CLX1I. LES RÉPLIQUES DE MARION
L'homme.
Mor- bleu ! Ven-tre - bleu ! Dis-moi donc, loi Ma - ri -
on,
* * "* * ^ tf* * * *
A qui é - tait cet - te can- ne, Mor-bleu! Qui é-
^-^ La femme.
tait
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der - rièr' la por - te ? Nom d'un bleu ! Sain - te
Vierge, mon ma - ri , mon bel a - mi, C'é-tait le manche àba-
zfc:
lai, mon Dieu! Qui é - tait derrièr' la porte, j'aime Dieu.
— Morbleu! ventrebleu! dis-moi donc, toi, Marion, A qui était cette canne, morbleu,
Qui était derrière la porte, nom d'un bleu?
— Sainte Vierge! mon mari, mon bel ami, C'était le manche à balai, mon Dieu!
Qui était derrièr' la porte, j'aime Dieu!
— Morbleu! ventrebleu! dis-moi donc, toi, Marion, Qui est-ce qui couche avec toi, morbleu,
Quand je ne suis pas à la maison? nom d'un bien !
— Sainte Vierge! mon mari, mon bel ami, C'est une fill' de mon village, mon Dieu! Qui a couché à ta place, j'aime Dieu!
- Morbleu! cent rebleu ! dis-moi donc, toi, Marion, Si les filles de ton village, morbleu ! Portent la barbe au a isage ? nom d'un bleu !
— Sainle Vierge! mon mari, mon bel ami, EU' a élé cueillir des mûres, mon Dieu! EU' s'est barbouillé la figure, j'aime Dieu !
Morbleu! ventrebleu ! dis-moi donc, loi, Marion,
Entre mars et février, morbleu!
Y a-t-il des mûres au mûrier, nom d'un bleu?
Sainte Vierge! mon mari, mon bel ami,
Dans le jardin de mon père, mon Dieu !
On les conserve tout l'hiver, j'aime Dieu!
Morbleu! ventrebleu! dis-moi donc, toi, Marion,
Viens ici que je t'écorche, morbleu!
Tu n' m'en f'ras plus passer d'autres, nom d'un bleu!
Sainte Vierge! mon mari, mon bel ami,
Pardonne-moi celte faute, mon Dieu!
Je t'en ferai bien voir d'autres, j'aime Dieu!
Chanson des environs de Lorient (Morbihan).
b) fce^
Ven-tre-bleu!Ma- ri - on, Qu'est donc cet-te clai-re-
t^ C C t-PEt-^—i
té, Qui est dans ta cheminée, Morbleu! qui est dans ta cheminé-e.
— Ventrebleu! Marion, — Hélas! mon bel ami,
Qu'est donc cette claireté Ce n'est pas de la claireté,
Qui est dans ta cheminée C'est l'ombre de ma fumée
Morbleu! Mon Dieu!
Qui est dans ta cheminée? C'est l'ombre de ma fumée.
— Qui est donc ce chevalier Qui est dans ton lit couché?
— Ce n'est pas un chevalier, C'est ma compagn' qui est couchée.
— Ta compagne était-elle belle ?
Avait-elle la barbe noire ?
— EU' a mangé des moûres noires, Vous semblait qu'elle était noire.
— Entre les Chandelles* et Pâques Y croit-il ries moûres noires ?
* la fête de la Chandeleur.
— Il y croit des moùres noires Entre Pâqu's et les Chandelles.*
— Qu'as-tu l'ait de cette journée, Qu'au logis n t'ai pas trouvée?
— J'ai z'été à la fontaine Chercher d' l'eau pour la s'maine.
— Te fallait-il une journée Pour aller à la fontaine ?
— Les ch'vaux d' la rein' y avaient passé. L'eau y était troublée.
— Viens-moi montrer les passées
Ou' les ch'vaux d' la rein' y ont laissées.
— Il a neigé cette nuitée, Les passées sont rebouchées.
— Tu es bonn' pour une bergère, Tu sais bien t'y retourner.
— Quand j'y étais chez mon père J'ai toujours été bergère.
— J'irai, j'irai chez ton père, Te ferai battr' par ta mère.
— J'irai, j'irai chez mon père, J'aurai à diner chez ma mère.
— Je t'y mènerai z'en lasse,** Je t'y ferai chien de chasse.
— Non, je n' irai point en lasse, .1' n'y serai pas chien de chasse.
— Je t'y mènerai z'en Flandre Et puis t'y ferai pendre!
— Laissez, laissez ces potences Pour ces grands voleurs de France.
* En effet s' il n' y a pas de mûres entre la Chandeleur et Pâques, c'est-à-dire en hiver et an printemps, il y en a entre Pâques et la Chandeleur, c'est-à-dire m été si ni automne. *' en laisse.
Retonfey (Pays Messin). Tu. de Puïmaigke. Chants pop. dit r<i;i* messin. 1881, t. 1, p. 265.
(Pour la manière dont cette scèno dialogues se chante et en quelles circonstances v.iy. l'ouvrage de M. m; Puymaigbe loco citât". |
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Oun e-res lu tan-los a-na-de, cour-blu! mourblu!
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Ma -ri -oun? oun c - res tu tan-tos a- na-de?
— Oun eres-tu tantos anade?
Courblu! mourblu! Marîoun, Oun eres-tu tantos anade?
— Aou casaou amassa salade, Jésus, moun Diou! lou me amie!
Aou casaou amassa salade.
— Dab qui ère que debisabe? Courblu] ....
— Qu'ère la meina so aïnade. Jésus ! . . . .
— Mem semblabe qu'abe espade? Courblu! ....
