‹ Recueil d'opérasChapitre 786 sur 1141 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

FRA LORENZO, à /a table à droite, achevant de lire ses lettres: DOXV .AIAMELA, ZUNIGA; puis après RICCARDO et DIANA.

FINAL

ClKlEL'll.

Que les cloches retentissent Et résonnent dans les airs !

Dos anges qui les unissent Empruntons les saints concerts !

Des anges qui les unissent Sonnons, sonnons les pieux concerts !

MAMT.LA et ZIMGA.

Ils sont unis !

Fi!A LOREszo, achevorit de lire une lettre. 0 ciel ! ô nouvelle terrible !...

MANUELA, courant à lui.

Qu'avcz-Yous donc'?

FRA LORE>iZ0.

Non... ce n'est pas possible !...

Quoi ! d'après un message à l'instant envoyé, Guimarens serait mort !

MAXUELA, étonnée, et zumga, t'iant, lui motitrant Riccardo qui entre dans ce moment, teiiant Zarah par la main.

Le voilà marié !

CHOEUR

Que les cloches retentissent Et résonnent dans les airs ! etc., etc. i FRA LOREXZO, Usant toujours ses dépêches.

r Non, non, et le fait se complique, Le ministre prétend nous avoir annoncé... Et je n'en ai rien su... qu'arrivant du Mexique... Don Juan de Guimarens... mortellement blessé,

L'autre semaine est mort !... C'est authentique ! I Donnant la lettre à Riccardo.

Lisez vous-même !

TOCS.

O ciel !

ENSEMBLE

ZARAH, MAXUELA ET LE CUOECR.

De terreur, de surprise.

Tous mes sens sont glacés.

D'où "sient cette méprise ?

S'adressant à Riccardo.

Répondez... prononcez.

ZCSiGA.

Le sort nous favorise ; Mes vreuK sont exaucés.

Je vois à sa surprise

Montrant Riccardo.

Tous ses plans renversés.

[ FRA LOREXZO.

De terreur, de surprise, Tous mes sens sont glacés.

Et le ciel et l'église Sont-ils donc courroucés ?

RICCARDO

De crainte et de surprise Tous mes sens sont glacés.

Je vois par sa méprise Nos projets renversés !

IMANUELA, à Zuniga, lui montrant Riccardo. Mais cet époux... qui peut-il être?

ZUSICA.

Voici probablement qui le fera connaître ! Montrant itnpatje qui entre.

C'est le page de Jlédiu !

i.E l'AOE, s'inclinanl.

A dona Manuela, De la part d(> mon maître.

MANL'ELA, Usant à haute voix.

« Pardonnez, senora, si déjà je sépare » Les deux nobles époux que vos mains ont unis! » Votre illustre neveu, l'autre jour, m'a promis » De venir aujourd'liui jouer de la guitare » Dans mon hôtel !... J'y compte, et mon page est chargé

» De lui payer d'avance son salaire ! » Le Page présente une bourse pleine d'or à Riccardo, qui détourne la lé te.

MANDELA, Stupéfaite.

0 ciel ! de l'or !

ZARAH, à part de même.

Et ce mystère...

Cette lettre!...

ma:<cela.

Mon nom, mon honneur outragé!

TOUS, s'adressant à Riccardo.

Répondez.

ZLNIGA.

Oui, vraiment, puisqu'on sait tout... je blâme Une feinte inutile !... A nos nobles amis Renvoyez les valets et les riches habits Qu'ils vous avaient prêtés ]iour séduire madame ! UAML'E^A, furieuse.

Qu'entends-je I... ô ciel!

ZARAH, prête à se trouver mal.

\h.\ je frémis !

ZUMGA.

Illustre et noble artiste, Reprenez la livrée et l'art du guitariste. Les personnes qui sont près de la table à droite s'écartent, et l'on voit sur une chaise le manteau noir déchiré et la guitare que Riccardo portait au premier acte, et que des pages viemient d'apporter. Zarah pousse un cri et tombe sans connaissance sur un fauteuil à gauche.

ENSEMBLE

MANUELA

0 jour d'opprobre et d'infamie !

Honteux hymen 1 Ignominie Par qui ma race est avilie Et notre nom déshonoré !

Malheur à lui ! mort à l'ii^fàme !

Le feu céleste le réclame !

A nous son sang ! à Dieu son àme !

Et qu'au supplice il soit livré 1

ZU.MGA.

0 jour heureux ! joie infinie !

Notre vengeance est accomplie !

L'affront dont fut blessé ma vie Par son affront est réparé !

Oui, c'est indigne ! c'est infâme !

Mais , après tout, elle est sa femme ! Et l'orgueilleuse et noble dame Se soumettra, bon gré, mal gré !

FRA LOREXZO et LE CHOEUR.

0 jour d'opprobre et d'infamie !

Honte sur vous... Ignominie !

Votre famille est avilie

Et votre nom déshonoré !

Malheur à lui ! mort à l'infâme !

Notre vengeance le réclame !

A nous son sang ! à Dieu son àme !

Et qu'au supplice il soit livré !

Riccardo, que tout le monde repousse, est prêt à franchir la porte du fond; il revient vivement vers le groupe où Zarah est assise évanouie. Lorenzo l'emr pèche d'approcher.

MAGASIN THEATRAL

RiccARDO, Je /oî"n, étendant ses mains suppliantes vers Zarah qu'il ne voit pas.

O vous qui lisez dans mon àme, Daignez me défendre à leurs yeux ! Rappelez-vous, ô noble dame !

Mon repentir et mes aveux.

Se mettant à genoux.

Grâce pour ma raison !

Pour un égarement dont je ne fus pas maître !... ZAIUH, revenant à elle, et voyant liiccardo à ses genoux. Mon pardon !... dit-il... un pardon !

Il en est pour l'amour peut-être !...

Jamais pour l'imposture et pour la trahison... Elle s'éloigne sa?i.s le regarder, et rentre avec sa tante dans l'appartement à gauche.

RiccARDO, stupéfait.

Moi... parjure... et traître 1...

Quand j'ai tout dit !... quand tout lui fut connu... Et ce billet...

zcNiGA, à demi-voix.

Elle ne l'a pas lu !

Le montrant et le déchirant.

Le voici !

RICCARDO, furieux, tire son épée et s'élance sur Zuniga ; il est désarmé par les autres seigneurs.

ENSEMBLE

RICCARDO, accablé.

Ah ! c'en est fait ! que sur ma via Tombent l'opprobre et l'infamie !

Plus d'existence !... elle est flétrie!

Tout est pour moi désespéré !

Coupable d'une indigne trame, A ses yeux je suis un infâme !

Je suis maudit, et dans son àme Mon nom par elle est abhorré !...

LE CHOEUR

O jour de honte et d'infamie !

Par cet indigne être trahie 1 Donner sa main !... etc., etc.

zusiGA, riant.

O jour heureux, joie infinie !

Notre vengeance est accomplie ! L'affront, etc., etc.

FPi LOREXZO.

0 jour de honte et d'infamie ! etc., etc.

Us sortent tous en désordre, en laissant Riccardo ahimi\\i dans sa douleur.

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