SCÈNE IV
rj'lTA , sortant du château; DAÎNIEL, du coté opposé.
P.1TTA , à elle-même.
Je n'y conçois rien ! un autre mariage ! le père qui prolonge son absence ; l'amant ijui ne paraît plus; et ma maîtresse qui ne veut rien dire!... ah! je ne peux pas vivre comme cela ! 11 faut que je sache quel est ce nouvel époux ; |irut-élrc qu'en faisant causer ses gens...
ZAMPA
iSjèJs
DAMEL , à part.
Diable de statue ! ( Il se retourne et aperçoit liilta. ) Ah! mon Dieu! la voilà encore !,.. Non... c'est une femme. Je ne peux pins voir une robe sans trembler de la tête aux pieds.
mXTA , de loin et à part.
En voici un!... comment entamer la conversation?... (Feignant de tousser. ) Ilem ! hem ! DANIEL , la regardant avec plaisir.
Tournure honnête et modeste! ce seiait vraiment dommage que la pauvre créature tombât entre les mains d'un de ces misérables... ( Il s'approche un peu. ) PiITTA, le regardant du coin de l'ieil. Il y vient!
DAMEL, souriant , et regardant si personne ne le voit. Si je lui offrais mes services ? Au fait , je suis veuf, ou à-peu-près... et personne ne me voit.
(Allant sur la pointe des pieds et lui prenant la taille. )
Aimable Sicilienne !
(Ils se regardent et restent confondus. )
DUO
BITTA.
Juste ciel!
DANIEL
Ab ! grand Dieu !
RITTA
Qu'.ii-je vu?
DAMEL , à part.
C'est ma fcinnie !
niTTA.
Quel bonheur !
DAMEL, à part.
Par Notre-Danie !
C'est avoir du malheur !
P.rrTA, courant à lui.
C'est toi , c'est toi
Que je revoi !
Mou bon DaniL-l , viens dune ici :
Oui , c'est l.ieu toi , Dieu soit béni !
Mon pauvre ami ,
Mon cher mari , Que j'ai pleuré , que j'ai cru mort ! Mais parle donc... quel est Ion sort?
Qu'as-tu fait? Ques-lu devenu ?
ts-tu bien riche? D'où viens-tu ?
Tu ne dis rien !
DANIEL, à part.
Teuons-nous bien , Sa langue nous perdrait.
niTTA.
Es-tu donc devenu muet?
Je suis Ritla...
DAMEL, jouant l'étonnement.
Ritta !... qu'est-ce que c'est Que voulez-vous , ma bonne femme ?
RITTA, interdite.
I5onne femme !
Ah ! sur mon :nne , Ce u'esl pas lui ; Car jaiuai.-i mon mari
Ne m'a dit : Bonne îciuinel...
Ce n'est p;is lui !
F.NSEMBLE.
lilTTA , à part.
Cet or, ces i;alii(s... tout m'étonne , Ce n'est pas lui , ce n'est pas lui ! Pourtant cette mine friponne Est bien celle de mon mari.
DANIEL, .H part. Cet or, ces habits... tout l'élonne; Elle se trouble , Dieu merci !
Tenons-nous bien , car la friponne Adore encore son mari.
DANIEL , souriant.
Et ce mari ?
RITTA, à part.
Jusqu'à sa voix ! si c'était lui !. . (Haut.)
Il est parti , Mais près de moi Quand je vous voi , Je i roirais presque que... c'est toi !
DANIEL, offensé.
Hein?
RITTA, se reprenant.
Non...
DANIEL
Ma chère.
Vous me semlilez bien familière !
lUTTA.
Pardon , pardon.
DANIEL
Je lui ressenihle doue?
RITTA
(Soupirant.) Etonnamment! Pauvre garçon
DANIEX, se rengorgeant.
Diahle ! t'était un honune aimable !
RITTA
Ah I monsieur... si bon ! tant d'esprit ' D'une humeur toujours agréable...
DANIEL, flatté. Vraiment?
RITTA, à part.
11 soiuit I (Haut.)
Parfois peut-être un peu colère...
DVNIEL.
Plaît-il ?
RITTA
Taquin, ))rutal...
DANIEL, fronçant le sourcil.
Cotunipnt ?
RITTA
Mais ça ne durait qu'un nioracnt.
DANIEL , souriant.
Ah!
RITTA
."^on I ararli'rc
ACTK II, SCÈINK IV
Kt;iil cliariiiaiit...
(Avec mi pcsie. )
Quand il n'était pas trop frappant.