‹ Recueil d'opérasChapitre 81 sur 1141 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

Les Mêmes , LE MARQUIS , ALCINDOR ET BOURDON ramenés par des soldats de la maréchaussée ; ON Exempt , Domestiques portant desjlambeaux.

Sans délai qu'on le saisisse !

Agissons avec vigueur , Et livrons à la justice Ce coupable séducteur.

i,s MARQi'is , à l'exempt.

Monsieur, gardez bien ce bigame...

(3ïontranf Alcindur et Bourdon.)

Ainsi que ces deux scélérats ; Nous avous déjoué leur trame...

Tenez bien ! ne les lùchcz pas !

SAiST-PHAR , à part.

Voici l'heure de mon ticpas...

MADELAïKE, liiiiil., Cl part.

Pauvre Saint-Pbar ! quel embarras!

ALCINUOU et coiiRDO» , à part.

Voici l'heure de mon trépas...

( Reconnaissant Bladelaine. )

Que vois-je ici !.. c'est Madelaine !

Sa première...

LB MARQUIS , se frottant les mains.

Ah ! c'est excellent !

Mais la seconde?

tfiSILÀiHE , montrant la porte de gauche, avec le ton paysan.

Est là... se désolant , Comme s'il en valait la peine.

LE MARQl'IS.

Pauvre victime ! ah ! je veux à l'instant Calmer sa fraveur et sa peine...

(Entrant dans la chambre à gauche.) Venez, madame, et ne craignez plus rien; Nous les tenons, et nous les tenons bien.

CHOEUR DES SOLDATS Ct DOMESTIQUES.

Sans délai qn'on les punisse !

Agissons avec rigueur, Et livrons h la justice Ce coupable séducteur.

MADELAINE

Sans délai qu'on le punisse !

Agissez avec rignenr , Et livrez à la justice Ce coupable séducteur.

SAiKT-PHAR , a part.

Est-il un pareil supplice ?

Ce jour a fait mon malheur...

Me livrer à la justice !

Ah ! pour moi , quel déshonneur !

ALCIKDOR.

Helas ! je suis son complice ; Eit-il un pareil malheur ?

Me livrer a la justice!

Ah î pour moi , quel déshonneur !

BOCRDOir.

Hélas ! je suis leur complice ;

Ebl-il un pareil mallieur ?

Me livrer h la justice !

Ali ! pour moi , quel déshonneur !

LK MARQUIS, sortant de la chambre à gauche.

Dans cet appartement je n'ai trouvé personne , Seulement ce billet...

Tons.

Un billet ! ... je frissonne !

LE MARQUIS , ouorant le billet et Ihant i « Saint-Pliar, quand vous lirez celte lettre, » toutes les recherches seront inutiles : « M""* de Latour n'existera plus. >•

TOUS

Grand Dieu !

SAIKT-PITAR.

Mourir pour moi... Ciel ! comme elle m'aimait! ( A Madelaine.)

Pourquoi n'as -tu pas fait comme elle?

LE MARQUIS

A la venger mettons tout notre zèle...

{A l'exempt et aux soldats , montrant Saint- Phar. )

Entraînez ce mauvais sujet !

( On va pour tes saisir.) MAuiLAiNB , les arrêtant , avec le ton paysan.

Un instant! puisqu'on l'emmène , Je veux m'en aller avec lui...

Il est juste que Madelaine Voie au moins pendre son mari.

Elle a raison... oui , qu'on l'emmine Car c'est un témoin précieux...

MADELAINE

Un témoin... ah ! j'en vaux bien denx... Ecoutez-moi ; je parlerai pour deux :

( Avec le ton de Madelaine. )

Point de grâce pour les bigames; Faut punir son crime odieux !

( Avec la -voix de M'"' de Latour. )

Eh ! messieurs, puisqn'il a deux femmes. Ne pendez pas ce malheuieux ; Pour le punir encor bien mieux , Laissez-le vivre avec toutes les denx.

SAiNT-PHAR , dont Véionnement a été en croissant.

Qu'ai-je entendu ! surprise extrême î Toutes les deux... c'était la même!

Qu'ai-je entendu ! surprise extrême !

Toutes les deux... c'était la même !

SAINT-PHAR , se jetant aux pieds de Madelaine.

Ah ! quel bonheur inattendu !..

Mais cette fortune brillante...

HADELAi!(E , le relevant.

C'est l'héritage de ma tante.

TOUS

Quel e'yénemeut imprévu !

LB'>0ST1LL0N pE LONJUMEAU.

11 MAKQOIS.

Ce nVn est pas moins un bigame ; Comme tel il sera pendu !

MADRLAiHB, riant.

ffon... épouser deux fois la même femme... Ce crime-là n'est pas prévu.

(Z/* marquis furieux sort par ie/ond, suivi des soldats et de l'exempt. ) MADiLAiRB , à son mori.

Près de ta Madelaine, Maintenant plus de peine...

SlINT-rHlK.

Ah ! pour nous quel beau jour !

Sojuns tout à Tamour.

HADBLAINB.

Rf prise de tair de la ronde du premier acte. ) PIui d'abandon, d^amour folâtre...

SAIRT-PRAK.

Ah I j« t*cn donne ici ma foi.

MABELAIRI.

Tu me quittas poiir le théâtre...

SAlMT-PIIAIt.

Et je veux le quitter pour toi.

aAIRT-PRAR , MADBLAINB, ALCINDOK.

Puisqu'un double hymen I , > rassemble,

Aimons-nous en bon villageois , Et gaîmeitt re'ptitons cnsc-uible Nos joyeux refrains d'autrefois :

Oh! on ! oh ! oh \ qu'il ctait beau Le postillon du Lonjumeau !...

CHOEUR

Qu'il e'tait beau Le postillon de Lonjumeau !

riR DU TROISIBMI BT SBAKini ACTB.

Fitr.

mPKIMEaiE DE V* OONDET-DUPRÉ, RU£ SATNT-J.0CI5, V" 46; AU MABAII«

Page 1