LARD
Voudriou estre morte, You m'en vau mou ri; Siou fille perdude D'aver un tau mari.
Mari :
Regarda, joinesse, La mienno tristesse.
Quand me marideron M'averon trompai :
Me disien: tilletta.
Cargaras estât.
Estât ; Lou vieillard es ayse Seras à ton ayse.
M'an donna un homme Qu'a quatre \ ingt ans, Tousiours fantonege Comme les cnfans
En l'a ns:
Easse lou niau viage* Hua l'a lou mariage!
Amariou mais un homme Hue n'aguesse rien.
Mais que me faguesse Vous m' en vendez hen.
ô ben!
Ço qu'ion voli dire Sa u^ se plus rien dire.**
Quand iou siou couchade Dedin mon liet Le vieillard escupe;*** Ay! lou grand despiet.
Despiet !
You pauvre pitaute Voudriou estre mouarte!
S'iou eri baisade Quatre fes d'au jour, Iou serio plus fresquo Que nou n'es la flour.
La flour, Ainsi <pie Peigagne De matin la bagne 7
Iou non sio baisade Qu'una l'es d'au mes ; Ay! pauvre tilletta.
Aco m'es maumes,
Maumes, Quand mon lue s'alume Ma car se consume.
Mais siou resolude En toute façon Que de iou cy fase Un brou de canson.
Canson, Car iou vouali faire Mon vieillard cantaire.
D'aquelous cantaires Qui canton d'abriou, N'en venon la primo Et s'en va l'estiou,
L'estiou. 77 Si Dieu non m'aiude Siou fille perdude!
Iou, pauvre fillette.
Nou n'ay que quinz' ans, Voudriou esse à un homme Qu'aguesse vingt ans.
\ ingl ans, Li feriou caresse Que que n'avenguesse.
" qu'il fasse le mauvais voyage (c.-à-d. qu'il aille au diable), celui qui a fait le mariage.
" sans vous eu dire plu?.
"" crache.
t plus fraîche que la fleur quand la tt do oes chanteurs qui chantent en l'été, lll s'agit des coucous.)
, rosée du matin la baigne, avril, s'en viennent au printemps et s'en vont
Quand iou nie regarde Lou vieillard es fin
Dedin mon mirau Fasie «lou badin;
31e trobi tant belle! N'avie pas courage
Lou cœur nie l'a niau, D'anar à I assaut Fa niau; A l'assaut,
A la barbe grise Quand eu li sonyave
Iou siôu tant poulido ! Lou lias li sayuave.*
Vous autres fillettes Que sia à maridar Prenez mon conseil.
Fillettes, garda,
garda ** Vous mettre en mariage En*** bonhomme d'eageî
* miroir. " quand il y songeait le nez lui saignait o.-à-d. il y renonçait. ** gardez-vous de.
"* avec.
Lt Recueildt •plusieurs belles chansons nouvelles et modernes, recueillies dt plusieurs autheur s. Lyon, 1 504 , in 32, p. 71.
(Le dialecte employé dans cette chanson semble appartenir au sud-ouest de la France).
}>) Mon père m'a donné mary
Un taux vieillard tout racourcy, Tant j'eslois innocente, Qui n'avoit point, qui n'avoit point De bonne avoyne a vendre.
La nuict que couchay avec luy Après ma longue attente, Il me jura qu'il n'avoit point De bonne avoyne à vendre.
Se recula et s'endormit ; Je demeuray constante, Croyant alors qu'il n'avoit point De bonne avoyne à vendre.
Tout promplement je sors du lit Outrée et mescon tente, Disant fi de ceux gui n'avoient point De bonne avoyne à vendre.
M'en vais chez mon père et luy dist, Faschée et ruai plaisante :
Il n en a point ce faux vieillard De bonne avoyne à vendre.
Mon père il nie faut un amy Qui librement se vante D'avoir, au défaut du vieillard.
De bonne avoyne a vendre.
Chansons dt Gaultier Garguille, P<ui>, L632. (Réimpression Jannet, lsôs, p. l'J)
Mon père est bon homme Mariée si m'a. lerire, Mariée si m'a, lera.
Ce n'est pas mon cas, lerire, Ce n'est pas mon cas, lera.
A un vieillard homme Qui bien cent ans a.
La première nuictée Qu' avec luy coucha,
M'y tourna l'épaule Je luy tournay le bras.
J'ay pris ma cotte rouge Chez mon père m'enva.
— Mon pèr', mon père, Ostez moy ce vieillard.
Ma tille, ma fille.
Ne le changez pas.
Le vieillard est riche Qui vous nourrira.
Le vieillard est riche Qui a des ducats.
— Fy de la richesse!
Qui son plaisir n'a.
