SCÈNE III
CATARIjNA, aisdréa.
CATARINA, jetant un cri en apercevant Andréa.
Grand Dieu !
ANDRÉA, avec bonté.
Dans ta souffrance, ah ! ne m'accuse pas. Pauvre enfant ! d'un amour boni par moi d'avance , Aurais-je pu, sans regrets, sans combats ; En un jour, briser l'espérance?
Mais Venise ordonnait, et dés qu'elle a parlé Tu sais, Catarina , jusqu'où va sa puissance, Tu sais si rien jamais arrête sa vengeance ; Pour toi seule , hélas ! j'ai tremblé!
CATARINA
Dieu , qui lit dans les cœurs , vous jugera. .
ANDRÉA
J'y compte , Et devant lui je paraîtrai sans honte ! Mais tu ne connnais pasencor tout ton malheur! C'est peu de t'arracher l'époux c'uer à ton cœur, On t'en destine un autre...
CATARINA
Un autre?...
ANDRÉA
Et si la gloire Peut d'un amour naissant étouffer la mémoire. On t'offre au moins un rang, un nom digne de toi : Demain Catarina sera femme d'un roi !
CATARINA
Jamais!...
ANDRÉA
Ecoute-moi !...
CATARINA, avec énergie. >
Catarina méprise Ainsi que les rigueurfrles^'présents de Venis^ Par la force , on a pu'lûi tavir un époux... Mais sa main ne dépend du conseil^ ni de vous !
ANDREA
Ah ! si pour affi onler le courroux de Venise , J'avais dû n'exposer que moi ! %^
J'aurais , sous le poignard , tenu la foi promise Mais périr, sans sauver ni ton amant, ni toi!
CATARINA, avec teneur.
Gérard!... quodiies-vous?.., pour lui, qu'aurais-je h
[craindre?
ANDRÉA
Ce conseil, dont lu crois pouvoir braver les coups, Jusque dans ton amour il saura bien l'atteindre.
CATAilINA, avec terreur.
Gérard!... ^'
ANDRÉA, d'un ton solennel.
Tu m'as compris... Que Dieu veille sur vous !
(il sort.)