‹ Recueil de chansonsChapitre 68 sur 80 · ÉTUDIANT DE DIXIÈME ANNÉE · texte numérisé non relu

ÉTUDIANT DE DIXIÈME ANNÉE

Auguste est un étudiant Qui fit son droit à la Chaumière, Toujours chantant, jouant, riant; Aujourd'hui, c'est une autre affaire; Il se range et devient austère.

Oui, mais plus d'un voisin prétend Qu'il ne peut plus faire autrement.

C'est juste : Mariez-vous, Auguste.

Il avait des amis barbus,

Vieux compagnons de ses bombances;

Maintenant, on ne le voit plus

Hanter les cafés, ni les danses,

Ni ses mauvaises connaissances.

Parbleu ! c'est qu'il n'a plus d'amis ; Ils sont avocats ou commis.

C'est juste :

Mariez-vous, Auguste.

Il n'était bruit, dans son quartier, Que de ses galantes prouesses; 11 scandalisait son portier ; Maintenant il fait cent promesses De n'avoir plus que deux maîtresses.

Mais sa portière me soutient Que pas une, hélas ! ne revient.

C'est juste:

Mariez-vous, Auguste.

Il avait trente créanciers :

D'abord sa blanchisseuse Annette, Ses tailleurs et ses chapeliers Et sa marchande à la toilette :

Mais il ne fait plus une dette.

Sans doute : son traiteur me dit Qu'on ne lui fait plus de crédit.

C'est juste:

Mariez-vous, Auguste.

Il ne sera pas avoué

Pour gruger la pauvre pratique,

Agent d'affaires trop roué, Notaire filant en Belgique, Ni même avocat platonique.

Parbleu ! dit-on, je le crois bien, Puisqu'il ne sera jamais rien.

C'est juste :

Mariez-vous, Auguste.

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