CX1X. LA RENCONTRE A LA FONTAINE
(Voy. tome I, p. 233.)
Par un matin
La belle s'est levée
A prins son seau
Du lin du lé
Du long de l'eau
A prins son seau
A l'eau s'en est allée.
La son amy Si luy a rencontrée; Deux ou trois fois Sur l'herbe l'a jettée.
Pucelle estoit, Grosse l'a relevée.
— Hélas! mon Dieu!
Que dira ma mère '?
Chansons nouvelles ou Airs de Jean Planson et autres musiciens (à la suite de Recueil des chansons amoureuses de divers poètes françois non encores imprimées. Paris, N. et P. Buufous, iu 12, 1597).
Vous lui direz :
— La fontaine est troublée,
Le rossignol
A sa queue mouillée.
Maudit soil-il Oui m'a tant abusée, N'eust esté luy Je fusse mariée !
Per anà à la fountèno Querre d'aigo per pastà.
N'ai uno michanto mero
E léronlèro, lérolèro N'ai uno michanto mero; Bon mati mi fo leva
Liroun lanfla, liroun lanla.
— E se de chival davale Un poutou mi cauro fà.
E del temps que la pousave Un chivaïé ven a passa.
— S'un poutou voulez mi faire Vau mai que davalez pas.
Se mi dis: — Douna mi d'aigo De que me diriè ma mèro Per moun chival abeurà. D'avedre aici tan resta?
— E se ieu vous donc d'aigo — E ni diras a ta mèro De chival eau davalà. Que l'aigo n'o treboula.
Traduction. J'ai une mauvaise mère, bon matin elle me fait lever, pour aller à la fontaine chercher de l'eau pour pétrir.
Et du temps que je la puisais, un chevalier vint à passer. Il me dit : donnez-moi de l'eau , pour mon cheval abreuver. — Et si je vous donne de l'eau, de cheval il faut descendre. - Et si de cheval je descends, un baiser il me faudra faire. - Si un baiser vous voulez me faire, mieux vaut que vous ne descendiez pas; que dirait ma mère d'avoir ici tant resté! — Et tu diras à ta mère que l'eau était troublée.
Chanson du canton de Lasalle (Gard) communiquée par M. P. Fesquet.
•)fa
J'ai u - ne mé-chan-te mè-re, La la la la
Trop ma - tin me fait le - ver,
Trop ma - tin
mî
me fait le - ver, Trop ma - tin me fait le -ver.
J'ai une méchante mère
La la la la la la la
J'ai une méchante mère
Trop matin me fait lever. (Ter.)
Pour aller à la fontaine,
De l'eau pour aller chercher.
A mon chemin j'ai rencontre D'un joli garçon meunier.
— Oh! que me dira ma mère D'y avoir tant demeuré '?
— Va, tu lui diras, la fille, Que l'eau y était troublée ;
Il me prit par ma main blanche Que les canards du village Sur l'herbe il m'a jetée. Y ont été barbotter.
Ardennes. — Chanson recueillie par M. Nozot eu 1S56. Pots, pop. de la France. Mss. t. VI, fet 1 et !).