‹ Recueil de chansonsChapitre 5 sur 80 · LE FEU · texte numérisé non relu

LE FEU

Air de Roger Bonlemps.

11 fait froid, mon Adèle ; Crois-moi , rentrons cliez toi ; Rallume ta chandelle , Et viens auprès de moi :

Je vois une étincelle Briller encore un peu , Approchons-nous , ma belle , Du feu! [ter.)

Ecarte cette braise , Et tous deux chauffons-nous ; Je me mets à mon aise , Mets-toi sur mes genoux.

Et maintenant qu'il gèle ! . . .

Auprès de toi , morbleu !

Je me sens plein , ma belle , De feu !

Allons, soyez modeste, Auguste, finissez...

— Adèle ! . . . — Point de geste. . .

— Adèle ! . . . — Allons , cessez . . .

Votre main, que fait-elle?...

Que cherchez- vous ? — Parbleu !

Je ranime, ma belle,

Le feu !

Adèle, Adèle, Adèle!...

— Non , non , non , non , non , non 1 . . ^ Eteignons la chandelle!. . .

— Non , non , non , non ! . . . — Plut ! bon !

— Auguste, je t'en prie!

— Tu céderas, morbleu!

— Finissez , ou je crie :

Au feu !

Adèle, je t'adore!

Que les plaisirs sont doux!...

Mon cœur en bat encore...

— Ah ! c'est bien mal à vous!...

Rallumez la chandelle...

— Non pas , non pas , morbleu ! . .

Recommençons , ma belle ,

Le feu !

A BÉRANGEU.

Air du Grenier.

C'est un festin où la gaîté préside, D'où la franchise a banni les façons ; Buvons, amis ; c'est dans un verre vide Qu'on a trouvé la source des chansons.

De mets fumeux, et de roses nouvelles Voyez, au loin, la table se charger; Les vins sont vieux et les amis fidèles : 0 mes amis, chantons du Béranger!

Ne vois-je pas apparaître Jeannette?.,.

Sans ornement son corsage est plus beau ; Voici Margot tirant sa collerette ; Et voici Lise avec son frais chapeau.

Mais le Champagne, aux robes si funeste, Vient de donner le signal du danger :

Adieu chapeau, collerette... et le reste : 0 mes amis, chantons du Béranger!

Amis, buvons! Le vin à nos pensées

Apportera la force et la grandeur;

Il nous rendra nos victoires passées,

!Vos visions de gloire et de splendeur.

0 souvenir! du sein de nos ruines.

Avec un nom, fais pâlir l'étranger,

Et fais bondir nos cœurs dans nos poitrines :

0 mes amis, chantons du Déranger!

Ils sont passés, ces beaux jours de conquêtes 0 vieux guerriers, versez, versez vos |)leurs! Brisez la lyre, ô sublimes poètes, Qui n'avez pas de cliants pour nos malheurs ! Dès trop longtemps la Muse, sans défense, Aux mains des Goths se laissait outrager ; Mais le génie est immortel en France : 0 mes amis, chantons du Béranger!

Ainsi toujours puisons dans sa parole La souvenance et l'oubli tour à tour ; Qu'avec le vin l'amitié nous console ; Buvons l'espoir, le plaisir et l'amour.

Et si des gens aux faces hypocrites, En nos ébats venaient nous déranger, Pour faire fuir les sots et les jésuites, 0 mes amis, chantons du Béranger!

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