‹ Recueil de chansons et poésies fugitivesChapitre 8 sur 60 · HISTORIETTE · texte numérisé non relu

HISTORIETTE

Air: J'amve à pied de province.

Manon était ravaudeuse ,

Becquet cordonnier, L'un1 fille d'un' remmailleuse ,

L'aut1 fils d'un sav' tier :

Ca Jeux allait comm1 de cire

D'unir pour jamais Deux tiats qui, Ion peut l'dire3

Se touchent d' si près.

C n'était pas de c' te canaille

Qui s'en va tout d'go , Sans avoir ni sou ni maille ,

Dire Yconjungo :

Pour fair' les chos1 avec grâce ,

L1 futur , drès 1' matin , Avait r' tenu sus la place

L'plus fringant sapin.

\ 'la tout' la famill' dans 1' fiacre ,

Qu'est r'çue 2au portail , Par l'bedeau l' suisse et l' soudiacre

En grand attirad.

On n'avait pas souvenance ,

D' puis un siècle ou deux, D'une aussi superbe alliance

Dans Saint-Pierre-aux-Bœuf* V.

Enfin 1' couple heureux s'ag'noi.iile D' vaut monsieur l'curé ,

Quileux sermoue un' bredouille D'un air pénètre'.

(i) Accieite par&i»se de Pari».

(35) Quand i' d' mande à la future

Voulez-vous ti d'iui ?

« Non , » qu'eil' repond , la parjure;

Quand fallait dire : oui.

Vlà tout qui s' desorganise

A c' mot foudroyant , On s1 bouscule , on sort d' l'église

D'un air larmoyant !

Adieu , tab' si bien servie !

Adieu , rigaudons !...

Du nitiii' coup on congédie

Parens et dindons !

Becquet furieux de c' te niche

S'écri' sus l' coup d' tems :

« Est-ce ainsi qu'un' fille s' ficlie

« D' l'ordre d'ses parens?

« Car, faute d' connaît' vot' père ,

« Vous savez très-ben , « Que c'est mad'moisell' vot' mère

« Qu'a bâclé c' t'bvmcn. a

(»6) ( Pour queu motif donc , parjura,

« Q' vous saignez du ne?

« Dans l'viu , dans la criature

« J1 n'ai jamais donne. »

— C'est , dit-elle , un rabat-joie ;

(c J' sais ben entre nous , « QuVousm'allez comme un bas d'soiej

« Mais je n' veux pas d' vous. »

« Vous vous et' donne' zun' pente

« Au sujet d' ma fleur , « Et j' n'entends pas qu'on plaisante

« Dessus mon honneur ; « Le mien n'est pas un' vétille ,

« Et tout Paris, dà !

« Sait ben que je n'suis pas fille....

n A supporter ça. »

Enfin Becquet s' décarcasse

Pour s'innocenter, F s'explique d' si bonn' grâce

Qu'on n'peut résister,

Manon , qui n'était pas cT pierre, L'i donn' sans témoin ,

Rendez-vous sur la rivière Dans un bateau d'foin.

Via Pâmant zet la maîtresse

Entre l'ciel et l'eau ; Pvois l' moment zoù qu'leux sagesse

Est presqu'à vau-l'eau.

L'gareon presse , la fill' Hotte ,

Puis la pauv' Manon , L'i dit oui comme un' grand' sotte ,

Quand fallait dir' non.

La qu' relie ainsi terminée,

Fallut du tendron Avant la fin de l'année

Alonger l' jupon

« A quand l'mariag' , disait-elle ?»

Becquet plus malin , Chaqu' jour l'i disait : u la belle,

« Ça s' ra pour demain ! »

(28) Mo RALE.

Tout ca nous fait ben voir comme ,

De crainte d1 malheur, L' sexe au vis-à-vis d'un homme,

Doit s' méfier d\son cœur.

Fill' qu'a trop prête.... l'oreille

Dans l'espoir d' l'hymen, Se voit toujours à la veille ,

Sans s' voir au lend'maiu.

Page 1