MADELAINE , SAINT-PHAR
(Macielaine entre par la porte de gauclie Ju public, prend 15s deux, flambeaux qui sont sur la laLle, arrive jusque sur le devant du trou du souffleur, et dit :)
Monsieur le marie , ma maîtiesse m'a dit de vous dire...
SAiNT-PHAR, recluint de deux pas et avec le plus grand ej^roi. Madelaiiie !
MADELAINE , laissant tomber les deux flambeausc, qui s'éteigneitl. Cluipelou !
(Nuit très-obscure.)
( Criant très-ftirl. ) C'est donc toi qui es le marié !.. Tas content de planter là ta piomièie fcuime , t'en épouses une autre !
SAiNT-PHAR , d^uu tuti Suppliant , et cherchant, à ta tons , iMadeloine, qu'il ne trou^'e qn'au bout d'nn moment ^ Voyons, Madelaine , ne ciie pas... je vais t'expliqucr...
HKT>t.hknATi., /liguant de pleurer. Qui m'aurait dit , etc., etc.
(Aux mots : « Taime mieux que tu sois pendu, et tu le seras, » Madelaine remonte la scène, marchant sur la
S ointe du pied en retenant son souille, traverse par errière Cbapelou, et vu gagmr le laulcuil de droite pendant que son mari lui adresse toujours la parole à gauche. Ce n'est que lorsque P.hulelaine dit : « Tu veux encore te g-aiisser de /. oi, » que Chapelou, entendant la voix de sa lenimede laulre côte, court à elle, touîouVs en voulant la calmer.)
a MADELAINE. C'est pas vrai... tu i'a dores... ah! ab!
1 SKiyr-pnkv,, prenant 3lodela:nepar les bras et lafiiisaiU asseair dans le fauteuil. CA\\x\.\ diiit!
MADELAINE , SC de/cndan/ et dui.nant dtS tapes sur les mains de Saint-Phur, en criant. Ne me touche pas, ne me touclie pas... Veux-tu bien me lâcher, monstre?..
SAiNT-i'iiAR , se niellant à genoux contre Le fauteuil et n'osant tuiu her Iiladelai.te, qui se leie doiicimenl , remonte la scène de droite à gauche et i-a gagner la porte par oii elli- est enttre d'abord. Voyons, Madelaine , calme-toi ; je te jure que demain y; rcloiiine .'i Lonjumeau, avec Ijiju .. Tu ne sais pas?.. Bijn est ici , ce pauvre Biju' nous avons souvent parlé de toi avec lui... Nous uiangmons de la soupe aux choux... tu la fais si bien la bouj)e aux choux!... n'est-ce pas, tu ne veux pas que je sois pendu?..
i m"*' de LATOun , d'une voix tri's-douce. Quel est doue ce bruit?., on se <lis[iule ici.
2 SAiNT-viiAR, se releviiit et faisant toujours signe à Aludeiaine , quil ooit ij sa gauclia , de se taire. L'autre à présent ! je vouilrais être à cent pieds sous terre !..
M'"' DE LATOUR. Pas dc lumière!.. Est-ce vous, Saint-Phar?
SAiNT-PHAR , même jeu. Je... je... je... crois ^e... oui...
madelaine. N'étes-vous pas a^'ec quelqu'un ?
SAINT-PHAR. Tais-toi, tais-toi... ( yillant à il/"": de ta Tour. ) Madame , donnez-moi donc votre main...
(Pendant ce temps, madame de Latour a remonté la scène comme la première loii et gagne le fauteuil.)
3 MADELAINE. C'cst luo! . . . Je Tons retrouvé et jo ne le quittons plus.
(A peine a-t-elle dit ces mois, qu'elle se hitr de reprendre le no 1, tandis que Suinl-Pliar, aux paroles de Madelaine, s empresse de venir à elle pour la calmer.)
2 SAINT-PHAR. Tais-loi donc , mais tais-toi donc, je t'en supplie...
I M"»" DE LATOUR. C'cst ma nouvelle domestique... Que faites-vous ici, Madelaine?.. (Saint-r- J'harfait si^ne à Madelaine de se taire Elle passe par-devant Saint-Phar pour aller trouver Madelaine. ) Mais répondez donc , Madelaine... Madelaine, où êtes vous donc ?..
SAiNT-PHAR. Madame , je vous en supplie... (Madame de Latour passe par-devant Saint-Phar, qui ne peut l'empêcher.)
I SAINT-PHAR , n M->' DE LA TOUR , 3 MADE- LAINE.
madelaine , pleurant. C'est moi , j' Tons retrouve , je ne le quittons plus et je ne veux pas qu'il reste ici. > ■*
M"'' DE latour. Et pourquoi cela , Madelaine ?
madelaine, criant. Parce que je suis sa femme ausM... 1 ancienne, je suis la première inscrite. . j ai mon contrat dans la poche...
Bi'"- DE LA Touit , fer^nanl de se trouver mal. Ciel!! !est-il possible!..
SAi.vT-riiAU, avec explosion. Allons, voilà que ça va commencer...
DUO
(Chaque fois que Madelaine prend la voix de madame de t.alour, elle remonte un peu la scène, et redescend quand elle conlref.u la vo.k de Madelaine, comme » les personnages étaient ainsi places.)
SAINT-PHAB.
Mme DE LA TOUR.
(Fauteuil.)
MADELAINE
A ma douleur, etc., etc.
A ces mots : ., C'est un infâme, croyez-moi,. Madelaine traverse par-devant Chapelou, qu'elle touche exprèrafia
t-rf^'^'llllT î'"-" P"^'l'^<^'»<^"t lu'il à Madelaiae à sa droite et Mme je Latour à sa gauche/
Après le duo, pendant la ritournelle qui précède les trois coups frappes en dehors par la garde, MaJelaine gagné la d.o.te en remontant la scène comme les deux première, fois, et dit en imitant la voix de M- de Latour .-^c^ie» 6aint-Phar, adieu pour la -vie'.... ^"-^eu,
vSlZKTf^ '' T"""'" ''"'°° appartement, oùSaint- I^harlasuita Latons; alors, reprenant lavoix de Madelaine e saisissant haint-Phar au collet, elle lu. dit en le conduisant vers le fauteuil de droite : ) Tu n'iras pas !.. "« n iras pas... je tarretons au nom de la loi !...
(Les portes du fond s'ouvrent, des domestiques apportent des girandoles qu'ils placent sur la chemine-e de gauche. ^Grandjonr.) La garde entre, etc., etc.)
L'AMByVSSADRICE ,
OPÉruV-COMlQUE EN TROIS ACTES,
Paroles ^c MM. Scribe et ^e Samt-OSearcjcs ,
MUSIQUE DE M. AUBER
REPRÉSENTÉ POUa LA PKEMlÈUE FOIS, A PARIS, SIJK LE THEATRE DE l'oPÉRA-COMK^CE,