ÉTUDIANT DE DIXIÈME ANNÉE
Auguste est un étudiant Qui fit son droit à la Chaumière, Toujours chantant, jouant, riant; Aujourd'hui, c'est une autre affaire; Il se range et devient austère.
Oui, mais plus d'un voisin prétend Qu'il ne peut plus faire autrement.
C'est juste : Mariez-vous, Auguste.
Il avait des amis barbus,
Vieux compagnons de ses bombances;
Maintenant, on ne le voit plus
Hanter les cafés, ni les danses,
Ni ses mauvaises connaissances.
Parbleu ! c'est qu'il n'a plus d'amis ; Ils sont avocats ou commis.
C'est juste :
Mariez-vous, Auguste.
Il n'était bruit, dans son quartier, Que de ses galantes prouesses; 11 scandalisait son portier ; Maintenant il fait cent promesses De n'avoir plus que deux maîtresses.
Mais sa portière me soutient Que pas une, hélas ! ne revient.
C'est juste:
Mariez-vous, Auguste.
Il avait trente créanciers :
D'abord sa blanchisseuse Annette, Ses tailleurs et ses chapeliers Et sa marchande à la toilette :
Mais il ne fait plus une dette.
Sans doute : son traiteur me dit Qu'on ne lui fait plus de crédit.
C'est juste:
Mariez-vous, Auguste.
Il ne sera pas avoué
Pour gruger la pauvre pratique,
Agent d'affaires trop roué, Notaire filant en Belgique, Ni même avocat platonique.
Parbleu ! dit-on, je le crois bien, Puisqu'il ne sera jamais rien.
C'est juste :
Mariez-vous, Auguste.