— Qu'ère sa filouse daurade. Jésus! ....
- Mem samblabe qu'abe culottes? Courblu! ....
— Qu'ère sa raoube retroussade. Jésus! ....
— Mem semblabe qu'abe moustaches? Courblu! . .
- Qu'ère dab moures tintade. Jésus! ....
— Met couperi très dits de teste.* Courblu! ....
— Et que harets doun bous d'aou reste? Jésus! . .
— Que jiteri per la fineste. Courblu! ....
— Ben y aure d' autes qu'en haren heste! Jésus! . .
' Je me couperais trois doigts de tête. [Sous entendu: que c'est vrai.|
La Réole (Gironde). — Chanson recueillie par M. Archï, en 1854. — Pois. pop. de la France, Mss. de la B. N., t. III, f" 74.
Omit e - ros tiu, or-che, o- na - do.
Par-
dieu, sand ion, Ma-ri-oun? Ounl e-ros tiu or-che o-na-do?
— Ount eros tiu. orche,* onado, Pardiéu, sandiéu! Marioun?
Ount eros tiu, orche, onado'1
— Er' onado cueilli lo solado Sandiéu! Jésus! moun mort.' Er' onado cueilli lo solado.
— Quai er' oquer que te porlavo *?
— Qu'er uno de mas comoradas.
— Las tillas portou pas de hrajas.**
— Qu'ero so raoubo retroussado.
— Las tillas portoun pas d' epaso.
— Qu'ero so counouill' que fielavo.
— Las fillas portoun pas moustaças.
— Qu'ero d' las mouras que minjavo.
— Se jomai pu oco t' oriebo*** Te couparay lo teto!
— Que forias vous dey resto ?
— Zou ditorio per lo Cènes tro.
— Lous couteliers**** y forioun festo.
* hier soir.
"" pantalons.
"* si cela t'arrive encore "• variante: Ions courdouniers.
Tulle (t'orrèze). — Chanson recueillie par M. Lethabie en 1S.">4. — Focs. pop. de la France, Jlss.. t. III, f"«76.
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Eynt eyrias lu ar-sey a-na-do?Corbleu! sambleu'.mor
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bleu! Ma-ri-oun? Eynt ey-ri- as lu ar-sëy a-na do"?
— Eynt eyrias-tu arsey onado?
Corbleu! sctmbleu! morbleu! Marièktn?
Eynt eyrias-tu arsey onado?
— Au vargey culir lo solado
Moun Di ! Jeysu! mon tant bel ami!
Au vargey culir lo solado.
— Qui ey co que t' acoumpognavo ?
— Qu'ari uno de mas comoradas.*
- Comoradas ne pourteyn pas moustacho.
— Eyn no mouro ** lo l'ovio facho.
— N'yo pas mouras per lo gelado.
— No feillo l'ovio counservado.***
— Las feinnas ne pourteyn pas brayas.
— Ou'ario so raoubo que troussavo.
— Las feinnas ne pourteyn pas de vesto.
— So brossiero nev' eyrio justo.****
— Las fillas ne pourteyn pas d' epeyo.
— Ou'ario so counouillo que lilavo.
— Ah! si jomay pu co t' orribo!
— Eh! que me voudrias-vous doun fayre?
— Oh! yau te couporay lo testo!
* variante : vesinas.
** avec une mûre.
*" avec uno feuille l'avait conservée.
•••' Sa brassière neuve était juste. Brossiero, corsage détaché de la robe des paysannes.
— Eli! que foreys vous de lo resto*?
— Lou jitoray per lo feneytro.
— Lous porcs de me foran doun feyto.
— Lous cheys* minjoran to char morto.
— Lo bel' eynseynio per votre porto !
— Sey tan** creda fay to prejero.
— Metez d'au min mou os di terro.***
* les chiens.
** sans tant crier.
*** mettez au moins mes os en terre.
Limoges. — Chanson recueillie par M. Ardaxt en 1S5G. — Pois. pop. de la France, Mss., t. III, f« s7.
-1^—rt-
Ound' e- res bous ar-ses o- oa-do, pal-bru! mal-
bru! Dza-ne-toun? Ound' e- res bous ar-ses o-na - do?
Al djar-di cul - li l'en -so- la-do, nioun Diou! moun
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Diou ! moun a - mit ! Al djar-di cul-li l'en-so-la - do.
— Ound' eres-bous arses onado '.' Palbru! malbru! Dzanetoun?
Ound ères bous arses onado?
— Al djardi culli I'ensolado,
Moun Diou! moun Diou! moun amit!
Al djardi culli I'ensolado.
— Quai ero aquel que bous porlabo?
— Acos ero ma sur l'avnado.
— Los tillos portoun pas coucardo.
— Ero sa cofl'o relebado.
— Los fillos portoun pas espaso.
— Es la quenouillo doun filabo.
— Los fillos portoun pas moustachos
— Es d'amouros q'abio minjados.
— Encuero nou y o d'omouros.
— Eroun de l'annado passado.
— Bous me troubas forços birados.*
— Encuero bous troubario maytos.**
— Et you couporaï lo testo.
— Hélas! que farias-bous del reslo?
— Lou fiquoriau pel lo fenestro.***
— Lous capucins n'en fauriau festo.
• des détours, des défaites.
*• beaucoup (d'autres).
••♦ je les ficherais par la fenêtre.
Chanson du Quercy recueillie par M. Dufour en 1857. — Poés. pop. de la France. Mss., t. VI, f*1 377.
Allegretto risoluto.
Ount e - ros tu tan-tos a - na - do, Mor-blû! cor-