‹ Recueil de chansons et poésies fugitivesChapitre 15 sur 60 · LES QUATRE CABARETS · texte numérisé non relu

LES QUATRE CABARETS

Air r Pégase est un cheval qui porte, ou : J'ai vu le Parnasse des dames.

Quatre cabarets dans ce monde S'offrent aux voyageurs errans, Et dans chacun la foule abonde, Maigre' leurs genres diffe'rens ; Car aussitôt que de la vie L'homme a recueilli le bienfait, Le sein d'une mère chérie, \oilk son premier cabaret.

Tandis que la tendresse veille Et tremble au moindre de sesciïs, Il badine avec sa bouteille , Sans en connaître tout le pris ;

(5o) Mais dès que son âme innocente D'amour devine le secret , Du plaisir la coupe enivrante Devient son second cabaret.

De Venus et de la folie Longtems il va grossir la cour , Et pa'se une joyeuse vie Entre le plaisir et l'amour ; Mais quand Venus , fermant l'oreille , Laisse tous ses vœux sans effet, Le temple du dieu de la treille Est son troisième cabaret.

Enfin , appesanti par l'âge , Pour guide avant choisi Baccbus , Vers le terme de son voyage Il marche appuvé sur Cornus ; Mais , à l'aspect de Tonde noire , 11 a beau dire avec regret :

« Mes amis , je ne veux plus boire ! ♦ C'est la son dernier cabaret.

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