CL. LES SAVETIERS
(Voy. tome I, p. 312.)
Les savetiers de la savatterie A Saint-Pierre-aux liens faisant leur eonfrairie Dedans 1' église sont entrez deux à deux. Place à Messieurs.
Des procureurs assis dedans leurs places, Les voyant venir faisant laides grimaces Disent à leurs clercs : que demandent ces gueux ? Place à Messieurs.
Les femmes ont dit : voilà grand diablerie De tousiours parler de la savatterie. Ces procureurs ne se passent point d'eux, Place à Messieurs.
Et quand ce vint à aller à 1' offrande Maistre Guillaume est sorty de sa bande Disant aux jeunes: laissez passer les vieux, Place à Messieurs.
Maistre Tobie recogneu bien capable Daller aux Trois Maillets l'aire dresser la table Car des procez il est solliciteux; Place à Messieurs.
Et quand ce vint à sortir de Saint-Pierre, Aux Trois Maillets ils sont courus grand erre Et le bedeau qui marchoit devant eux:
Place à Messieurs.
Bien altérez ils ont fait leur entrée, Pour premiers mets des cardes, de poirée, Des pois au lard ou leur mit devant eux. Place à Messieurs.
Apres suivoient le boudin et L'andouille De gros navets et des plats de citrouille, Les alloyaux y estoient deux à deux.
Place à Messieurs.
Les pieds de porc, les grouins et les oreilles Dans ce festin leur sembloient des merveilles, C'estoient leurs mets les plus délicieux Place à Messieurs.
Les raves estoient à deux doubles la botte, Il y avoit cinq ou six carottes, Ragoust du tout réservé pour les vieux. Place à Messieurs.
Voilà de quoy fut composée la feste, Mais le dessert y estoit plus honneste ; Car le fromage y estoit tout verreux.
Place à Messieurs,
Marons pourris, poires el pommes molles, En les mangeant ils sembloient de la colle, Car leurs mentons en estoient tout baveux; Place à Messieurs.
Le vin clairet à trois sols ou à quatre; Il en fut beu jusques à deux cents quartes ; Si yvres estoient qu'il leur ressort des yeux. Place à Messieurs.
Ils sont sortis lors qu'on ne voyoil goutte; De son logis chacun a pris la routte; Minuict estoit avant qu'estre chez eux.
Place à Messieurs.
Ceux qui ont fait cette chanson jolie Estoient presens à ceste confrairie, Et au festin allèrent avec eux.
Place à Messieurs.
Le nouveau entretien des bonnes compuynies ou le recueil des plus belles chansons, Paris, in-12, 1635, p. 23<J.
CLV. LE MARIAGE DU PINSON ET DE L'ALOUETTE. (Voy. tome I, p. 322.
C'est la caille et la per-drix, Vont se ma- ri-
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er lun-di; C'est la caille et la per-drix,
Vont se ma - ri - er lun - di. Vont tous deux se
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ma-ri-er, N'ont pas de pain à manger. Ah! ah! ah!
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Tour la - ri - fia, Aux oi-seaux , tour la - ri - go.
C'est la caille et la perdrix ;\ , .
Vont se marier lundi ; /
Vont tous deux se marier ; N'ont pas de pain à manger.
Ah! ah! ah! tourlarifla, Aux oiseaux, tourlarigo.
Par là passa un pigeon Qui dans son bec un pain lon^.
— Du pain nous avons assez, Mais d' la viande nous n'avons pas.
Par là passa un corbeau Qui dans son bec un gigot.
— D la viand' nous avons assez Mais du vin nous n'avons pas.
Par là pass' une souris Qui sur son dos un baril.
— Du vin nous avons assez,
Par là passa un gros rai Un violon sous son bras.
— D'ia dans' nous avons assez, Des danseurs nous n'avons pas.
Le chat descend du grenier
A dérangé la société.
Le pigeon ne l'ut pas long
Mais dla dans' nous n'avons pas. A monter sur la maison.
Le corbeau ne fut pas sot De monter encor plus haut ; Et la souris et le rat Furent mangés par le chat ;
El la caille et la perdrix Sont retournés dans leur nid.
Chanson du Finistère communiquée par M. E. Gdichodx:
CLVt. L'ANE DE MARION.
(Voy. tome I, p. 324.)
^ESTTITTS
La jeu - ne da-me va au - moulin Des -sus