‹ Recueil d'opérasChapitre 758 sur 1141 · MARTI.V · texte numérisé non relu

MARTI.V

Qui vient réclamer ta promesse.

Je la tiendrai... Tu es mon sauveur, mon seul ami... viens, parlons... il me tarde de quitter ce monde, où tout m'accable... ces grands seigQeur.s, dont tu me disais avec raison de me défier!... ils

m'ont couvert de honte , et maintenant ils refusent de me tuer.

MARTIN

Je sais... je sais... j'ai vu Zuniga, qui, dans la joie du triomphe, m'a tout raconté... ta lettre, ton mariage, ton affront !

RICCARDO, avec douleur.

Eh bienl ce n'est rien encore... clic refuse de me voir... elle me repousse avec mépris.

MAKTIX.

Zarah!... ta femme?...

RICCARDO

Ah î ne dis plus ce mot-là.

MARTlxV.

Comment alors es-tu ici?

RICCARDO

Sa tante m'a écrit la lettre la plus méprisante, la plus injurieuse, pour me dire que ce maria^^e était nul... que la famille en demandait la ruj)ture, et qu'elle m'attendrait, moi et mes gens de loi... Je suis venu seul, sans un ami, sans un conseil.

MARÏIX.

Je serai le tien... je te défendrai.

C'est inutile... je ne venais pas pour me défendre, mais pour la voir... la voir encore une fois... et puisqu'il faut renoncer à cette dernière espc; .;;ice, je suis à toi, je t'appartiens !

SURTIN.

Tu es donc bien décidé à m'obéir?

RICC.VRDO.

Oui.

LE GUITAKREHO.

MARTIN

A me suivre partout où j'irai?

lUCCARDO.

Je le jure !

MAIVTIN.

C'est qu'il y a à parier que j'irai me faire tuer.

RICCARDO

Tant mieux ! c'est ce que je veux... Dispose de mes jours, je te les donne.

MARTIN , lui frappant sur l'épaule.

Et moi, mon brave, je te promets d'en faire un noble et généreux usage... Prends ces papiers... garde-les précieusement, et, quoi qu'il arrive, ne démens rien de ce qui s'y trouve écrit.

Je te le promets, dût-il m'en coûter la tête.

MARTIN

C'est ce qui pourra bien arriver, ainsi qu'à la mienne, qui du reste est déjà promise, pour aujourd'hui, au seigneur gouverneur. Mais nimporte, je comprends que tu dois avoir envie de quitter enfin la guitare.

RICCARDO

De la briser !

MARTLN.

Eh bien ! c'est l'instant d'obéir à ton père, c'est l'instant de reprendre l'épée du soldat, non pour nos oppresseurs, mais contre eux !

RICCARDO

Commande, je suis prêt ; je ne demande qu'une grâce, c'est qu'avant ma mort, ou après, je sois justifié aux yeux de Zarah!... qu'elle sache du moins que je ne l'ai pas trompée.

MARTIN

Elle le saura, je te le promets... Voici ces dames.

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