‹ Recueil d'opérasChapitre 874 sur 1141 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ISABELLE, MARGUEBITE.

ISABELLE , voyant la reine.

Ah ! la voici !

MARGUERITE

Mauvaises nouvelles. J'ai dit au roi que vous demandiez du temps, que vous vouliez éprouver la constance de Comminye; enfin j'ai fait tous mes petits mensonges le plus adroitement du monde ; pe'ché fort inutile, peine perdue ; le roi s'est fâché, j'ai pris de l'hunieur, et je suis sortie en déclarant que je ne paraîtrais pas au bal.

ISABELLE

Je vous l'ai dit, madame, il y va de mes jours. Depuis que j'ai revu celui qui partagea mes premiers jeux, celui qui j'aime avec tendresse, et que mon père appelait son tils...

MARGUERITE

Parlez bas! et sur-tout laissons le désespoir. Il n'est bon à rien dans ce pays. La ruse, mon enfant!-.. Oh ! la ruse ! à la bonne heure. Fiezvous à la mienne; je suis une échappée de Florence.

ISABELLE

Eh quoi! vous croyez donc qu'il existe un <«oyen?

MARGUERITE

Un seul , mais infaillible

ISABELLE

Et lequel ?

MARGUERITE

Et vraiment, votre fuite avec l'ami de votre enfance.

ISABELLE

Ciel!... moi , héritière d'un nom sans tache, reste d'une famille dont je dois conserver l'hon neur!... moi, partir seule avec lui !... Je l'aimr trop , madame !

MARIIUERITE, souriant.

Voilà une raison merveilleuse! Je ne savais pas qu'il faillit délester les ffcns pour voyager avec eux..- Et cependant j'approuve votre sagesse ; car, en affaire de cœur, je raisonne à merveille, moi, quand il s'agit du cœur des autres. Allons! il faut dune que je vous marie secrètement, en dépit du roi et de lii jalousie du terrible Comminge ! II faut que nous trouvions quelque chapelle bien obscure, bien retirée... Mais je n'y songe pas! vous êtes une entêtée huguenote, et la vue d'une églis^vons ferait tomber en syncope.

ISABELLE, vivement.

Moi!... Et qu'importent le temple et le ministre à qui veut chérir et garder son serinent ! Dieu nous entend par-tout.

MARGUERITE, gaîmenl.

Oh! comme l'amour nous rend tolérants! On devrait bien charger le dieu malin de mettre d'accord Rome et Genève. Allons donc, et suivons la bannière de ce maître du monde ! J'ai déjà réfléchi ; la conspiration s'arrange dans ma tête; j'attends un conjuré que j'ai fail avertir.

CANTARELLI , en dehors.

C'est ca ! c'est! ça! Trémoussez-vous toujours pour vous tenir en haleine.

MARGUERITE, à Isabelle.

Tenez, l'entendez-vous?

ISABELLE

Quoi! cet Italien!

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