SCENE XII
HENRIETTE, seule.
Qu'estce que cela signifie? (Lisant.)
<t Madame, depuis qu'Henriette m'a banni » de sa présence et m'a défendu de la re- » voir, je sens que je ne puis vivre sans >» elle; un seul moyen me reste de ne la » quitter jamais., elle eût acc/3pté la main
» du pauvre artiste refusera- t- elle
» celle du grand seigneur? » O mon Dieu! M Je connais d'avance les reproches du » monde et de ma famille, et je les brave. >• Mon souverain pourrait seul s'opposer » à ce mariage... j'espère bien le flécliir, » mais s'il me refusait son consentement.. » je n'hésiterais point entre la faveur du » prince et le bonheur de ma vie..» (Parlant.) Quel sacrifice! v D'ici là cependant, >■ que ce projet soit secret. J'exige de plus ') qu'Henriette ne signe aucun nouvel en- » {{agement... qu'elle quitte sur-le-champ » le théâtre... et pour le reste... venez » me trouver... je vous attends.
Le duc de Valberg. »
RÉCIT.VTIF.
Dieu ! cjue vicns-jc de lire... en croirai-je mes yeux? A inoi!.. moi, pauvre artiste, un sort si glorieux ! CANTABII-E, Jusqu'il lui sonauiour lu'clève ! Au premier rang je vais briller. '.
LE MAGASIN THEAtHAL.
C'est un prestige... c'est un icvc, Je crains ciicoïc de iircveillcr !..
[lici^anhint la lettre.) Mais non... voici les mots tiacc's [lar sa tendresse!!! Etre sa femme ! être dncliesse !..
Dncliesse !.. une prima donna !
Quel triomphe pour Topera !
Jusqu'à lui son amour m'élève, Au premier rang je vais briller, Ali ! si mon bonlieur est un rêve.
Amour ! ne viens pas m'eveiller!
CAVATINE
[Gfiunent.) J'aurai des litres, des livrées, A la cour j'aurai mes entrées, J'auiai ma loge à i'Opeia, Où de loin on me lorgnera!
Des diamans, un ctpiipage; Lt la foule, sur mon passage, En m'apercevant s'écriera :
« Voilà notie prima donna !!! »
Puis l'on dira : Dieu ! quel dommage!
N'entendre pluscette voix-là!
Ils ont raison, c'est grand dommage, De renoncer à tant d'éclat !
C'est qu'il était beau mon état!