‹ Recueil de chansonsChapitre 9 sur 80 · TROMPETTE · texte numérisé non relu

TROMPETTE

Trompette, Trompette, Trompette, Est-ce là votre nom?

Non.

Mais vous ne souffrez pas, coquette, Qu'on vous appelle ainsi?

Si.

Trompette, Trompette, Trompette, Vous me trompez toujours ;

Trompette, Trompette, Tronipette, Vous êtes mes amours.

Trompette est le nom d'une tille; Elle a des cheveux blonds Longs.

L'amour, qui dans ses yeux, pétille, Ne repose jamais...

Mais

Trompette, Trompette, Trompette, Vous me trompez toujours ;

Trompette, Trompette, Trompette, Vous êtes mes amours.

Trompette, ma belle maîtresse, J'aurais moins de souci.

Si Vous possédiez plus de sagesse.

De grâces moins, d'appas Pas.

Trompette, Trompette, Trompette, Vous me trompez toujours ;

Trompette, Trompette, Trompette, Vous êtes mes amours.

Trompette, Trompette, Trompette, Pourquoi montrer partout Tout?

Cachez plutôt cette toilette.

Cet or et ce brocart ; Car

Trompette, Trompette, Trompette,

Vous me trompez toujours ; Trompette, Trompette, Trompette, Vous êtes mes amours.

Elle m'a trahi sans vergogne

Pour trois ou quatre Anglais Laids ; Pour un vieux prince de Pologne , Et pour deux palatins Teints!...

Trompette, Trompette, Trompette, Vous me trompez toujours ;

Trompette, Trompette, Trompette, Vous êtes mes amours.

Mais va, je t'oublîrai moi-même ; C'est déjà tout-à-fait Fait!

Si je dis encor que je t'aime.

Réponds que ton amant Ment!...

Trompette, Trompette, Trompette, Vous me trompez toujours;

Trompette, Trompette, Trompette , Vous êtes mes amours.

Trompette, je suis en colère, Et j'en deviens, morbleu!

Bleu.

Mais quoi? vous souriez , ma chère, Et ma mauvaise humeur Meurt...

Trompette, Trompette, Trompette, Vous me trompez toujours ■

Trompette, Trompette, Trompette, Vous êtes mes amours.

Ah! parle, une flamme nouvelle

Se ranime à ta voix ,

Vois...

Un seul regard de ta prunelle

A réveillé mes sens.

Sens!...

Trompette, Trompette, Trompette, Vous me trompez toujours;

Trompette, Trompette, Trompette, Vous êtes mes amours.

JE M'£3IBETE

Je n'aime pas les hommes d'aujourd'liui, Encore moins aimerais-je les choses ; Assez de gens cueillent toutes les roses, Moi, je ne vois que soucis et qu'ennui! Je voudrais bien n'être pas inallioiniète, Et n'employer que des termes courtois ; Mais je le dis en ignoble patois, Moi, je m'embête!...

Je vois pourtant des gens qui , sans remord , Vont à la Bourse apprendre les nouvelles , Et s'informer des baisses éternelles Des fonds d'Espagne et des chemins du Nord. En écoutant l'etï'royable tempête , Les hurlements des agents aux abois.

Ces bonnes gens s'anmsent, je le vois; Moi, ça m'embête!...

Au cabaret, en lisant les jouni.uix, Nos bons bourgeois font de la politique ;

On démolit la jeune république ; On casse tout, verres et dominos ; On se dispute, on crie, on se répète:

En pourfendant les peuples et les rois , Ces braves gens s'amusent, je le crois; Moi , ça m'embête ! . . .

Nos élégants , anglais par leurs dehors, Par leur langage et par leur esprit rare , Vont promener la canne et le cigare, L'habit sans pans et le chapeau sans bords ; A s'incruster un lorgnon dans la tête , A se poser en lions , premier choix , Ces singes-là s'amusent, je le vois ; Moi, ça m'embête!..,

De l'Opéra jusques au Lazary, Toutes les nuits , la province et la ville Vont se pâmer avec monsieur Clairv'ille , Ou pleurnicher sur monsieur Dennery. Du triste sort d'un amoureux honnête , Des calembours d'un histrion grivois , Ce bon public s'amuse , je le vois ; Moi, ça m'embête!...

De ces plaisirs, i\\ie je ne comprends pas, Je suis jaloux... Je porte encore envie Aux curieux qui déi)enscnt leur vie

A lire Sue,, et Gozlan, et Dumas.

Mais, mieux eiicor, cet auteur qui s'entête A publier la même œuvre vingt fois, H. de Balzac doit s'amuser, je crois, Moi, ça m'embête 1

Pour en sortir il n'est que deux chemins , Le suicide , ou bien le mariage ; Et ce dernier me sourit davantage ; Quoi qu'en ait dit le commun des humains. Ma foi , tant pis ! Je veux risquer ma tête ; Et je ne puis qu'y gagner, je le crois; Car les maris s'amusent. . . quelquefois. . . Et je m'embêtel...

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