‹ Recueil d'opérasChapitre 87 sur 1141 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

FORTUNATUS, entrant.

fouti-natcs , sans voir Bl^' Bdaith.

AIR

Clie c:ucsto que mon destin est beau î Oun director comme moi Est un sultau , est un petit roi

Qui soumet tout à sa loi.

l;ravo son conlenlo!

Richesse , lionor, Yoilîi le sort

D'un adroit director.

Plus d'un seif;neur, plus d'une altesse, En raclictle clic/, moi viendra Afin de placer sa maîtresse Dans les nymphes de TOpera.

Tel ambassadeur m'est piopicc , Tel autre me prône toujours, AGn d'avoir dans la coulisse Accès auprès de ses amours.

Là, c'est une mère, une tante, Humble, qui vient se prosterner ; Et Ih, c'est un vrai dilettante Qui vient m'inviter à dîner; Pour débuter, beauté novice Vient chez moi; quels doux attributs !

C'est toujours h mon bénéfice Que se font les premiers débuts.

Che puesto, que mon destin est beau!

Oun director, etc., etc.

Il n'est point de chance fâcheuse Pour les habiles direclors.

Signor, la première chanteuse, A sa migraine et ses vapors :

\itc j'achète un cachemire, Ou d'un diamant je fais choix , Aussitôt la migraine expire, Armide a retrouve' sa voix.

Chaque matin , chez moi j'ordonne Les bravos , les vers et les bis , Et même jusqu'il la couronne Qui doit tomber du paradis.

J"cntourc de mes soins fidèles

Les amateurs influons, Et toutes mes pièces sont belles, Tous mes acteurs sont excellens, Che gaesto, que mon destin est beau! etc.

SCEINE V.

M-« BARNEK, FORTUNATUS.

»!"'« BARNEK , entrant après l'air. Pardon , monsieur, de vous avoir fait attendre si long-temps , je ne pouvais pas trouver cet engagement, (yi />ar/.)ll était dans mon carton à bonnets.

rORTL.x ATLS, // ^Z""" Barnek. Bonjour, ma zère madame Barnek... connnentva votre charmante nièce?..

M"'' BARNEK. Très-bicn , monsieur Fortunatus, nous sommes même très en voix ce matin.

FORTUNATUS. Tant mieux'., car nous zouons ce soir noire opéra nouveau , le Sultan IMizapouf !... si Dieu et les rhumes de cerveau le permettent !

M""' RARNEK. Vous donnez donc tous les jours des nouveautés?

rORTUNATUS. Il le faut bien , nous ne sommes point ici à Munich , comme à Paris! où le public italien il est toujours content et crie bravo avant que la toile se lève; mais ici... les Allemands sont éton-

L AMriAvSADniCF.

iians... ils ii'aiinont pas qu'on se mociue «l'eiix ! et si ze ne leur iloniiais pas ce soir le Sultan iMizapouf, (pi'ils alleiulontdepuis un mois., ils nie zettei aient les conlrobasscs à la tête.

M""'b.vrm:i\.. IMais cela pourra bien vous arriver... car on dit qne lîénédict ne peut pas parler. •

FOmUNATLS. Bah ! le zèle, il n'est zaniais enriiounié. Ze viens de le voir, ce cher and, il était chez lui... à dézeuner avec dos côtelettes et une bouteille de Bordeaux... Z'ai zetc la bouteille parla fenêtre etze loui ai fait prendre devant moi deux verres de tizane.

M""' BAIWEK, riant à pnrl. Pauvre garçon , lui qui se porte à merveille !

FORTUXATUS. Il m'a même promis de venir ici répéter son duo avec votre zère nièce , mia diva , mia carissima prima dona...

M""' BAR\EK. Certainement , ma nièce est tout ça, comme vous dites... elle est même déjà très célébrai mais voilà sou engagement qui expire... heureusement pour nous... Deux mille florins !... et nous déclarons que nous en voulons huit mille

ou nous allons chanter ailleurs...

roRTUNATUS. Cette bonne madame Barnek , elle a la tête vive... elle veut me quitter... moi , son ancien ami... car ze souis un ancien ami... vi l'avez oublié, ingrate que vous êtes !..

M^" BARMîK. Il ne s'agit pas de ça, mais de l'engagement de ma nièce ; il nous faut huit mille florins.

FOUTU.\ATUS , aoec terreur. Huit mille florins !.. allons, allons, ma zère amie, pas d'exagération... il nes'agitpasici de folie... ce sont des aflaires qu'il faut traiter de sang-froid et avec raison...

M'"^ BAUNEK. Eh bieni monsieur, huit mille florins, c'est raisonnable.

FOBTUNATUS. IMais sonzez donc qu'elle ne savait pas chanter quand ze l'ai engagée!., c'est moi qui loui ai fait acquérir son talent... à ce compte- là, c'est elle qui me devrait quelque chose... mais ze souis zénéreux !.. ze ne réclame rien.

]«■"« BARNER. Huit mille florins !... c'est notre dernier mot , ou nous ne chantons pas ce soir !

FORTUXATUS. Allons, allons , ne nous fâchons pas... je me résigne. {A fart.) Elle est insupportable!., on devrait bien, dans les arts, supprimer les mères. . . et les tantes I

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