LE BOUDOIR
Air : J'ai vu le paruasse des dames, (Noté N°. 5.)
Ce nom bizarre est un outrage Au temple de la volupté', Un boudoir n'est-il pas limage Du plaisir et de la gaité ?
L'endroit où souvent une belle D'un amant couronne l'espoir , Où \ient finir loute quereih- Doit il se nommer un boud h '.
L'a , pour embellir noire vie Et servir nos plus doux projets , Nectar divin , femme jobe, Demi-jours adroits et discrets ;
livres avec gaze très-fine , Meubles de l'artiste en renom , Lit de repos cjui , sous Delphine , Chaque soir a perdu son nom.
Là je vois au sein de l'ivresse , S'adoucir près de la beauté', L'austérité de la sagesse Et l'éclat de la majesté.
Dans le boudoir de la Folie, Pc?'iclès heureux mille fois , Sur les deux genoux cVAspasie , De la Grèce a tracé les lois.
Voyez ce suppôt de finance , Devenu sensible, une fois, Ce Scythe dont l'indépendance D'un enfant a subi les lois ; Ce juge dont la bouche acquitte L'homme parThémis condamne:
O vous , qu'étonne leur conduite , Entrez au boudoir de Phrjrné!
A l'ennuyeuse compagnie
Du salon on fait les honneurs ;
Socie'te' bonne et choisie,
Du boudoir obtient les faveurs :
Au boudoir sans crainte on découvre
Et son secret et ses appas,
La porte jamais ne s'en ouvre ,
Qu'a celui qui ne boude pas.
Il faut qu'ici-bas tout finisse, Chacun en est trop convaincu ; Dieu d'amour fais , dans ta justice , Que je meure où j'aurai ve'cu :
A l'heure où tout mortel succombe, Donne-moi , comblant mon espoir, Le sein d'une femme pour tombe , Et pour mausolée un boudoir.