SCÈNE II
CATARl?fA, seule, entrant el écoutant iés i:bants qui meurent dans le lointain.
AIR
Le gondolier, dans sa pauvre nacelle, Retourne aux toits où le bonheur l'attend. La cloche sainte à l'église l'appelle.
Il va prier, il va dormir content.
Ah 1 sous vos loits hospitaliers
Priez pour moi, bons gondoliers.
Pour moi , qui n'ai plus d'espérance , Plus de bonheur et plus d'amour, Rêves heureux de mon enfance, Vous avez fui comme un beau jour !
Ah ! sous vos toits hospitaliers, Priez pour moi, botls gondoliers.
( Avec désespoir. ) Et je perdrais mon bien suprême !
Et je perdrais celui que j'aime !
Je supporterais un tel sort ! ~ Ahl quand je vois ma destinée Au malheur ici condamnée.
Que me reste-t-il ?... la mort.
(Elle fait quelques pas vers la ereisée doneafit sur le canal , puis s'arrête toul-à-eoup. ) A ma douleur extrême, Seigneur, pardonnez ce blasphème.
Mais, par pitié pour tant de maux.
Retirez-moi des jours dësortiiais sans repiis... Cherchons eucor dans la prière A calmer ma douleur amère, Et que mon cœur quitte la terre Pour demander au roi des cieux , bans l'oubli, dans le calme, un refuge pieiiX. ( Elle va lentement s'agenouiller sur le prie-dieu , ouvre uu livre d'heures , et s'écrie : j
Que vois-je, ô ciel ! dans ce saint livre , Un billet !... un écrit !... de Gérard !... Dans quel but? Au courage, à l'espoir, je renais, je me livre. Là, mon bonheur, ma perte ou mon salui! ( Lisant. ) « Lorsque vous entendrez au loin sur la lagune » Chanter un gondolier à l'heure de minuit ,
» Pas de terreur, pas de crainte importune , » Ouvrez votre balcon doucement et sans bruit : » Je viendrai vous ravir à l'horrible infortune » Qui sépare deux cœurs que Dieu lui-même unit ! » Avec transport. ) Moi frémir ! moi trembler !
Quaad la voix de Gérard à lui va m'appe 1er ? Gérard, la fille de Venise Est fidèle à la foi promise ; Elle sait attendre et souiïrir, Elle sait aimer... et mourir!
CÀBALETTA.
Je vais le voir, lui mon bien , lui ma vie. De transport, de surprise, ah ! mon âme est ravJ€. Mon Dieu, soyez béni. Vous permettez qu'ici
LA REINE DE CHYPRE
Sa voix rende à mon cœur Le calme et le bonheur.
Cette douce espérance Apaise ma souffrance :
En ce moment heureux S'ouvrent pour moi les cieux !
(Écoulant.) N'entends-je pas, sur la vague tranquille, Glisser rapidement une barque docile?. . Est-ce l'instant qui va changer mon sort? .. Non, non... tout est calme... tout don !
Mon Dieu ! veillez sur lui :
Vous permettez qu'ici Sa voix rende à mon cœur Le calme et le bonheur.
Cette douce espérance Apaise ma souffrance :
En ce moment heureux S'ouvrent pour moi les cieux.