SCÈNE III
ACHAB, SÊDÉCIAS , arrivant sans voir Achab. qui fait sa ronde pour observer les lieux.
SEDECIAS, se retournant.
Je n'ai point par bonheur, ce soir, perdu mes pas. Achab est au palais ; il ne reviendra pas!.. J'ai couru, par ma foi pendant une heure entière. Quand l'amour nous soutient , quel chemin on peut Achab prie, à genoux, Nabuchodonosor, (faire! Et moi , comme un avare, auprès de son trésor...
Ce tour-là vaut de l'or!
Je crois la ruse bonne.
Au plus flatteur espoir,
Mon ame s'abandonne.
Enfin, enfin, j'aurai ce doux trésor.
TOUS DEUX, à part.
Mais, observons... prenons bien garde...
<#» Voyons si nul ne m« regarde. . .
&CH AB , (le loin , l'aperceTant, et à puL
Adonaï,.. qu'ai-je donc vu?
SËDÉCIAS, de loin , reculant de tuipriiC, et à pari.
Par Moïse ! qu'ai-jc aperçu !
(Il «a se cacher,) ACUAB, regardant du coin deTœil, et de loin.
Sédécias!.. c'est sa tournure.
SËOÉCIAS, de même.
Du vieil Acliab, c'est la figure!
(ll»sc regardent de loin en se tournantledos.) ACUAB,
A'oilà bien, plus de doute, Ses longs bras amaigris...
SÉDÉCIAS
Voilà bien, plus de doute.
Ses yeux ternes et gris !
ACHAB
Son vieux dos qui se voûte!
SÉDÉCIAS
Son regard de souris !
ACHAB
Et ses longs cheveux gris!
SÉDÉCIAS
Et ses traits rabougris.
TOLS DEUX.
J'enrage!..
O rage!..
O vieux démoniaque.
Nous sommes donc rivaux.
Il m'enlace, il me traque!..
Vraiment, du Zodiaque, On dirait les gémeaux !..
Quoi , vous ici !
SÉDÉCIAS
Et vous aussi !
ACUAB.
Et vous aussi.
SÉDÉCIAS
Quand au palais...
ACHAB
Je vous croyais.
TOUS DEDX.
Ah ! c'est affreux!
Car, en ces lieux , Nul curieux Ne doit porter ni ses pas ni ses yeui£.
ACHAB
Moi, j'y venais pour vous surprendre!
SÉDÉCIAS
Moi . i'y venais... pour vous attendre!
TOrS DEUX.
Ah! vous mentez?
TOUS DEUX
Vieillard proiaue !
TOUS DEUX
Si tu venais,
TOUS DEUX
C'est pour Suzanne!
0 rage!
J'euragel