CXLI. LA FILLE DE L'ERMITE
(Voy, tome I, p. 295.)
Là-haut dans ce bois Proche d'un hermitte Est un villageois Qui n'a une pitte, Hau M arguent te, H au hau hau hau La Margueritte hau.
Mais bien qui vaut mieux Elle va parfois
Une fleur d'eslite Cueillir la noisille,
Qui de ses beaux yeux En sentant le frais
L'amour mesme incitte. La belle sommeille.
EU' s'esveille en sursaut Et si fort s'escrie, Si fort et si haut Que son amy l'a ouye,
Qui leur dit alors:
— C'est à vous follie De saisir au corps Ma loyalle amie.
Eux ouyant le bruit Prennent la guaritte; Cessant leur déduit Laissent Marguerilte.
La flair ou Peslite des chansons amoureuses, Rouen, 1602, p- 362.
La chaleur venant Elle s'est endormie.
Arrive incontinent Bonne compagnie.
Disant à par eux :
- Voilà belle fille.
Ce dit le plus vieux :
— Elle est bien gentille.
L'autre la voyant Descend au plus vitte Saisit à l'instant Ceste fleur d'eslite.
Là-haut dans ce bois Y a un hermite Qui n'a pas vaillant Trois fagots d'espine.
Marguerite, ho, ho, h<>.
Marguerite, ho.
Il a qui mieux vaut Une belle fille.
Il la meine au bois Cueillir la noizille.
Quand ell' fut au bois EU' s'est endormie.' Par-là il passa Bonne compagnie.
— Ça, dit le premier, Voilà belle fille.
— Ça, dit le second, Elle est bell' et jolie.
— Ça, dit le dernier EU' sera ma mie.
Trésor des pins excellentes chansons amoureuses <l airs de court. Rouen, in 18, 1614. (La même chanson se trouve également dans Le Trésor il Triomphe des chansons ili ce temps, Paris, 1624.)