HISTORIETTE
Air: J'amve à pied de province.
Manon était ravaudeuse ,
Becquet cordonnier, L'un1 fille d'un' remmailleuse ,
L'aut1 fils d'un sav' tier :
Ca Jeux allait comm1 de cire
D'unir pour jamais Deux tiats qui, Ion peut l'dire3
Se touchent d' si près.
C n'était pas de c' te canaille
Qui s'en va tout d'go , Sans avoir ni sou ni maille ,
Dire Yconjungo :
Pour fair' les chos1 avec grâce ,
L1 futur , drès 1' matin , Avait r' tenu sus la place
L'plus fringant sapin.
\ 'la tout' la famill' dans 1' fiacre ,
Qu'est r'çue 2au portail , Par l'bedeau l' suisse et l' soudiacre
En grand attirad.
On n'avait pas souvenance ,
D' puis un siècle ou deux, D'une aussi superbe alliance
Dans Saint-Pierre-aux-Bœuf* V.
Enfin 1' couple heureux s'ag'noi.iile D' vaut monsieur l'curé ,
Quileux sermoue un' bredouille D'un air pénètre'.
(i) Accieite par&i»se de Pari».
(35) Quand i' d' mande à la future
Voulez-vous ti d'iui ?
« Non , » qu'eil' repond , la parjure;
Quand fallait dire : oui.
Vlà tout qui s' desorganise
A c' mot foudroyant , On s1 bouscule , on sort d' l'église
D'un air larmoyant !
Adieu , tab' si bien servie !
Adieu , rigaudons !...
Du nitiii' coup on congédie
Parens et dindons !
Becquet furieux de c' te niche
S'écri' sus l' coup d' tems :
« Est-ce ainsi qu'un' fille s' ficlie
« D' l'ordre d'ses parens?
« Car, faute d' connaît' vot' père ,
« Vous savez très-ben , « Que c'est mad'moisell' vot' mère
« Qu'a bâclé c' t'bvmcn. a
(»6) ( Pour queu motif donc , parjura,
« Q' vous saignez du ne?
« Dans l'viu , dans la criature
« J1 n'ai jamais donne. »
— C'est , dit-elle , un rabat-joie ;
(c J' sais ben entre nous , « QuVousm'allez comme un bas d'soiej
« Mais je n' veux pas d' vous. »
« Vous vous et' donne' zun' pente
« Au sujet d' ma fleur , « Et j' n'entends pas qu'on plaisante
« Dessus mon honneur ; « Le mien n'est pas un' vétille ,
« Et tout Paris, dà !
« Sait ben que je n'suis pas fille....
n A supporter ça. »
Enfin Becquet s' décarcasse
Pour s'innocenter, F s'explique d' si bonn' grâce
Qu'on n'peut résister,
Manon , qui n'était pas cT pierre, L'i donn' sans témoin ,
Rendez-vous sur la rivière Dans un bateau d'foin.
Via Pâmant zet la maîtresse
Entre l'ciel et l'eau ; Pvois l' moment zoù qu'leux sagesse
Est presqu'à vau-l'eau.
L'gareon presse , la fill' Hotte ,
Puis la pauv' Manon , L'i dit oui comme un' grand' sotte ,
Quand fallait dir' non.
La qu' relie ainsi terminée,
Fallut du tendron Avant la fin de l'année
Alonger l' jupon
« A quand l'mariag' , disait-elle ?»
Becquet plus malin , Chaqu' jour l'i disait : u la belle,
« Ça s' ra pour demain ! »
(28) Mo RALE.
Tout ca nous fait ben voir comme ,
De crainte d1 malheur, L' sexe au vis-à-vis d'un homme,
Doit s' méfier d\son cœur.
Fill' qu'a trop prête.... l'oreille
Dans l'espoir d' l'hymen, Se voit toujours à la veille ,
Sans s' voir au lend'maiu.