Vieillesse et jeunesse Ce n'est qu' un débat,
Jeunesse à jeunesse, Plaisirs et soûlas, lerire, Plaisirs et soûlas, lera.
Et c'est bien mon cas, lerire.
Et c'est bien mon cas, lera.
Le pâmasse des muses, Paris, 16:«, p, 82.
r) Mon père m'a mariée Et s'il me survient quelquefois
A un vieillard bonhomme; Quelque maladie
J'eusse beaucoup mieux aimé II ne me donne pas un sou
Quelque beau jeune homme. Pour passer mes envies.
Si je suis dedans le lict S'il arrive pour me voir
De mon long estendue, Quelque compagnie.
Le vieillard est auprès de moy Le vieillard est auprès du feu
Qui poinct ne se remue. Qui entre en jalousie ;
Et encore je vous diray Ce qui plus me fasche; C'est qu'estant au coin du feu Sans cesser il crache.
La coDiedit des chansons, Paris, 1640.
0 le meschant mary, commère !
11 me causera la mort ; Quand il revient de la taverne Estant soûl comme un pourceau.
Je ne luy ose rien dire De peur d'avoir du tricot.*
Quand ce vient la matinée Après a\oir reposé 11 demande tost «à boire De ce bon vin frais perse.
Je luy vais quérir chopine; C'est pour le désaltérer.
Alors il me dit : coquine.
Un brot ce n'est pas assez.
11 prend aussitost la nappe, La vaisselle sans laver.
Aussi tout ce qu'il attrappe Pour les aller engager.
de peur d'être 'battue. Tricot — trique.
/../ iDiinihr des chansons. Pari-, |f>4fi.
Mon esprit est étonne
Du nuiiy qu'on m'a donné;
J'aime mieux que l'on m'assomme
Hue de \ ivre sous sa 1<i\ .
Car tous les jours il joue à l'homme,41
.Mais ce n'est point avec moy.
Quand il a perdu cinq sous 11 veuf tout tuer chez nous.
Quand mon rnary vient de dehors C'esl ma rente d'être battue; Il prend la cuiller à pot A la teste il me la rue.
J'ay grand' peur qu'il ne me tue:
C'est un vilain rioteux, grommeleux.
Je suis jeune, il est vieux.
allusion à uu jeu de cartes appelé le jeu de V honum .
La comédie des chansons, Pari,-. 1640.
Mon père m'a mariée M'irai-je rendre nonette
Que je n' estois qu' un enfant; Dans quelque joly couvent,
À un vieillard m'a donnée Priant le dieu d'amourette
Qui a près de soixante ans; Qu'il me donne allégement
Ef moy qui n'en ay que quinze, Ou que j'aye en mariage
Passeray-je ainsi mon temps? Celuy là que j'aime tant?
Vous qui estes en présence Tant et tant il m' ennuyé,
Je vous en prie, jugez-en. Tant et tant il m' ennuyé tant.
La comêdit des chansons, Paris, 1640.
N'est-ce pas bien pour en mourir Que d'avoir un jaloux mary ?
J'en ay un qui me fait mourir
En ceste tyrannie.
Je voudrais bien qu il fust guery
De ceste maladie.
La comcdit dis chansons. Pari-, 1640.
31 on pè - re m'a ma - ri
A sa fan- tai - si-
ÏEEJ
Un vieil-lard il m'a don-né Plein de ja - lou - si-
e: Il au-ra, tant qu'il vi-vra, cet -te fré-né-si-e.
Mon père m'a mariée
A sa fantaisie ;
Un vieillard il m'a donné
Plein de jalousie:
Il aura, tant qu'il vivra
Cette frénésie.
Quand il voil dessus mon lit Voler une mouche, Ce vieux jaloux a si peur Qu'elle ne me touche!
A-t-on jamais vu d'époux D'humeur si farouche ?
11 ne scauroit me souffrir
Une fleur éclose :
Il a lu pour mes péchez
La métamorphose.
Et croit mon amant caché
Sous la moindre rose.
Chbistophe Ballakd, Brunettes ou Petits airs tendres, l'an?. 17u>. t. I, p. 278.
Paris
Mon Dieu, ma pauvre voisine, •l'ay le plus méchant masy; Il .1 la plus traistre mine Qu'on voy-je point dans Pasy.* Je voudrais avoir mangé Ceux là qui m'en ont ange !
La comédii des chansons, l'an.-, 1640
Filles, prenez exemple.
L'orne (pie m'en donnât El n'a ni ioc ni mine Et ha tout acclafat
Et quand la toux ïarrape
Hem, hem, hem, Nou fa pas que toussi.
Ay ! lou paure cami !
Fragment d'une chanson gasconne. — Nouveau recueil des plus beaux airs des opéras et attires chansons nouvelles. Paris, 1691. t. 2, p. 135.