LA KERMESSE
Musique de Darder.
Entends-tu là-bas
Les joyeux ébats?
Javotte, c'est la kermesse :
Par tous les sentiers,
Bourgeois et fermiers, Chacun s'agite et se presse.
La danse va commencer
Superbe ; Ma Javotte, viens danser
Sur Therbe.
Couples assortis, L'un sur l'autre assis,
S'embrassent sous le feuillage; Et les vieux époux.
Dessus ou dessous,
A table font mariage.
La foule entre quatre ormeaux
— lOU —
Se presse ; L'orchestre sur deux tonneaux Se dresse.
L'archet a crié ;
Chacun est sur pie : Filles et garçons, en place!
On n'invite pas :
On prend par le bras La plus belle ou la plus grasse.
Chaque visage se teint
De joie, Ou dans un grand pot d'étain
Se noie.
Robes, cotillons,
Cheveux bruns ou blonds.
Blancs bonnets avec dentelle.
Tabliers, mouchoirs,
Rouges, blancs ou noirs.
Tout court, tout crie et se mêle
Des cheveux jus(iu'aux talons,
Tout treniblu :
Viens, .lavolte, brinil)alons
Ensemble.
.rainie tes yeux bk'us,
— IGl —
Et tes grands cheveux
Blonds comme des grains d'avoine ; Tes grosses couleurs Sont comme des fleurs
De pavot ou de pivoine.
On doit s'embrasser après
La danse :
Javotte, nous serons prêts
D'avance.
Sautons comme il faut,
Bien fort et bien haut, Pour qu'on nous regarde faire ;
Puis nous tournerons
En faisant des ronds, Des ronds à rouler par terre.
Et si quelque autre amoureux
Te lorgne, Tant pis s'il revient boiteux
Ou borgne.
Et puis, à la tin.
Quand nous aurons faim, Nous irons à la gargote :
Là, nous souperons.
Et puis nous rirons.
Et puis nous... rirons, Javolte.