LE PECHEUR
Un de ces paisibles humains , A bon droit nommes Gobemouches , Qui , nez auvent, lignes en mains, Immobiles comme des souches, Ont souvent, à la fin d'un jour bien chaud, bien long, Fait la capture d'un goujon ; Monsieur Bonin , citadin débonnaire , Non loin du pont royal , avait dans la rivière , Jette cent fois sa ligne sans effet.
La pluie à verse qui tombait Aurait dû le servir en rendant l'eau plus trouble ;
Mais rien n'y fait, et son malheur redouble. A quelques pas plus loin , un autre vieux pécheur , Compagnon de sou infortune ,
Ressentait un vrai crêve-cœur De leur maladresse commune.
« En vérité , c'est fait pour nous !
«Disait-il d'an ton de courroux, « Être un jour entier , là , planté comme un pe « Et sans avoir pris une perche !
« Un poisson blanc , le plus petit goujon ! « N'est-ce pas jouer de guiguou?
« Qu'en pensez-vous , cher voisin , je vous pri< Eh ! parbleu , dit Bonin , en se frappant le 1 « Je vois ce que c'est.... Oui... le poisson, je p « Yû le tems, se sera retiré sous le pont « Pour se garantir de la pluie.
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