VERS
Lus à la Société des Neuf-Soeurs , le lendemain de la mort de Favart.
O toi qui fis pour nous revivre Anacre'on!
O mortel chéri d'Apollon !
Nouveau demi-dieu du Parnasse , Où tes rares talens avaient marque la place ; ,
Favart, toi qui souvent dans nos cœurs combattus Mis la haine du vice et l1 amour des vertus ; Toi qui sus à ton gre' , par d'invincibles charmes , Commander tour-à-tour ou le rire ou les larmes , O mon maître ! fais grâce à ma témérité ; De mes faibles essais, daigne agréer l'hommage;
D'une musc enfantine excuse le langage, C'est le cœur seul qui Ta dicté, Ou bien , de la voûte éternelle Où déjà tu dois être assis , Laisse tomber une e'tincelle Du feu qui brûle en tes écrits ,
Je la recueillerai pour chanter ta mémoire
Mais que dis-je ?... vœux superflus !
Fava'rt, tu fus toujours au-dessus de ta gloire , Que pourrais-je dire de plus?
Sur ton trépas verser des larmes,
Ah ! ce serait douter de ta félicité : Tu dois sourire a nos alarmes ;
Ta mort n'est qu'un passage à l'immortaîiU