‹ Recueil d'opérasChapitre 784 sur 1141 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Les 5IÊMES, RICCARDO, sortant de la porte à

droite,

FRA LORENZO

11 ne nous mancpe rien ! ... [[ue l'époux.

juNCELO, l'apercevant.

Le voici !

RICCARDO, se soutenant à peine, et s' appuyant sur un

fauteuil à droite.

Ali ! je me sens mourir !

Il s'avance en tremblant et les yeux baissés, n'osant regarder Zarah; enfin il se hasarde à jeter les yeux sur elle. Zarah regarde son trouble avec un sourire aimable, et lui dit en lui tendant la main.

ZARAU.

Venez donc, mon ami!

RICCARDO pousse Un cri, tressaille et tombe presque un genou en terre.

0 ciel !

ZUNIGA, àdemi-voix, et le relevant.

Allons !... tâche de te remettre !

RICCARDO, à demi-voix et avec joie.

0 bonheur!... elle a lu ma lettre?...

ZUNIGA, de même.

A l'instant, devant nous!...

RICCARDO, de même.

Sans colère?...

ZUNIGA, de même.

Ou du moins Sans en montrer !... de crainte de la tante... Qui regarde!... Silence! attention constante!

Montrant Manuela.

Et jusqu'après l'hymen prodigue-lui tes soins ENSEMBLE.

RICCARDO, regardant Zarah.

Quoi ! sans colère Son cœur apprend Pareil mystère, Forfait si grand !

Et son silence Annonce dune Et sa clémence El mon pardon !

ZUNIGA

Beauté si Gère, Orgueil si grand !

De ma colère Voici l'instant 1 De son offense J'aurai raison.

Dans ma vengeance Point de pardon 1

MARTIN, regardant Riccardo.

Il faut lui faire Son compliment 1 Beauté si lière L'aime vraiment!

Et son silence Annonce donc Pour son offense Grâce et pardon !

ZARAU, à Manuela, montrant Riccardo en riant. Il veut nous taire. Discret amant.

Quelque mystère Tendre et galant 1 Avec prudence, Et pour raison, Pour son silence Grâce et pardon 1

FRA LORENZO

Partons !

ZARAII.

Un instant, je vous prie !

ZUNIGA et MARTIN, 0 part.

Quel est donc son dessein

LE GUIÏARRERO.

KiccAUDO, à part.

Ali ! je fi'cinis, grand Dieu !

ZAUA1I.

Dan'; en jour, d'où di'poiul lo bonliour de ma vie, Do nios torU, avant tout, jo dois l'.iin! l'avou I

S'ax'ançant vers Zuniga.

Envors vous, don Alvar, mon olVcnso fut grande, Daignez me pardonner !

zi'Nif.A, troublé.

Sloi !

ZAUAU, lui tend la main.

Jo vous le demande I El j'en veux une preuve...

ZUNIGA, s'inclinant.

Ali ! j'en suis trop flatté !

ZAUAII.

Je veux par vous être à l'autel conduite ! ZUNIGA, à part.

Je ne sais quel remords et me trouble et m'agite... Non... non... il est trop tard, le sort en e?t jeté... Il présente sa main à Zarah. Ils vont pour sortir ; pa-

rait un courrier qui s'adresse à Fra Lorenzv, et lui

remet des dépêches.

FUA LOUENZO.

Ah!... ah!... de la cour de Lisbonne !... Oui, c'est le courrier que j'attends...

A Mamiela et aux mariés.

Partez sans moi, je le veux ! je l'ordonne ! Je vous rejoins dans peu d'instans !

ENSEMBLE

ZU>'IGA.

Beauté si fière,

Orgueil si grand, etc., etc.

MARTIN

11 faut lui faire

Son compliment, etc., etc.

lilCCAUDO.

Quoi ! sans colère

Son cœur apprend, etc., etc.

ZARAII.

0 jour prospère !

Heureux instant 1 etc., etc.

'uniga a offert sa main à Zarah, et Riccardo à Manuela. Ils sortent précipitammeiit. Pendant la fin de cet ensemble, Fra Lorenzo a décacheté ses dépêches; il a parcouru un des papiers, et au moment où, sur la ritournelle, Martin veut sortir et accompagne Riccardo, Fra Lorenzo le relient par la main.

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