‹ Recueil d'opérasChapitre 910 sur 1141 · COMPLAINTE · texte numérisé non relu

COMPLAINTE

D'nnc hante naissance , Belle comme à seize ans, Alice, dans Florence , Cliannait luiisles amants.

A seize ans , comment fait°e Pour défendre son cœur?

Un seul parvint à lai plaire, El c'était lin tronipcnr!

(Se tournant vers la statue.) (Prière.) D'un pareil maléHce, Sainte Alice !

Préservez- nous.

Nous prierons Dieu pour vou$ !

Flatlaul sa conHance, Le traître, avant l'iiymeii , Lui ravit l'innocence , Et disparait soudain.

// reviendra, dit-elle...

Mais , ô funeste erreur !

Jamais près de sa belle Ne revint le trompeur!

( Prière. ) D'un pareil maléfice , Sainte Alice !

Préservez-nous , Nous prierons Dieu pour vous !

ALPHONSE , parlant.

Eh bien! qu'est-elle devenue? continuez, de grâce...

CAMILLE

Hélas ! sur ce rivage , Alice vint mourir...

(Montrant la statue.)

Et cette froide image Semble toujours gémir!

Quand , la nuit , on l'assure , Le vent gronde en fureur , Ce marbre encor nnirinure Et nomme le trompeur !...

( Prière. ) Ah ! soyez-nous propice.

Sainte Alice !

Veillez sur nous , Nous prierons Dieu pour vous î

ALPHONSE

C'est bien elle !

CAMILLE, remarquant son trouble.

Comme ce récit vous a ému !

Vous n'en serez pas surprise, quand vous saurez que ce séducteur, qui a causé la mort delà pauvre Alice... c'était mon frère!

CAMILLE

Votre frère!...

ALPHONSE

Oui; ce comte deMonza,dontje vous ai par lé quelquefois, et qui a rempli l'Italie du bruit de ses désordres. Plus jeune que lui, élevé loiu de Florence, je n'ai pu le connaître; je crois même que ses traits n'ont jamais frappé mes regards ; mais je n'ai point oublié queje lui dois mes malheurs ! Liéavecde jeunesdébauchésqui faisaient gloire de porter le déshonneur dans toutes les familles, ne connaissant aucun frein , il dissipa les biens de mon père , força ce noble vieillard de chercher une autre patrie , de quitter un nom que l'indignation générale poursuivait, et termina, dit-on, son sort en Espagne, dans les prisons de l'inquisition! Jugez si la vue de cette statue a dti me troubler

CAMILLE

Eh! pourquoi?. ..Ne craignez-vous pas qu'elle venge sur vous les crimes de votre frère!

ALPliONSE, souriant.

Non ; mais, dussiez-vous rire de ma faiblesse, j'avoue que l'idée d'habiter ce château me cause quelque émotion.

CAMILLE, regardant la statue.

Et moi, je suis sùre,au contraire, qu'Alice nous protégera... elle n'en veut qu'aux amants parjures, et j'espère bien, monsieur, que vous n'aurez tien à en redouter?

ALPHONSE, vivement.

Ah! jamais ! (Se remettant.) Vous avez raison, Camille ; le bonheur qui m'attend doit dissiper ces tristes souvenirs, et je ne veux plus songer qu'à mon amour.

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