MO
.Mon p'tit mignonnet, Mon frèr Nicolas, Allez voir dans la grand rue Si mon mari n'vient pas.
Et le bon moine
Dans la rue s'en alla.
Et la bell' bell' jolie dame
La porte lui ferma.
EU' lui a dit: mon p'tit ami.
Mon p'tit mignonnet
Mon frèr1 Nicolas,
Comptez les clous de la porte
Vous saurez combien y en a.
Hélas! Madame, Rendez-moi mon habit, Car l'habit d'un moine Ne saurait vous servir.
EU' lui a dit: mon p'tit ami.
Mon p'tit mignonnet, .Mon frère Nicolas, Je f mettrai à la teinture Mon mari s'en servira.
Hélas! Madame, Rendez-moi mon argent.
Que je m'en r'tourne Tout droit au couvent.
EU' lui a dit : mon p'tit ami, Mon p'tit mignonnet, Mon frère Nicolas, Mon mari en f'ra ribotte Tant que l'argent durera.
Et le bon moine
Au couvent s'en alla ;
De frèr' en frère
La chose raconta.
Ils lui ont dit: mon p'tit ami.
Mon p'tit mignonnet,
Mon frère Nicolas,
Bénie soit la commère
Oui t'a joue le tour là!
Chanson des environ- de Bourges (Cher), recueillie en L886.
LWV1II. LE MOINE ET LES TROIS FILLES. (Voy. tome I, p. 163.)
Nous estions trois jeunes filles Toutes dansans dans un pré ; Par icy passa un moyne
La la la Qui tous trois nous salua
Liron fa.
Par icy passa un moyne Qui tous trois nous salua. Il despouilla sa grande robbe Et avecques nous dansa.
Quand la dance fut finie A coucher il demanda.
— Je n'en voudrois pas pour une Je les voudrois toutes trois;
L'une à l'aire la cuisine
Et l'autre à blanchir mes draps
Et vostre sœur la plus jeune Pour coucher entre mes bras.
— Tes fortes fiebvres cartaines, Moyne, c'est pour toy cela!
Enfin ce diable de moyne Tout honteux s'en retourna,
— Laquelle voudrois-tu, moyne, Sa chemise entre ses jambes Et puis on te la donra? Et son habit sous son bras.
Ne vous y fiez plus, filles, A ce maistre moyne-la.
Chansons nouvelles ou airs th. Jean Planson tt autres Musitiens à la suite du Recueil des chansons amoureuses </< divers poètes françois non encores imprimées. Paris N. et D. Bonfons, 15U7 in 12.
a bis)