.

SAINT-PHAR, d'un air tragique.

Ah ! si vous repoussez mes vœux.

Si mon espéiance est trompée, De la pointe de mon épce Je vais me percer à vos veux...

[Il tire Son épée.) MAueL^iKE, l'arrêtant.

Arrêtez , arrêtez ; hélas !

Que dirait la foule idolâtre?

Que deviendrait votre théâtre ?..

Il mourrait de votre trépas!

SAiNT-PHAR, rernet/a/it son tpée dans le fourreau.

Cette idée arrête mon bras...

Et pour mon directeur, je ue me tuerai pas... {Avec Iratispurt.) Ah ! croyez à mon ardeur,

A ma constante flamme;

Daignez f'aiie ici mon bonheur,

En acceptant mon cœur.

MAMBLAIIVE.

Non, je ne puis croiie encor

A votre vive flamme ; Je crains, hélas i votre transport; i

Plaignez, plaignez mon sort.

SAINT-PHAR

Oui, je vous aime, et pour IV'ternité .. '■

«ADELAINE. j

L'éternité!., c'est bien long... prenez garde!

SAIKT-PIIAR.

Quoi ! vous doutez de ma Gdélilé?

Ah! ce doute me poignarde!

MADEI.MNE.

J'ai peur de ces beaux sermens-lh :

On en fait tant à l'Opéra !

ENSEMBLE

MADELAJNE.

Je crains votie vive ardeur,

Votre inconstante flamme; Pour mon repos, pour mon boulieur,

Je veux garder mon cœur.

SAINT-PHAR

Ail", partagez mon iransport,

J'en jure sur mon ame :

Vous aiuier jusqu'f» la mort , Voil.'i, voilà mon sort.

[Saint-Phar se jette aux genoux de Madelaine. Alcindur paraît par le fond.

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