‹ Recueil de chansons et poésies fugitivesChapitre 39 sur 60 · VERS · texte numérisé non relu

VERS

Lus à la Société des Neuf-Soeurs , le lendemain de la mort de Favart.

O toi qui fis pour nous revivre Anacre'on!

O mortel chéri d'Apollon !

Nouveau demi-dieu du Parnasse , Où tes rares talens avaient marque la place ; ,

Favart, toi qui souvent dans nos cœurs combattus Mis la haine du vice et l1 amour des vertus ; Toi qui sus à ton gre' , par d'invincibles charmes , Commander tour-à-tour ou le rire ou les larmes , O mon maître ! fais grâce à ma témérité ; De mes faibles essais, daigne agréer l'hommage;

D'une musc enfantine excuse le langage, C'est le cœur seul qui Ta dicté, Ou bien , de la voûte éternelle Où déjà tu dois être assis , Laisse tomber une e'tincelle Du feu qui brûle en tes écrits ,

Je la recueillerai pour chanter ta mémoire

Mais que dis-je ?... vœux superflus !

Fava'rt, tu fus toujours au-dessus de ta gloire , Que pourrais-je dire de plus?

Sur ton trépas verser des larmes,

Ah ! ce serait douter de ta félicité : Tu dois sourire a nos alarmes ;

Ta mort n'est qu'un passage à l'immortaîiU

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