LE PETIT MOINE GORDEUER
L'autre jour chez mon père
Il y est arrivé
Un petit moine cordelier
Qui était tout crotté.
Il secouait sa robe, sa robe.
Il secouait, secouait
Sa robe tant qu'il pouvait.
Où le logerons-nous ?
Dedans notre grenier.
— - Le moine s'est écrié :
Les rats vont me manger !
/( secouait sa robe, sa- robe, Il secouait, secouait Sa robe tant quHl pouvait.
Où le logerons-nous ?
Dessus notre escalier.
— Le moine s'est écrié :
Je vais dégringoler!
// secouait sa robe, sa robe,
Il secot^ait, secouait
Sa robe tant qu'il pouvait.
Où te logerons-nous ?
Dedans notre cellier.
— Le moine s'est écrié :
Le vin, (var. : le cidre) va me noyer !
Il secouait sa robe, sa robe,
Il secouait, secouait
Sa robe tant qu*il pouvait.
Où le logevottg^ocRB»''?
Dedans notm kffw
— Le moine s'est-éertéc Le feu va me brûlée! •
Il secmuiii sa robe^ sa robe^
Il técouaitf secouait
Sa robe tant qu^il pouvait.
Où le logerons-noué ?
Dans le grand lit carré *
— Le moine s*e8t écrié :
G*est ce qu*il me fallait !
// secouait f ta ¥(ibe^ sa robe^
Il secouait, secouait
Sa robetitni qu'it pouvait
Ronde de la Bretagne. — Pùéêiet pop, de la France, Mss. de li
Bibl. nat.. t. IV, !*• 308.
LA FILLE AU COUVENT DES lft>lNBS
Là-haut, dans ce couvent, ^1 II y a-t-un moine blanc
Et puis dans sa chambrette Un* fiir de quinz' à <iix-huit ans.
A la messe il est allé,
La fillette il a laissée.
Elle en a pris la botte à Tencre
S'en est frotté ses belles temples.
Et des temples jusqu'au menton Et du menton jusqu'au front Elle a frotté sa belle gorge Croyant qu' c'était de l'eau de rose.
* YarioHte : G la 6Ue de l'hàté ! (e*est-à-dire : arec la fille la maifon).
Quand le motéeil est venu,
Il a crié : Kolàr Jésofe !
Accointe!? loue; inee frères, enseâible,
J'ai'i» griand diable dabs ma chambre.
Toas.l^s moines», ils. sont venus, Un pied (:!l|suas9é et Ifauti^ nu ; Un por^H Tétole, l'autre Teau bénite Pour co^ur^ cette petite.
Frères, frèr^^ ne me conjurez pSiS, Je suis fille,, n'en doutez pas, Voici deux mois où six semaines Que je couche avec ce bon mouêne.
Frère, frère, qu'as-tu fait là?
Tu seras battu, n'en doute pas, Tu recevras la discipline De tout le long de ton échine.
Frappez, frères, frappez fort.
Frappez toujours, frappez encore, Souvenez-vtnis que la pareille Vous pend à chacun à l'oreille.
Chanson commaniqaée par M. G. d« Lépinaj.
Pour aller chanter Matines Laissons dormir Jacqueline.
Jacqueline S'étant levée Elle prit la bouteille d'encre.
Elle s'en lava les tempes
Elle s'en lava lo front
Elle s'en lava la gorge
Croyant qu' c'était d' Teau de rose.
Quand lé moine fut revenu
Il alluma la chandelle
Pour envisager sa belle.
Courez tous, mes frères, ensemble
Le grand diable est dans ma chambre;
Apportez la croix^ la bannière Pour conjurer cette bâte.
Les moines y ont tous couru Hti p'ed chaussé et l'autre nu.
Mes frères, n'y conjurez point Je suis fille dé grand bien ; J'ai passé ma quarantaine Avec ce ribaud dé moine.
Ah ! va, frère Nicolas, Le père gardien le saura ; Tu auras là discipline Pour l'amour dé Jacqueline.
Pays Messin