LES AVENTURES D'UN TAMBOUR
Air : J'ons un curé patriote.
Tout petit , clans not' village , J'faisais l'cliable jour et nuit; 3\ot' curé disait : « Je gage « Que c'marmot-là Fra du bruit. »
Et, chef d'un p'lit régiment , Partout on mVoyait trimant,
R'ian tan plan , (ter.)
Tambour battant (ter. )
« Ab ! mon Dieu , disait ma mère , « Pour avoir d'pareils enfans , « Ça n'est pas la peiu' d'en faire ; (t C'est perd' ses pas et son tcms. »
Mais d'ia maison m'esquivant , J'allais toujours en avant, R'ian tan plan, etc.
A quinze ans d'vant zun' fillette Dev'nant tout je n'sais comment , J'senfais mon cœur , sans baguette, Batt1 la charge à tout moment , Et cle p fit devenu grand, J'vous m'nais un tendron friand R'ian tan plan , etc.
Qui se ressemble s'assemble, C'est c'qui l'ait qu'je rluque un jour, Afin d'mieux cadrer ensemble, Une brodeuse au tambour, Et j'comptais ben loyal'inent L'épouser conjugarment, R lan tau plan, etc.
D'vant not' maison logeait Nice , Dont j'brûlais d'être l'époux, L'amour n'avait, par malice, Mis que l'ruisseau zcntre nous:
(53) dieux elle jVois un fendant Entrer d'un air d'pre tendant, R'ian tan plan , etc.
J'aurais casse tout1 les vitres, S'il y en avait zeû chcux nous, Je m'conditionne d trois litres , Et cheux la belle aux jeux doux Je m'en vas ben poliment Li faire un p'tit compliment, R'ian tan plan , etc.
« Au faraud , dis-je , Dieu m'daixme!
« J'frai passer l'goût d'y r'venir , « J'sais comme on frappe un' peau d'âne , « L'coco n'a qu'a ben s'tenir. »
Et sans plus de menag'ment, J'entre à coups d'pied dans l'iog'ment, R'ian tan plan, etc.
Sus d'autres pieds qu'ceux d'ieux chaises , Je trouve mes deux humains , Qui , tant ils e'tiont bien aises !
N'saviont z'où fourrer leux mains ,
{54) El jMis : « Pvois assez elair'ment « Qu'on mène ici F sentiment « ITlan tan plan, etc. »
Pour que personne nMétalc .
.le firme la porte en d'dans , Et Nie1 bat la générale Avec les g'noux et les dents; Puis, d'un gourdin inVscrimant , Sus l'flanc jVous mets Tgarnement, IVlau tan plan , etc.
Après qu'j'ai r'tapé mon drôle, 3e m' dis : « Faut jouer dTescarpin. » Aussitôt v'ià que j'menrôle En qualité de tapin , Et dies le lend'main gaîment J'm'en vas r'joindrc lrégiment, Rlan tan plan, etc.
Mais v'ià que Tjour où j'arrive, En beau brin d'fille niséduit ; On répond za son qui vive?
(55) Et sans façons on la suit; Puis , d'un p'tit air obligeant»
La princess' mèn'mon argent R'ian tan plan, etc.
A la casern\ vailT que vaille , Je ni'rends un peu plus léger :
Le soir on donne un' bataille , J'vole droit zous qu'est Tdanger , Et j'attends ben tranquiH'ment LTn boulet d'canon aÛ'niaud ,
R'ian tan plan ,
Tambour battant
ANECDOTE
Ux jour certain valet gascon,
S'offrit pour entrer en maison ,
Chez un enfant de la Garonne , Qui de jouer sans cesse et ne payer personne.
Dans la ville avait le renom; Après mûr examen : u Je crois à votre zèle, « Dit notre cadëdis ; mais , ici bas , chacun « Cherche ses sûretés, et tout valet fidèle, «Présente un répondant, c'est l'usage commun. ■ — Un répondant ! sandis vous me la donnez belle, « J'allais, monsu : vous en démander un. »