ACTE II. SCENE V
LES DEUX VIEILLARDS
Silence! taisez-vous!
SUZANNE , qui clierckc à fuir.
Que voulez-vous?.. Que voulez-vous?
LES DEUX VIEILLARDS
Ne fuyez pas! ne fuyez pas 1
SUZAxNNE.
N'approchez pas , n'approchez pas !
LES DEUX VIEILLARDS
Quel teint! quels yeux! quel corps! quels brasl
SUZANNE
Vous m'effrayez !
LES DEUX VIEILLARDS
Ne tremblez pas.
Quand mon œil te dévore, Oh! Suzanne, j implore.
Un seul regard encore !
De grâce, écoute nous...
SÉDÉCIAS
Ne me fuis pas ! Je t'aime !
SUZANNE, reculant d'un pas.
Vous!..
ACHAB
Moi , je t'adore !
SUZANNE, plus surprise.
Vous!..
SÉDÉCIAS
Et je t'implore !
SUZANNE , avec un étonnement d'indignation.
Vous!...
LES DEUX VIEILLARDS
Tous les deux... oui, nous, nous !
SUZANNE
Oh ! non, dites que non... c'est une épreuve horrible, N'est-il pas vrai ?
ENSEMBLE
SUZAîiNE.
Vieillards, ma voix vous prie.
Mes pleurs vous toucheront , A l'honneur de ma vie, Epargnez cet affront.
DANIEL, à part.
Si chaste , elle supplie, La pudeur sur le front, Son honneur, c'est sa vie.
Ses pleurs les toucheront.
LES DEUX VIEILLARDS
En vain ta voix nous prie , Tous deux nous t'adorons ; Ton honneur ou ta vie , Aujourd'hui nous l'aurons.
(Daniel s'éloigne parle fond, ctpassesur lepontde gaucbe àdr, évitant d'être vu par les vieillards.) LES DEUX VIEILLARDS, menaçant.
Cède à nos vœux , ou nous t'accuserons ; Et ton honneur, nous le perdrons.
SUSANNE, dignement.
Vos menaces, ici , n'ont rien qui m'épouvante. Là-haut, Dieu le saura, Suzanne est innocente... Vous so 'aillez ce palais par votre souffle impur...
SÉD't:CIAS, se faisant ïiolance.
Il est trop tard, crois-moi, céder est le
SÉDÉCI.\S.
Et quand ma voix t'implore, e^ A gcnouN je t'implore...