LA BREBIS SAUVÉE DU LOUP
(Voyez tome I, p. 19 et suiv.)
Lucis orto sidère Exit virgo propere Facie vernali, Oves jussa regere Baculo pastorali.
Sed eflundens radium Dat calorem nimium, Virgo speciosa Solem vitat noxium Sub arbore frondosa.
Dum procedo paulolum Linguœ solvo vinculum :
— Salve, regise digna, Audi, quaeso, servulum.
Esto mihi benigna.
— Cur salutas virginem Quœ non novit hominem Ex quo fuit nata ?
Sciât Deus, neminem ïnveni per hœc prata.
Forte lupus aderat, Quem famés expulerat Gutturis avari.
Ove repta properal Cupiens suturari.
Dum puella cernerel Quo'd sic ovem perderet, Pleno clamât ore :
— Si quis ovem redderet, Me gaudeat uxore !
Mox ut vocem audio, Denudato gladio Lupus immolatur, Ovis ab exitio Redempta reportatur.
Chanson latine du XIIIe siècle. Car mina burana; Lateinische und deutsche Lieder einer Handschr. des XIII. Jahrk. (Dans la Biblioth. des lit. Ver. in Stuttgart, 1S47, 1™ partie, p. 194). — M. Th. de Pdymaighe aie premier, je crois, attiré l'attention sur le rapprochement, qui se présentait naturellement, entre cette chanson latine et les chan7 sons modernes qui ont pour thème un cavalier qui ramène saine et sauve tme brebis à une bergère. Voyez le Bulletin du bouquiniste, 1873, p. 194.
L'au - trier quant je che - vau - choys , L'au - trier
quant je che - vau - choys , à l'o - ré - e d'ung vert-
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boys, Trou - vay gay-e ber - gè - re. De tant
loing qu -ouy sa voix Je l'ay a - rai -son -né
Tan -de - re-lo! Dieu vous ad - just ber-
ge
Dieu.
vous ad -just ber-gè
L'autrier quant je chevauchoys, (bisj A l'orée d'un vert boys
Trouvay gave bergère :
De tant loin qu'ouy sa voix Je l'ay araisonnée, tamlerelo!
Dieu vous ad just. bergère! bis
Tandis que L'araisonnoys Ung grant lou saillit du boys 0 la goulle baée ; La plus belle des brebiz Il en a emportée, tamlerelo!
Dieu vous adjust, bergère!
Quant la bergère si vit Que le lou tint sa brebiz A haulte voix s'escrie :
— Qui m'y rendra ma brebiz, Et je seray s'amye? tanderclo!
Dieu vous adjust, bergère !
Quant le chevalier oyt
Ce que la bergère a dit,
Mist la main à Pespée:
Au devant du lou s'en va;
La brebiz a laissée, tanderelo !
Dieu vous adjust, bergère!
— Tenez, belle, tenez cy ; Je vous rends vostre brebiz Saine comme les aultres ;
Or me faictes mon plaisir
Comme j'ay fait le vostre, tanderelo!
Dieu vous adjust bergère!
— Chevalier, cinc cens mercyz ;
Pour ceste heure n'ay loisir,
Aussi je n'oseroye ;
Et m'en eussiez sauvé dix,
Pour rien ne le feroye, tanderelo !
Dieu vous adjust, bergère!
G. Paris, Chansons du XVe siècle, 1875 p. 32. (La mélodie a été transcrite en notation moderne par M. A. Gevaekt.)
De -puis Pa - ris à saint De - nis
é - tait
u- ne ber-gè - re Qui fai- sait pai-tre son trou-
peau tout le long de la ri - vie - re.
Depuis Paris à Saint-Denis (bis) — Tenez, belle, votre brebis,
Il était une bergère Mettez la avec les autres.
Qui faisait paître son troupeau Je vous ai fait un grand plaisir
Tout le Ions de la rivière. Vous m'en ferez un autre.
Un jour le loup sortit du bois Avec la gueule ouverte ; D'une brebis du troupeau La belle a fait la perte.
La belle se mit à crier:
Grand Dieu! Vierge Marie!
Celui qui m' rendra ma brebis Je serai sa bonne amie.
Le fils du roi de loin l'entend Et mit la main à l'épée.
Il s'en va vers le loup, La brebis lui a ôtée.
— Fils du roi, je vous dis merci, Vous avez pris grand' peine; ' Quand j'aurai tondu mes brebis Vous en aurez la laine.
— Belle, je ne suis point marchand Ni fabricant de laine;
Mais seulement un doux baiser Soulagerait ma peine.
— Fils du roi, vous demandez trop Ma mèr' grand vous écoute ;
Si mon pèr' vous entendait Il vous battrait sans doute.
Saintonge. Chanson recueillie par M. Akchï en 1854. Mss. de la B. N., t. IV, f" 223.
Pois. pop. de la France.
Der-rièr1 chez nous l'y - a - t-un pré,
mou-tons à gar - der, Le long de
ri - vie -re.
Derrière chez nous V y a-t-un pré, (Us)
Un' jolie bergère
Avait ses moutons à garder
Le long de la rivière.
Près de là un gros loup passa Tout près de la bergère, Qui en courant lui enleva Sa brebis la plus belle.
A haute voix elle cria :
— Douce Vierge Marie!
Qui me ramènera ma brebis Sera mon grand ami.
L' chasseur du roi l'a entendue,
A pris son épée claire, A fait trois fois le tour du bois
La brebis a r'trouvée.
— Tenez, la belle, votre brebis, La voilà saine et sauve,
Si je vous ai fait un plaisir, Vous m'en ferez un autre.
— Oui dà, monsieur, c'est bien raison De vous payer d' vos peines ;
Quand la brebis sera tondue Vous en aurez la laine.
Je ne suis pas marchand de peaux
Ni trafiquant de laine,
De votre amour je jouirai Ou j' mourrai à la peine.
— Monsieur, parlez plus doucement, Ma mère est aux écoutes ; Si ell' vous entendait seul'ment EU' gronderait sans doute.
J. Fleurt, Litttr. orale de la Basse Normandie, 18S3, 2S5.
Allegro moderato.
Des - sus la
ri - vie - re
de Bor-deaux ,
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