‹ Recueil de chansons populairesChapitre 11 sur 98 · X. LA BERGÈRE ET LE MONSIEUR · texte numérisé non relu

X. LA BERGÈRE ET LE MONSIEUR

(Voy. t. I, p. 34.)

Andantino.

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Bon-jour ber-ge - ret-te, Adieou bouon moussu que

zRéponse

t'ai -tes vous seu-let-te dans ce bois touî'-iu?

Or- ni ma hou - let -to

Gar - di mei mou-touas.

Dé - mou - eri sou - let - to sur Iou vert ya - zoun.

— Bonjour, bergerette:

— Adiéou, bouon moussu;

— Que faites-vous, seulette.

Dans ce bois toutlu ?

— Et quoique ta mère Ne t en parle pas Ton cœur, jolie bergère Te le dit tout bas.

— Orni ma houlette Gardi mei moutouns, Démouéri souletlo Sur lou vert gazoun.

— Dis-moi, bergerette, As-tu des amants?

De le voir si fière

Et de n'avoir pas d'amants!

— 0 bouon moussu, péchaïré!

C'en que m'anounças, Da quo la miou maïré N'a jamaï parla.

* quignon de pain.

— Din nouostré village.

Lou nouostré cura D'un pareil lengagé

Y a jamaï prêcha.

— Adieu, bergerette, Touche-moi la main, Je te laisse ici seulette.

A revoir, à demain.

— Moussu, din vouostro pocho N'oourias gés de croustoun?* Es per aco que you tili

Et cardé mei moutouns.

Provence, Chanson recueillie par L'abbé TissebaM) en 1S57 Fiance. Mss. t. 111 f« 535.

Poés. pop. de la

Quil-lo la pan-ne-tiére, Li-se, viens a-vec moi. Viens,

cette humble chau-miè-re N'est pas fai - le pour toi.

Fy= ^?1

Non, non, ce beau Ian - ga - ge, Point ne me sé-dui - ra ;

±=ài

Lis' est née au vil - la- ge, Et Li-se y res-te - ra.

— Quitte la pannetière, Lise, viens avec moi,

Viens, cette humble chaumière N'est pas faite pour toi.

— Non, non, ce beau langage Point ne me séduira ;

Lise est née au village Et Lise y restera.

— En riche demoiselle Sans cesse tu seras, Colliers, bague, dentelle, Toujours tu porteras.

— Plus que ces riens futiles La rose a des appas;

Et l'on dit qu'en vos villes La rose ne croit pas.

— L'art donne à la nature Un plus vif incarnat :

L'éclat de ta parure Doublera ton éclat

— En habit de bergère J'ai sçu plaire à Lamon :

L habit qui nous fait plaire Est le plus beau, dit-on.

— Serviteurs et soubrettes A tes ordres seront.

— Je porte ma houlette Et mon chien suit Lamon.

— Comme en un jour de noces En char tu rouleras.

— Vos chars et vos carrosses Dans nos bois n'entrent pas.

— Adieu donc te vais dire, Lise, et partir sans toi.

— Allez-vous en, beau Sire, Allez-vous en sans moi.

— Sur le damas superbe La nuit je vais passer.

— Et moi je vais sur l'herbe Ici me reposer.

Almanach des Grâces, Etrennes erotiques - chantantes iwur 17!)2 , Paris, in 12

p. 181. — Cette chanson est due à Madame Pipelet qui l'a fait suivre de

ces lignes :

»J' ignore quel est l'auteur de ce petit Air; étant à la campagne, je l'entendis

chanter par de jeunes paysannes et il me sembla si naïf et si intéressant que je

ne pus résister à la tentation de substituer une petite pastorale bien simple à la

ridicule complainte sur laquelle il était fait. Je crois inutile d'avertir que je n'ai

cherché à saisir que le genre de la musique.»

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